La junte militaire égyptienne attaque le sit-in sur la place Tahrir

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Ce qui est au pouvoir en Egypte n'est certainement pas mieux que Moubarak. C'est même sans doute pire. De toute façon, quand les militaires gouvernent, ce ne peut être une Démocratie, c'est sûr et certain. Au commencement de la Révolte, les militaires ont fait semblant de se mettre du côté du Peuple pour virer le Pharaon qu'ils ont assigné à résidence avec sa femme, puis fait main basse sur sa fortune. Il serait intéressant de savoir où est ou où va passer l'argent. Le Peuple Egyptien n'en verra pas l'ombre. Et que dire de faire venir Moubarak couché au tribunal ? Que dire ? Cet homme est malade, pratiquement à l'article de la mort et ils le donnent en spectacle dans une posture humiliante juste pour montrer au Peuple qu'ils jugent le despote. Quel carnaval ! C'est sans compter qu'ils oublient combien ils ont tous bien profité du régime financièrement. Et maintenant, ils l'exhibent alors qu'il est absolument incapable de se défendre. Ils sont minables.

 

Espérons que les Egyptiens ne vont pas lâcher le morceau et continuer la Révolution de plus belle.

 

 

La junte militaire égyptienne attaque le sit-in

 

sur la place Tahrir

 

 

Par Johannes Stern

 

 

 

Lundi 1er août, l’armée égyptienne et les tristement célèbres Amn a-Markazi (Forces de sécurité centrale) ont brutalement attaqué les manifestants pacifiques sur la place Tahrir au Caire, évacuant la place et mettant fin aux protestations. Vers 14 heures, des camions blindés se sont positionnés aux entrées de la place et l’armée a commencé à tirer des coups de semonces en l’air.

 

La place Tahrir avait été en grande partie désertée par les groupes de manifestants et les partis d’« opposition » officiels qui avaient abandonné le sit-in vendredi. Ceux qui étaient restés sur la place étaient surtout des familles et des partisans des martyrs – à savoir, de manifestants tués durant les luttes révolutionnaires qui avaient entraîné le 11 février l’éviction d’Hosni Moubarak soutenu par les Etats-Unis.

 

Des témoins oculaires ont rapporté que de jeunes manifestants avaient réagi par des jets de pierres contre les soldats et les policiers en civil qui étaient arrivés sur la place Tahrir armés de fusils automatiques. Durant le raid, l’armée et les forces de sécurité ont démonté les tentes et chassé les manifestants de la place. Plusieurs manifestants ont été blessés et la junte a arrêté au moins 25 d’entre eux.

 

Lorsque l’armée a assiégé la place, certains manifestants se sont enfuis en se cachant dans la mosquée Omar Makram près de la place Tahrir ; l’armée a aussi commencé à attaquer la mosquée. D’après des informations reçues, quelques commerçants du centre ville du Caire auraient été mobilisés par la police contre le sit-in et se seraient associés à l’attaque.

 

Un manifestant appelé Galal a ainsi décrit la scène : « Ils sont arrivés et ont détruit les tentes alors que nous étions dedans. Des femmes âgées et des mères de martyrs se trouvaient parmi nous et ont dû partir en courant. » Galal est un membre de l’une des familles de martyrs qui avaient commencé le sit-in il y a quatre semaines après que la police eut brutalement attaqué les manifestants dans le centre ville du Caire en en blessant plus d’un millier. Son frère Nasser avait été tué en janvier devant le commissariat de police dans le quartier ouvrier d’Imbaba lors des premiers jours du soulèvement de masse contre le régime militaire.

 

L’assaut renouvelé de l’armée sur la place Tahrir, l’une des icônes de la Révolution égyptienne, est l’aboutissement d’une contre-révolution organisée après que les travailleurs et les jeunes eurent renversé en février le dictateur de longue date Hosni Moubarak. Ces dernières semaines, la junte militaire, soutenue par les Etats-Unis, a collaboré avec tous les groupes et partis d’« opposition » officiels en Egypte pour arrêter une vague massive de protestations et de grèves qui s’est répandue à travers l’Egypte.

 

Le 8 juillet, des millions de travailleurs et de jeunes avaient protesté dans toutes les grandes villes d’Egypte en exigeant une « deuxième révolution ». Un mouvement massif de grève et de sit-in partout en Egypte avait suivi.

 

Les masses égyptiennes ont clairement identifié la junte comme étant le prolongement de l’ancien régime qui prône exactement la même politique que la dictature de Moubarak. Depuis que les généraux de Moubarak ont pris le pouvoir, les dépenses sociales ont été réduites, le régime militaire subsiste et l’Egypte reste un ferme allié des Etats-Unis et d’Israël.

 

L’appel à une « deuxième révolution » lancé par les travailleurs et les jeunes inquiète de plus en plus l’impérialisme américain et la bourgeoisie égyptienne. Ils ne craignent rien autant qu’un mouvement indépendant de la classe ouvrière qui menacerait le régime capitaliste dans l’ensemble du Moyen-Orient.

 

L’impérialisme américain et les autres régimes réactionnaires apportent de plus en plus leur soutien aux groupes islamistes. Récemment, les Etats-Unis ont annoncé qu’ils entameraient un « dialogue ouvert » avec les Frères musulmans. En Egypte, les groupes salafistes sont largement parrainés par l’Arabie saoudite qui était contre le renversement de Moubarak.

 

Afin de contrôler la situation, les partis « d’opposition » officiels – libéraux, islamistes ou pseudo-gauches – ont formé une alliance pour sauver la junte. Le 27 juillet, plus de 35 groupes et partis politiques ont formé un « Front populaire uni » et ont consenti à stopper toute discussion politique et à laisser de côté toutes les « questions controversées. »

 

Ceci a ouvert la voie à une provocation islamiste le 29 juillet. Des partisans islamistes des régions rurales de l’Egypte ont été envoyés au Caire dans une opération soigneusement préparée par des groupes islamistes tels les Frères musulmans, les Salafis et al-Gamaa al-Islamiya, qui soutiennent le régime militaire et ses lois antigrèves ainsi que les mesures brutales prises contre les manifestants et les grévistes. Les forces pseudo-gauches ont utilisé ces événements comme prétexte pour abandonner les manifestants restés sur la place Tahrir.

 

Le rôle le plus cynique pour ouvrir la voie à la contre-révolution est joué par les parti pseudo-gauches du Front socialiste – les Socialistes révolutionnaires (SR), le Parti démocratique des Travailleurs et le parti de l’Alliance socialiste. Ce sont des adversaires déclarés aux appels en faveur d’une « deuxième révolution » et présentent au contraire la junte comme une force progressiste qui accordera des réformes démocratiques et sociales.

 

Les groupes pseudo-gauches ont conclu un accord avec les Islamistes et rejoint le « Front populaire uni. » Peu de temps après, les Islamistes ont commencé le 29 juillet leur marche, trente trois groupes et partis politiques dont des forces pseudo-gauches s’en sont servi comme prétexte pour se retirer des protestations et mettre un terme au sit-in.

 

Cette manoeuvre réactionnaire de la part de la bourgeoisie égyptienne et appuyée par la pseudo-gauche a non seulement ouvert la voie à la violence déclenchée récemment par la junte militaire contre la population, mais a aussi préparé le terrain pour une offensive brutale de la junte à l’encontre des luttes de classe en Egypte.

 

Sources WSWS

 

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans REVOLUTION DES PEUPLES

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