Paris "exige la libération immédiate" des Français retenus en Israël

Publié le par Adriana EVANGELIZT

 

 

 

 

Paris "exige la libération immédiate" des Français retenus en Israël

 

 

 

par Marc Vignaud

 

 

 

 

François Fillon a déclaré mardi devant l'Assemblée nationale que la France exigeait "la libération immédiate" des Français et de l'ensemble des civils qui se trouvaient à bord des bateaux arraisonnés la veille par l'armée israélienne .

 

"La France exige avec l'Union européenne et avec l'Organisation des Nations unies l'ouverture immédiate d'une enquête internationale, indépendante et impartiale parce qu'il faut faire la lumière sur ce qui s'est produit hier", a aussi rappelé le chef du gouvernement, applaudi par de nombreux députés. "C'est un acte qui n'est pas justifié, c'est un acte qui est contraire au droit international et c'est surtout un acte qui fait reculer l'espoir si ténu de la reprise à laquelle nous travaillons d'un dialogue direct entre les Israéliens et les Palestiniens", a-t-il encore dit.

 

Peu avant, le président Nicolas Sarkozy indiquait que huit Français - sur les neuf qui avaient pris place à bord de la flotille - étaient actuellement retenus en Israël. "Notre ambassade et notre consulat ont identifié neuf Français auprès desquels nous avons demandé l'exercice de la protection consulaire", a dit le chef de l'État lors d'une conférence de presse clôturant le sommet Afrique-France à Nice. Mais "l'un d'entre eux a quitté Israël ce matin par avion. Huit autres ont apparemment refusé l'expulsion. Ils sont dans un centre de rétention et une procédure est en cours pour qu'ils puissent quitter le pays", a-t-il ajouté.

 

"Mon fils n'est pas un terroriste"

 

L'un des Français, Youssef Benderbal, a été expulsé mardi par les autorités israéliennes et a atterri mardi matin au terminal 2 de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. "Des commandos cagoulés ont pris possession du navire. Ils visaient la cabine du capitaine", a raconté ce responsable du Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP) à la radio Europe 1 dès son arrivée en France. "L'agression, ce n'est pas nous qui l'avons cherchée, nous avons été agressés", a-t-il fait valoir en expliquant que certains membres de l'équipage de son bateau avaient été blessés. Selon lui, pourtant, "il n'y avait que des pacifistes à bord. (...) Les consignes [aux passagers] étaient très claires. Ne pas provoquer, rester calmes et aller à leur rencontre en disant 'we are pacifists and not terrorists' (nous sommes pacifistes, pas terroristes)". Il a toutefois reconnu que "dans d'autres bateaux, la résistance a été plus rude", allusion à ce qui s'est passé sur le navire turc, le Mavi Marmara, où l'assaut israélien a tourné au drame.

 

Les familles des Français encore retenus semblent avoir des difficultés à obtenir des informations sur leur sort. La mère de l'un deux, Thomas Sommer Houdeville âgé de 32 ans, a affirmé mardi dans la matinée attendre avec inquiétude des nouvelles de son fils. "Tout ce que je veux, c'est qu'il rentre à la maison. (...) Mon fils n'est pas un terroriste, il est parti avec d'autres civils apporter du matériel médical et des matériaux de construction pour un hôpital", a-t-elle déclaré au quotidien La Dépêche du Midi.

 

Selon Arnaud Simion, directeur de cabinet de la mairie de Colomiers, près de Toulouse, où elle réside, la maman "n'a toujours pas de nouvelles de son fils. Il est parti de Turquie et se trouvait à bord d'un des bateaux de la flottille pour Gaza. Nous pensons, nous espérons qu'il a été interpellé par les autorités israéliennes. Ce silence est un peu inquiétant". Et de poursuivre : "Elle pense qu'il n'a pas voulu donner son nom au moment de son arrestation comme de nombreux autres bénévoles qui participaient à l'opération humanitaire."


 

La menace d'envoyer l'armée israélienne, une "bonne nouvelle"


 

Thomas Sommer Houdeville est salarié de l'ONG Focus on Global South, basée à New Delhi depuis quelques mois, et militant pacifiste de la cause palestinienne, précise une amie de la famille, la conseillère régionale PS de Midi-Pyrénées Nadia Pellefigue. Pour cette élue, "ce qui est rassurant, c'est qu'il était normalement sur le bateau grec et pas sur le bateau turc", qui a été la cible du commando israélien.


 

lepoint.fr a pu se procurer quelques-uns des mails qu'il a envoyés quelques semaines et même quelques jours - le dernier datant du 24 mai - avant l'intervention israélienne sur son navire. Rédigés en anglais à l'attention de camarades en Inde et aux Philippines, ils confirment que les militants pro-palestiniens engagés dans l'opération avaient l'ambition de focaliser l'attention médiatique sur la situation à Gaza. Le 15 mai, alors qu'il s'apprête à partir pour Athènes depuis la France, Thomas Sommer Houdeville écrit notamment : "Les Israéliens parlent déjà d'envoyer l'armée pour nous empêcher d'arriver à Gaza. C'est une bonne nouvelle... Le fait qu'ils 'aboient' maintenant signifie qu'ils ont peur. Normalement, ajoute-t-il, ils ne disent rien jusqu'à ce que le bateau prenne la mer, afin de leur donner un minimum de publicité". Et de conclure : "Là, ils nous aident" suivi d'un smiley, petite icône qui signale un sourire.

Sources Le Point

 

POsté par Adriana Evangelizt

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