Débordement de la colère populaire en Irak, Algérie, Tunisie, Yémen, Maroc, Jordanie

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Il faut le dire, l'Irak est pire que du temps de Saddam Hussein. Non seulement le pays est dévasté, détruit, ruiné mais les dirigeants sont pires que le Reis. Les chefs du Kurdistan notamment, qui sont sous la botte israélienne, empochent les millions du pétrole et laissent les Kurdes dans un dénuement total. Nul doute qu'ils feront appel à leurs amis sionistes pour mâter la Rébellion qui sévit dans leur région. Déjà, on peut constater que les tirs sont à balles réelles. Nous souhaitons de tout coeur que les Kurdes renversent ces crapules, comme ça, cela ferait un allié de moins en plus de l'Egypte au régime sioniste. Quand on voit dans quel état est ce pays, par leur faute, ce ne serait que Justice. Quant à Maliki, si les choses continuent dans ce sens, il ne devrait pas tarder à sauter avec son gouvernement de ripoux. Les députés sont payés 11 000 dollars par mois et les habitants ont droit, eux à 12 dollars pour remplacer les matières premières qui leur sert à vivre. Ces régimes sont vraiment une honte pour l'humanité.

 

 

 

 

Irak: la contestation s'étend au Kurdistan

 

où deux manifestants sont morts

 

 

 

SOULEIMANIYEH — Le mouvement de contestation sociale en Irak s'est étendu jeudi au Kurdistan où deux personnes ont été tuées et 47 ont été blessées par balles à Souleimaniyeh alors que le Premier ministre Nouri al-Maliki a mis en garde ceux qui incitent à la violence.

 

Dans cette région autonome du Nord, près de 3.000 personnes, en majorité des jeunes, ont manifesté à l'appel de l'Organisation de défense des droits et de la liberté, en accusant de "corruption" les deux partis traditionnels, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani et de l'Union patriotique de Kurdistan (UPK de Jalal Talabani).

 

Ils se sont dirigés vers la rue où se trouvent les sièges des deux formations aux cris de "Gouvernement démission" "Du travail pour les chômeurs", "Les corrompus devant la justice".

Le Kurdistan possède son propre gouvernement dirigé par ces deux partis qui sont aussi majoritaires au Parlement régional.

 

"Nous manifestons contre les dirigeants qui utilisent à leur profit l'argent public et nous continuerons à le faire jusqu'à ce que les responsables corrompus soient punis", a affirmé à l'AFP Shaho Mohammad, 20 ans.

 

Des manifestants ont jeté des pierres sur le bâtiment du PDK et lorsque certains ont tenté de le prendre d'assaut, des gardes ont tiré en l'air puis des membres de services de sécurité du parti et de la police ont pris position dans la rue.

 

"Nous déplorons deux morts, âgés de 25 ans et 18 ans, et 47 blessés par balles", a affirmé à l'AFP Ricot Hama Rachid, responsable des services de santé de la province de Souleimaniyeh, à 270 km au nord de Bagdad.

 

Un siège du parti Goran qui a affirmé ne pas être impliqué dans cette manifestation a été incendié à Erbil, plus au nord. En dissidence avec les deux partis traditionnels kurdes, Goran a accusé des militants du PDK.

 

La veille, à Kout (160 km au sud de Bagdad), un manifestant de 16 ans avait été tué et 27 autres avaient été blessés lorsqu'une foule en colère avait incendié des bâtiments publics pour protester contre l'absence de services publics.

 

Il s'agissait de l'incident le plus violent depuis le début des manifestations en Irak qui ont débuté le 3 février dans la province de Diwaniya, à 185 km au sud de Bagdad. Ce jour-là, quatre manifestants avaient été blessés par balles.

 

Lors d'une conférence de presse, M. Maliki a mis en garde contre la violence. "J'accueille favorablement ceux qui manifestent pacifiquement pour leurs droits légitimes mais pas ceux qui exploitent ces revendications pour susciter des émeutes. Les auteurs seront traduits en justice", a-t-il dit avant d'accuser des puissances étrangères sans les nommer.

 

"Je dis aux manifestants de ne laisser personne s'infiltrer pour susciter des émeutes comme à Kout et Nassiriya. J'interdis aux forces de sécurité de d'user de la violence et (leur dis) de ne disperser les manifestations uniquement quand elles se transforment en émeute", a-t-il ajouté.

 

Dans la localité de Nasr, à 240 km au sud de Bagdad, près de Nassiriya, des dizaines de manifestants exigeant des emplois et des services publics ont pénétré jeudi dans la mairie, incendiant l'entrée et mettant le feu à des dossiers.

 

Par ailleurs, dans la cité multiethnique de Kirkouk, à 240 km au nord de Bagdad, 350 femmes et enfants ont défilé entre le bâtiment du ministère de la Santé et le gouvernorat en brandissant des banderoles écrites en arabe, en kurde et en turcoman sur lesquelles on pouvait lire "Nous voulons l'égalité", "Où sont nos droits?", "Protégez les orphelins des voleurs".

 

"A Kirkouk, il y a 2.000 veuves et 7.000 orphelins. Nous demandons qu'une partie de la manne pétrolière aille à des allocations pour les veuves, à la mise en place des foyers pour les orphelins et à des centres de traitement psychologique", a affirmé Najat Amid Yadkar, 57 ans, employé de la compagnie pétrolière et organisateur de ce défilé.

 

Sources Le Point

 

-----------------------

 

 

 

Débordement de la colère populaire en Irak

 

Les protestations se poursuivent en Algérie, en Tunisie et au Yémen

 

 

Par David Walsh

 

 

L'éruption de la révolution égyptienne, à la suite des événements de Tunisie, est une inspiration pour les populations du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord.

 

Les protestations sur la question des conditions sociales se sont propagées à l'Irak cette semaine, où des manifestations se sont déroulées dans de nombreuses villes. Entre temps, un rassemblement de masse était prévu à Alger samedi. En Tunisie même, la population est toujours en ébullition, les mêmes structures de pouvoir restant toujours en place malgré la fuite de Zine El Abidine Ben Ali. La Jordanie, le Yémen et le Maroc sont aussi la scène de protestations.

 

La population irakienne commence à manifester ouvertement son opposition aux conditions misérables qui ont été crées par huit années d'occupation américaine et alliée, ainsi qu'un conflit sectaire acharné.

 

Le week-end dernier, des manifestants ont ont pris d'assaut des bâtiments gouvernementaux et un poste de police à Hamza, communauté défavorisée à forte proportion shiite du sud de l'Irak, pour protester contre des pénuries d'électricité, de nourriture et d'emplois et contre la corruption politique. Des représentants de la sécurité auraient ouvert le feu sur les manifestants, en tuant un et en blessant quatre autres.

 

Le National, des Emirats arabes unis, a cité le commentaire de Abu Ali qui aurait aidé à organiser la manifestation: « Il y aura une révolution des affamés et des chômeurs, comme cela s'est produit en Egypte, » a-t-il dit. « C'était une marche de chômeurs, de ceux qui ont perdu espoir et qui voient Nouri al Maliki [le premier ministre] et le nouveau gouvernement se transformer en une nouvelle dictature. »

 

Le 10 février, des protestations de taille variée se sont produites à Bagdad, Basra, Mosul, Karbala, Diwaniyah, Kut, Ramadi, Samawah et Amara. A Sadr City, dans Bagdad, des manifestants sont descendus dans la rue pour protester contre le manque de services publics, le chômage et la corruption gouvernementale. Des employés du secteur public ont rejoint les résidents. Un groupe d'employés du ministère de l'Industrie a dénoncé la décision de réduire de 20 pour cent leur salaire.

 

A Karbala, des résidents ont aussi demandé une amélioration des services municipaux et une enquête sur le gouvernement local. Sur une pancarte on pouvait lire, « Nous n'avons rien. Nous avons besoin de tout. La solution: Nous immoler par le feu, » en référence au suicide d'un jeune homme, qui a embrasé le soulèvement en Tunisie. A Najaf, des fermiers ont demandé davantage d'aide de la part du gouvernement et la démission du chef du gouvernement local. Des manifestants à Basra ont expliqué que les changements concernant la politique des rations de nourriture avaient laissé des familles dans l'incapacité d'acheter suffisamment de nourriture car le prix des denrées alimentaires de base avait presque doublé ces derniers mois.

 

Une des protestations les plus importantes a fait descendre quelque 3 000 avocats dans les rues d'un quartier musulman sunnite de Bagdad ouest. Ils ont appelé à la fin de la corruption judiciaire et du mauvais traitement des prisonniers dans les prisons irakiennes. La presse canadienne a cité le commentaire de Kadhim al-Zubaidi, porte-parole du syndicat d'avocats de Bagdad: « C'est en solidarité avec le peuple irakien... Nous voulons que le gouvernement renvoie les juges corrompus. » Il a ajouté, « Nous demandons aussi que les ministères de l'Intérieur et de la Défense nous autorisent à entrer dans les prisons secrètes [dont l'existence a été récemment révélée]... Nous voulons obtenir des informations sur ces prisons. »

 

A Karbala, le chef de l'association locale des avocats a ridiculisé la pitance que le gouvernement donne chaque mois au lieu des rations qui comprenaient de l'huile, du riz, de la farine et du sucre. « Nous rejetons ce montant d'argent, » a dit Rabia al-Masaudi, et il a ajouté à l'Agence France Presse (AFP), que « les députés sont payés 11 000 dollars par mois, alors que les nombreuses familles, parmi les six millions que compte le pays, dépendant des rations du gouvernement, recevaient à présent 12 dollars par mois au lieu de leurs provisions. »

 

Vendredi, d'autres manifestations se sont produites de par l'Irak. Une des manifestations de Bagdad est allée jusqu'à la zone verte où se trouvent les bâtiments du gouvernement et les ambassades, revendiquant une amélioration des services de base. Selon Reuters il y avait des pancartes portant des messages variés, comme « Où sont vos promesses électorales, les rations de nourriture et les services de base? » et « Place Tahrir n°2 », en référence aux événements du Caire.

 

A Bab-al-Sham, quartier défavorisé de Bagdad, dimanche dernier un manifestant, ingénieur de profession, a dit aux médias, « C'est une tragédie. Même au Moyen-Age les gens ne vivaient pas dans cette situation. » Reuters a fait remarquer, « Près de huit ans après l'invasion conduite par les Etats-Unis, l'infrastructure irakienne reste gravement endommagée. Le pays souffre de pénurie chronique d'eau, l'approvisionnement en électricité est intermittent et les eaux usées ne s'écoulent pas. »

 

En Algérie, l'appareil de sécurité se prépare à une importante manifestation, peut-être autour de dizaines de milliers de personnes prévue pour le 12 février par la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), groupement de défenseurs des droits de l'Homme, de syndicats et de partis « d'opposition » officiels tolérés par le régime du président Abdelaziz Bouteflika.

 

Le gouvernement a officiellement interdit la manifestation et devrait déployer quelque 30 000 agents de police pour bloquer la manifestation. Un porte-parole de l'opposition, Said Sadi a dit aux médias que le régime avait mis un cordon de sécurité autour de la capitale pour empêcher les gens de participer. « Les trains ont été arrêtés et les autres transports en commun seront arrêtés aussi, » a-t-il dit.

 

L'AFP rapporte: « De grandes quantités de grenades lacrymogènes ont été importées, a ajouté [Sadi]. On a vu des véhicules anti-émeute garés non loin de la place d'où le rassemblement est censé partir samedi, et la police en uniforme patrouille les rues adjacentes.

Des protestations ont eu lieu dans un certain nombre de villes algériennes le 8 février. Dans la ville d'Annaba, 600 kms à l'est d'Alger, une centaine de jeunes hommes au chômage ont manifesté devant la préfecture de la ville et dans les rues. Dans un acte particulièrement désespéré, dans la ville voisine de Sidi Ammar, sept hommes sans emplois se sont infligés des blessures à l'arme blanche et ont menacé de se suicider en masse devant la mairie.

 

Un journal algérien rapporte que dans la même région, les résidents du village de Raffour sont aussi descendus dans la rue. Ces dernières semaines, près de 20 personnes ont tenté de s'immoler par le feu. Trois sont morts des suites de leurs blessures.

 

En Tunisie où Mohammed Bouazizi, 26 ans, s'est immolé par le feu à la mi-décembre et a contribué à lancer les protestations de masse, une femme a tenté de s'immoler par le feu jeudi devant les bureaux gouvernementaux de Monastir, lieu de naissance du dictateur en place depuis longtemps, Habib Bourguiba. La femme, originaire de Sfax, seconde plus grande ville de Tunisie, a entrepris cette action du fait de difficultés à obtenir un médicament pour son époux souffrant de cancer. Son état reste « sérieux » avec des brûlures au troisième degré.

 

Des manifestations ont eu lieu dans de nombreuses villes tunisiennes cette semaine, exigeant la démission des officiels associés au régime Ben Ali. A Kasserine, à 250 kms au sud ouest de Tunis des centaines de gens ont bloqué une artère principale pour attirer l'attention sur leurs problèmes sociaux. A Gafsa aussi mardi des manifestants ont réclamé la démission du nouveau gouverneur.

 

Au Yémen, deux manifestations ont eu lieu vendredi dans la capitale de San'a et dans le port d'Aden en solidarité avec la révolution égyptienne. Des centaines de jeunes manifestants se sont rassemblés dans l'après-midi à Aden. Selon le Wall Street Journal, « Selon des témoins, il y a eu des échauffourées entre la police et des manifestants et une dizaine de manifestants ont été arrêtés. Un agent de la sécurité d'Aden a dit que la police prenait des mesures pour assurer la sécurité dans la ville. »

 

Des étudiants de San'a ont aussi organisé une protestation, fermant l'accès aux artères principales pendant près de trois heures vendredi. Ils ont terminé leur manifestation devant l'ambassade d'Egypte. La manifestation a exprimé son soutien au peuple égyptien mais a aussi appelé le dictateur Ali Abdullah Saleh, qui jouit du soutien des Etats-Unis, à démissionner. Les manifestants ont dénoncé les mauvais traitements et la torture infligés aux détenus dans le quartier général de la police secrète.

 

Au sud Yémen, plusieurs milliers de personnes ont manifesté vendredi en faveur de la sécession et exigé aussi le départ de Saleh. Des tanks de l'armée, dit Reuters, « sont entrés dans Zinjibar, capitale d'Abyan, où des militants soupçonnés de faire partie d'Al Qaida sont actifs, et plus d'un millier de manifestants se sont rassemblés vendredi. Des centaines d'hommes se sont assis devant la maison d'un ancien dirigeant du sud Yémen, portant des linceuls blancs, symbolise de leur volonté de combattre jusqu'à la mort.

 

Ils scandaient, « Ali, Ali, rattrape Ben Ali, » impliquant par là que Saleh devrait suivre l'ancien président tunisien Zine al-Abidine Ben Ali en exil en Arabie saoudite.

 

A Amman en Jordanie, deux manifestations ont eu lieu, l'une (organisée par des organisations de gauche) exigeant la démission du nouveau premier ministre Marouf al-Bakhit, et la seconde en soutien à la lutte pour renverser Moubarak. Lors de celle-ci, organisée par des islamistes, Hamzeh Mansour, secrétaire général du Front islamique d'action, le bras armé du mouvement des Frères musulmans, a dit à la foule, « Les dirigeants arabes devraient écouter la voix de leur peuple et cesser de parier sur les Etats-Unis. »

 

Le syndicat des agriculteurs jordaniens a organisé une protestation vendredi, lançant des cageots de tomates sur l'autoroute Karak-Aqaba pour protester contre la chute des prix.

 

A Rabat,  capitale marocaine, plus d'un milliers de manifestants s'est rassemblé vendredi pour exiger des emplois dans le secteur public. Un organisateur de la manifestation a dit aux médias qu'à une réunion le 24 janvier, le gouvernement avait appelé à une trêve du fait de l'agitation dans la région. La trêve a pris fin le 10 février, date butoir du gouvernement pour le recrutement de 4 500 diplômés hautement qualifiés. Le taux de chômage des diplômés de l'université est autour de 18 pour cent.

 

Selon le ministre de la Communication Khalid Naciri, au moins 21 manifestations ont lieu chaque jour au Maroc, nation assaillie par les inégalités sociale et la corruption gouvernementale.

 

Sources WSWS

 

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans REVOLUTION DES PEUPLES

Commenter cet article