La crise grecque peut-elle avoir des conséquences en France?

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Voilà le topo. Parce que si on aide la Grèce, il faudra aussi aider l'Espagne ou le Portugal s'ils connaissent le même sort... c'est donc un cercle vicieux dont on n'est pas près de sortir...

 

 

 

 

La crise grecque peut-elle avoir des conséquences en France?

 

 

 

 

ECONOMIE - Alors qu'un plan d'aide financier se précise en faveur de la Grèce, confrontée à une crise budgétaire sans précédent, les risques de contagion inquiètent. Selon Agnès Bénassy-Quéré, directrice du CEPII (Centre d'Etudes Prospectives et d'Informations Internationales), les conséquences directes pour la France sont pour l’instant réduites…

 

Que se passe-t-il pour la France si la Grèce n’honore plus sa dette?
Les conséquences directes pour notre pays sont assez faibles, un très petit bout de la dette grecque étant détenue par la France.
 
Et plus généralement, quelles sont les conséquences de la crise grecque?
Les conséquences sont de deux ordres. Si on se porte au secours de la Grèce, cela signifie des dépenses en plus et une augmentation de la dette française -alors que la France est dans une logique de réduction de sa dette publique. Mais on parle de 20 milliards d’euros, ce qui n’est pas énorme, la somme étant partagée entre les partenaires européens. De plus, cet argent serait prêté et donc remboursé, sauf scénario catastrophe en Grèce. 
 
Mais il existe aussi un risque de contagion…
Oui, il existe un risque. Si la situation se dégrade beaucoup et que la Grèce fait défaut, il y a un risque que les marchés se mettent à ne plus soutenir d’autres pays, comme l’Espagne, l’Italie, qui sont des pays frontaliers, et là ça peut devenir risqué pour la France. Si notre plus proche voisin, l’Espagne, est en crise, c’est un problème. Et si on doit venir en aide à l’Espagne ou à d’autres grands pays européens, ça pourrait devenir beaucoup plus compliqué, avec la nécessité de trouver des fonds beaucoup plus importants.
 
Y a-t-il une autre solution au plan d’aide dont les modalités sont décidées en ce moment?
La solution la plus sage serait de demander de l’aide au Fonds Monétaire International (FMI) qui a de grosses ressources et qui a déjà mis en place des plans d’ajustements en partenariat avec l’Union européenne, comme en Hongrie ou en Lettonie, - une solution peut-être mieux acceptée par les Européens. Mais une telle demande aurait des conséquences politiques pour l’Union européenne: aux yeux du reste du monde, elle ne serait pas capable de gérer seule ses problèmes.
 
Et les conséquences sur l’euro?
La crise grecque fait baisser l’euro parce que les marchés font le lien entre le défaut de paiement de la Grèce et une fin possible de la zone euro. Mais la Grèce n’a aucun intérêt à en sortir et ses partenaires ne peuvent l’exclure.
De toute façon, cette situation contente tout le monde, car on a toujours voulu un euro plus faible - une «amélioration» selon la ministre de l’Economie Christine Lagarde, alors que l’euro fort pénalise les exportations -en temps de reprise. Et pour l’instant, il ne se trouve pas à un niveau très faible et le dollar reste très bas.
 
M.N.
 
Sources 20 MN
 
Posté par Adriana Evangelizt

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