Le Ramadan de l'OTAN en Libye

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Là aussi, Sarkozy peut être fier de lui.

 

 
 
Libye: Sans électricité, les Tripolitains entament le ramadan
 
dans la souffrance
 

 07.08.11 -
Alors que la crise du carburant empoisonne la vie quotidienne des Tripolitains depuis plusieurs mois, une pénurie d'électricité et des coupures d'eau courante sont venues aggraver la souffrance des habitants de la capitale libyenne en ce début de mois de ramadan.
 
«Depuis le début du ramadan, on rompt le jeûne à la lumière des bougies», se plaint Ahmed, la quarantaine, qui fait ses courses dans un marché de légumes dans le quartier 2 mars, dans l'ouest de la capitale. «Nous pouvons nous passer de la climatisation mais pas du réfrigérateur», ajoute-t-il, précisant que «les coupures d'électricité durent parfois 24 heures». «Plusieurs aliments que nous gardons au congélateur sont périmés», dit-il, sa famille ayant, comme beaucoup d'autres, constitué un stock de produits alimentaires avant le mois de jeûne, d'habitude mois de tous les excès culinaires.

Coupures d'eau du robinet
 
Khaled, 20 ans, un habitant de Janzour, la banlieue est de Tripoli, affirme que la pénurie d'électricité a provoqué des coupures d'eau du robinet. Dans la mesure où l'eau courante ne leur arrive que durant quelques heures par jour, la grande majorité des Tripolitains utilisent des pompes pour remplir les réservoirs d'eau installés la plupart du temps sur les toits des maisons et des immeubles. Les Tripolitains font également face à une pénurie de bonbonnes de gaz de cuisine dont le prix a flambé: de l'équivalent d'un dollar avant le début de la crise libyenne en février il est passé à 50 dollars actuellement.
 
La hausse des prix a aussi touché les produits alimentaires de première nécessité malgré l'annonce de subventions par le gouvernement. Le régime a accusé les rebelles et l'Otan de vouloir provoquer une pénurie de carburant et d'électricité dans les zones contrôlées par le régime pour provoquer l'exaspération et le soulèvement de la population. Jeudi, le vice-ministre des Affaires étrangères Khaled Kaaim avait accusé les rebelles du djebel Nefoussa, au sud-ouest de Tripoli, d'avoir saboté un pipeline alimentant la seule raffinerie du pays.

L'Otan «souhaite créer une crise humanitaire en Libye»
 
«Les rebelles ont fermé une valve du pipeline et ont versé dessus une grande quantité de béton armé dans la région d'Al-Rayaniya», selon M. Kaaim, qui avait précisé que le pipeline alimentait la raffinerie de Zawiyah, à 50 km à l'ouest de Tripoli, en gaz et en fuel, utilisés par la suite pour générer de l'électricité. Le régime avait par ailleurs affirmé que l'Otan avait bombardé une turbine à gaz dans la même région ainsi qu'une station de haute tension à Jefara, au sud-ouest de Tripoli.
 
Il a également dénoncé l'arraisonnement «pirate», mené par la rébellion avec l'aide de l'Otan d'un cargo en route pour Tripoli avec à son bord 37.000 tonnes de carburant, jugeant que l'Otan «souhaitait créer une crise humanitaire en Libye». Le pétrolier, le «Carthagène», avait accosté jeudi à la mi-journée dans le port de Benghazi, dans l'est de la Libye, les rebelles à bord affirmant avoir saisi ce bateau au large de Tripoli.
 
Depuis le début de la crise, Tripoli dénonce le siège maritime imposé par l'Otan, qui empêche l'importation de plusieurs produits de première nécessité, en violation, selon le régime, des résolutions 1970 et 1973 qui ont permis l'intervention militaire internationale en Libye pour protéger les civils. Le régime importe ses besoins, dont du carburant, pas voie terrestre depuis la Tunisie voisine qui a connu tout récemment à son tour une pénurie aiguë de carburants en raison d'une grève dans une raffinerie, conjuguée au nombre important de réfugiés libyens rentrant chez eux pour le ramadan.
 
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Les pénuries de courant et d'essence paralysent Tripoli
 

 

 

Reuters, 07/08/2011
 
Les coupures d'électricité et la pénurie d'essence sont le lot quotidien de la population de Tripoli, où cette semaine le courant est resté coupé vingt-huit heures dans le quartier de Tadjoura.
 
Alors que les rebelles continuent de combattre les forces loyalistes sur plusieurs fronts, les pannes se sont succédé à un rythme de plus en plus soutenu ces dernières semaines.
 
De nombreux habitants de la capitale libyenne n'ont ni climatisation ni réfrigération pour affronter les journées caniculaires de l'été. La température, dimanche après-midi, était de 41°C.
 
Certains quartiers ne disposent que de quatre heures d'électricité par jour.
 
La télévision d'Etat a appelé la population à faire des économies d'énergie, notamment en arrêtant la climatisation en quittant les bureaux et en ne l'utilisant dans les mosquées que pendant les heures de prières.
 
Mohamed Abou Adjila Rachid, un ancien ministre de la Santé aujourd'hui haut responsable d'un hôpital, raconte avoir été privé de courant samedi en pleine intervention chirurgicale, qu'il a terminée à la lueur de l'écran d'un téléphone portable.
 
L'approvisionnement erratique en électricité affecte l'hôtel où sont logés les journalistes étrangers, l'un des rares endroits de la ville où internet reste disponible.
 
Dans les zones côtières autour de Tripoli, les véhicules s'alignent sur des kilomètres devant les rares stations-service encore ouvertes.
 
De nombreux Libyens ont vendu leurs voitures ou les ont laissées à l'abandon.
 
Pendant le mois de ramadan où les familles et amis se rassemblent le soir pour rompre le jeûne musulman, faire la cuisine devient difficile et se révèle de plus en plus onéreux.
 
Une bonbonne de gaz qui coûtait l'équivalent de deux ou trois dollars il y a quelques mois coûte aujourd'hui au moins vingt fois plus, quand elle est disponible.
 
"Personne n'achète plus rien", se lamente un boutiquier, Adel, dans son magasin de chaussures déserté et plongé dans l'obscurité à Ghout al Chaal, quartier de l'ouest de Tripoli où l'électricité a été coupée samedi après-midi. "C'est le pire ramadan de ma vie", ajoute-t-il.
 
Membre de l'Opep, la Libye possède les plus vastes ressources pétrolières d'Afrique et se fournit en électricité grâce à des centrales au gaz ou au gazole. Mais elle reste dépendante des importations pour s'approvisionner en essence.
 
Depuis le début de l'insurrection à la mi-février, les sanctions internationales pèsent sur les échanges commerciaux libyens. Le gouvernement cite aussi le problème de la contrebande de gazole libyen vers la Tunisie, où il est échangé contre de l'essence.
 
Pratiquement personne n'est épargné par les pénuries de carburant. Le bus gouvernemental affrété récemment pour conduire des journalistes étrangers a ainsi tenté en vain de s'approvisionner à plusieurs stations avant de devoir siphonner de l'essence dans un jerrican caché sous les sièges.
 
Le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Khaled Kaïm, a imputé cette semaine l'origine de ces pénuries aux raids aériens de l'Otan sur des centrales électriques et aux attaques des rebelles contre des oléoducs.
 
L'Alliance est intervenue fin mars en Libye en vertu de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'Onu autorisant le recours à la force pour la protection des populations civiles. (sic!)
 
"Ces attaques visent à affamer et déplacer la population libyenne et à provoquer une crise humanitaire. Qu'est-ce que les lignes électriques ont à voir avec des batailles militaires ou la protection des civils?" a déclaré Khaled Kaïm. "Les Libyens, grâce à Dieu, savent qui est réellement derrière tout ça."
 
Le message porte, du moins dans certaines franges de la population de Tripoli.
 
"Nous n'avons ni essence, ni voiture, et c'est de la faute de l'Otan", lance Abdoul Salim Tahrouni, un vendeur de légumes. "C'est OK, même si nous n'avons plus d'eau, nous resterons aux côtés de notre chef."
 
Interrogé sur ces allégations, un responsable de l'Otan a affirmé dimanche à Reuters que l'Alliance n'avait jamais visé les lignes d'approvisionnement électrique en Libye.
 
En dépit du contrôle étroit exercé par les autorités sur le travail des journalistes étrangers dans la capitale, des signes de mécontentement sont perceptibles. Des témoins font état de rassemblement isolés, sporadiques, d'habitants exaspérés par la détérioration des conditions de vie.
 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français
Par Reuters
 
Sources Alerte Otan 
Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans REVOLUTION DES PEUPLES

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