La Maison blanche inquiète Israël

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Netanyahou est en sueur. Il va nous faire une crise d'apoplexie. Avec ses comparses, il accuse Washington d'avoir bien vite retourné sa veste. Est-ce si sûr ? N'y avait-il pas un plan "en gestation" ? La réponse nous est donnée ICI. Wikileaks nous révèle que les Etats-Unis n'ont pas seulement financé l'armée égyptienne, ils ont AUSSI SOUTENU DES ORGANISATIONS DE PROMOTION DE LA DEMOCRATIE EN EGYPTE. "Les programmes du gouvernement américain aident à établir des institutions démocratiques et à renforcer les voix d'individus EN FAVEUR D'UN CHANGEMENT EN EGYPTE." C'est écrit noir sur blanc. Ceci s'est fait par l'intermédiaire de l'USAID qui a balancé 66,5 millions en 2008 et 75 millions en 2009 à DES PROGRAMMES EGYPTIENS SUR LA DEMOCRATIE ET LA BONNE GOUVERNANCE. Et "l'Ami Israélien" n'avait pas été prévenu ? Lui qui est partout avec ses espions, ceci lui aurait échappé ???

 

La Révolution Egyptienne n'a rien à voir avec celles d'Algérie et de Tunisie. Il est même fort probable qu'Obama lui-même n'en savait rien. D'ailleurs pour les deux premières interventions, c'est Hillary Clinton que l'on a envoyé au casse-pipe. Observons les cinq discours qui ont été tenus jusqu'à après le discours de Moubarak et notez que dans les quatre premiers, il est question de REFORMES :

 

1 - Le 25 janvier : "Le gouvernement égyptien est stable."

 

Hillary Clinton semble soutenir Hosni Moubarak, considéré pendant des années comme l'allié stratégique des Etats-Unis :

 

"Notre évaluation de la situation, c'est que le gouvernement égyptien est stable et cherche les moyens de REPONDRE AUX BESOINS ET INTERÊTS LEGITIMES DU PEUPLE EGYPTIEN."

 

Là, le gouvernement de Moubarak est stable. A l'entendre, pas de quoi inquiéter. Puis le ton monte...  

 

2 - 26 janvier : "Le gouvernement égyptien DOIT engager des réformes"

 

C'est encore Hillary Clinton qui donne le ton, mais elle le hausse cette fois. Vous noterez que dans le premier, il est question des BESOINS et INTERÊTS LEGITIME DU PEUPLE EGYPTIEN. Là, elle en remet une couche en insistant davantage sur ce fait. C'est presque un ORDRE.

 

"Nous croyons fermement que le gouvernement égyptien a, en ce moment, une occasion importante d'ENGAGER DES REFORMES politiques, économiques et sociales pour REPONDRE AUX BESOINS LEGITIMES ET AUX INTERÊTS DU PEUPLE EGYPTIEN."

 

"Nous APPELONS les autorités égyptienne A NE PAS EMPÊCHER les manifestations pacifiques ou à bloquer les communication, y compris les médias sociaux."

 

Là, on le voit, il est encore insisté sur les REFORMES. Et Obama qui va enfin prendre la parole n'ira pas dans un autre sens. Il insiste lourdement sur le sujet.

 

3 - 27 janvier : "Le président Moubarak nous a aidés, MAIS..."

 

Obama parle en direct avec des youtubers puis sur le sujet égyptien :

 

"Le président Moubarak nous a aidés sur toute une série de problèmes au Moyen-Orient, MAIS je lui ai toujours dit qu'IL ETAIT ABSOLUMENT CAPITAL, POUR LE BIEN DE L'EGYPTE A LONG TERME, de s'assurer de BIEN AVANCER SUR LES REFORMES : réformes politiques, réformes économiques."

 

Grosso-modo, Moubarak est bien gentil MAIS... il y a un MAIS et on remet le sujet sur le tapis, les REFORMES. C'est à dire que là, on aperçoit l'ALIBI qui sera invoqué pour ne pas SOUTENIR Moubarak. Car on ne peut pas le jeter comme ça, il faut bien évidemment une excuse. Il est hors de question de dire au despote, "on ne veut plus de toi !" comme ça, tout de go. Alors on y va par palier en insistant lourdement sur ce qu'il n'a pas accompli moyennant les millions qu'il reçoit pour ce faire. On lui tend l'addition en quelque sorte. Tiens regarde... tu t'étais pourtant engagé MAIS... tu n'as rien fait. On voit d'ailleurs là la différence d'Obama avec ses prédécesseurs qui n'ont jamais remis en question son pouvoir dictatorial et sa façon de traiter le Peuple. Et dans la 4e intervention, Obama va justement lui rappeler le "contrat" :

 

4 - 28 janvier : "Hosni Moubarak DOIT TENIR SES PROMESSES."

 

Là, Obama s'exprime après l'intervention de Moubarak où il a annoncé un "remaniement" de son gouvernement. Avant ce discours, il lui a téléphoné et évoqué la NECESSITE d'autoriser les partis d'opposition et d'organiser des élections libres : 

 

"Hosni Moubarak DOIT désormais CONFIRMER SES PROMESSES DE REFORMES par DES ACTES CONCRETS... Les Etats-Unis continueront à DEFENDRE LES DROITS DU PEUPLE EGYPTIEN et travailler avec leur gouvernement, A LA RECHERCHE D'UN AVENIR PLUS JUSTE, PLUS LIBRE, PLUS LUMINEUX."

 

Nous y sommes. Obama rappelle les promesses liées au "contrat" financier. Il ne le fait pas au hasard. Il suit une ligne "tracée par ses conseillers". Ca va crescendo. On peut d'ailleurs faire le parallèle avec les promesses "américaines" faites au Peuple Irakien d'un avenir plus juste, plus libre, plus lumineux. Quand on connait la façon de "démocratiser" des USA, ces beaux mots nous ramènent à une cruelle réalité. Mais, l'estocade va être portée dans le 5e discours suite à l'intervention de Moubarak annonçant qu'il restait jusqu'en septembre. Il fallait d'ailleurs s'y attendre. Le discours du despote ne correspondant pas -sans doute- à l'agenda américain qui semble vouloir bousculer les choses :

 

5 - 1er février : "La transition politique DOIT commencer maintenant."

 

Là, il ne va plus être question de réforme mais de TRANSITION POLITIQUE.

 

"Ce n'est pas à d'autres pays de déterminer qui doivent être les dirigeants de l'Egypte. Seul le peuple égyptien peut le faire. CE QUI EST CLAIR et c'est ce que j'ai indiqué au président Moubarak, c'est que j'ai la conviction que LA TRANSITION POLITIQUE DOIT ÊTRE PROFONDE, qu'elle DOIT être pacifique et qu'elle DOIT COMMENCER MAINTENANT."

   

Là, c'est très clair. On ne peut pas attendre jusqu'en septembre, il faut que la transition se fasse MAINTENANT. On sent très bien qu'il y a une trame. Un canevas qui se met en place. Obama dit ce qu'on lui dit de dire. Comme Bush en son temps. Sauf que les marionnettistes ne sont pas les mêmes. Car, qui a lancé le programme de l'USAID en 2008 dans le but de financer un changement de régime ? Même Moubarak était au courant. Alors comment se fait-il que "l'ami israélien" indéfectible des USA fasse aujourd'hui l'ignorant ? Comme s'il ne savait rien. Ceci est assez paradoxal.

 

 

 

La Maison blanche inquiète Israël

 

 

 

Mercredi, la classe politique israélienne, dont le Premier ministre Benyamin Netanyahou, a accusé Washington d'avoir bien vite retourné sa veste. En effet, en cinq jours, Barack Obama est passé de défenseur d'Hosni Moubarak à demandeur d'une "transition immédiate" du pouvoir en Egypte. Mais la Maison blanche assume sa position d'équilibriste.

 

Tout s'est joué dans la soirée de mardi. Réunis en urgence à la Maison blanche, Barack Obama et ses conseillers ont suivi les événements en Egypte. Jusqu'à lundi, Washington jouait la carte de la diplomatie, assurant son soutien à Hosni Moubarak tout en l'invitant à entendre les revendications de la rue. Après le discours du chef d'Etat égyptien, mardi soir, dans lequel il annonce qu'il renoncera au pouvoir en septembre 2011, son homologue américain a décidé de changer de position. Après un échange téléphonique de 30 minutes entre les deux hommes d'Etat, Barack Obama a demandé "une transition bien ordonnée", "pacifique" et qui "doit commencer maintenant". Une transition immédiate rejetée, mercredi midi, par Hosni Moubarak.

L'enjeu des crédits militaires

Les Etats-Unis jouent une partie serrée. Il s'agit de ménager les relations avec ses alliés du Moyen-Orient tout en restant fidèle à des "valeurs universelles" comme la démocratie et les Droits de l'homme. Au cœur des liens complexes tissés par Washington avec les acteurs de la région se trouve l'enjeu de la paix entre Israël et la Cisjordanie. L'Etat hébreu bénéficie des plus importantes aides financières et militaires données par les Etats-Unis à un pays. L'Egypte arrive juste derrière, touchant une enveloppe annuelle d'1,3 milliard de dollars.

 

Washington inonde d'argent les deux pays afin de garantir la paix entre eux. L'Egypte, alors seul pays arabe à avoir signé en 1979 un traité avec Israël (*), est ainsi devenue l'allié le plus sûr de Jérusalem. Cette paix –rejetée par une partie de l'opinion publique égyptienne – a été réalisée afin que l'armée israélienne se retire du Sinaï, conquis lors de la guerre des six jours, en 1967. Si Le Caire s'est bornée à des relations diplomatiques a minima, jamais cette paix n'a été remis en question, malgré les deux guerres Israël-Liban (1982 et 2006) et les deux intifada palestiniennes (1987 et 2000).

Les Frères musulmans, "le monde radical"

Mais les événements en Egypte et le changement de position de Barack Obama ont ravivé les vieilles craintes en Israël. "Les Américains viennent de faire comprendre que leur soutien inconditionnel envers leurs alliés était des plus partiel", a déclaré, amer, Shaul Mofaz, président de la commission de la défense et des affaires étrangères du Parlement. "Est-ce que les États-Unis pourraient nous abandonner?", titre en Une le quotidien Yediot Aharonot. En arrière-plan, la classe politique israélienne craint surtout l'arrivée au pouvoir des Frères musulmans égyptiens. Pour mémoire, la lutte contre la constitution d'un Etat hébreu était l'un des objectifs de l'organisation panarabe islamiste. Et même si chaque branche nationale des Frères musulmans a évolué sur le plan politique, le "problème" de la paix au Proche-Orient reste une question sensible.

 

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, en est bien conscient. Mercredi après-midi, il a mis en garde contre le risque que la révolte populaire en Egypte ne débouche sur une période "d'instabilité et d'incertitude pendant de nombreuses années": "Il y a deux mondes, deux moitiés, deux visions. Celle du monde libre et celle du monde radical", a résumé le Premier ministre dans un discours à la Knesset, le Parlement israélien. Et de taper sur l'Iran qui ne s'est pourtant pas encore exprimé sur les événements récents (*): "Le régime iranien ne souhaite pas une Egypte qui défende les droits de l'Homme. Il souhaite une Egypte qui retourne au Moyen-Age, une Egypte qui devienne un autre Gaza." Une référence directe au Hamas, une des nombreuses branches des Frères musulmans.

"Garder" l'Egypte à tout prix

En clair, les dirigeants israéliens agitent le spectre d'un "régime à l'iranienne" en Egypte. En 1979, le président américain Jimmy Carter avait lâché le régime du Shah d'Iran. Un échec qui a participé à son échec à la présidentielle de 1981. Barack Obama fait face au même risque. Pour les stratèges américains, il s'agit donc de répondre à la question: peut-on lâcher Hosni Moubarak tout en "gardant" l'Egypte?

 

Dans cette optique, Washington a déjà avancé ses pions. Barack Obama a félicité mardi l'armée égyptienne d'avoir permis que des manifestations pacifiques aient lieu. La Maison blanche a également approché Mohammed El Baradeï, ainsi que d'autres opposants –à l'exception des partis islamistes. En cas de démission immédiate d'Hosni Moubarak, c'est le vice-président, Omar Souleiman, qui prendrait les manettes. Selon diverses sources, qui n'ont jamais été vérifiées, Omar Souleiman a participé au programme de détentions secrètes de la CIA. Les Etats-Unis ont donc encore quelques cartes dans leur jeu.

 

(*) Israël et la Jordanie ont ensuite signé un traité de paix en 1994.

 

(**) Le guide de République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, s'exprimera vendredi à Téhéran et devrait évoquer les questions internationales, dont la révolte en Egypte.

 

Sources Le JDD

 

Posté par Adriana Evangelizt

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