Les drôles d'affaires de la banque Goldman Sachs

Publié le par Adriana EVANGELIZT

 

 

 

Les drôles d'affaires de la banque Goldman Sachs

 

 

Ses responsables sont entendus, aujourd'hui, par le Sénat américain. Ils sont soupçonnésd'avoir incité des clients à investir dans les produits à risque, tout en leur savonnant la planche.

Ils sont partout. Les 30 000 « Goldmanites », salariés de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs, sont des as - et des funambules - de la finance. Quoi qu'il arrive, ils gagnent de l'argent. Ainsi, la crise n'a pas ébranlé l'institution vieille de 140 ans, créée par l'immigré allemand Marcus Goldman et son gendre Samuel Sachs, discrètement nichée dans un immeuble gris foncé de Manhattan. Presque anonyme.

 

On ne prête qu'aux riches, dit-on. Goldman Sachs est soupçonnée, toujours, accusée, souvent, d'avoir infiltré l'entourage de George W. Bush, puis de Barack Obama. Et d'avoir poussé ses pions dans tout ce qui compte comme institutions dans le monde de la finance. Une politique de réseaux à l'échelle du monde.

 

La banque des « affaires ». Depuis quelques mois, Goldman Sachs traîne une série de casseroles pleines de jeux financiers dangereux et juteux. La banque aurait bénéficié d'un traitement privilégié et rentable lors de la faillite de l'assureur AIG, secouru par les finances publiques américaines. En Grèce, elle aurait joué sur deux tableaux en conseillant le gouvernement et ceux qui spéculaient contre sa déconfiture financière.

 

Double jeu. La dernière affaire en date, avatar des « subprimes », ces prêts immobiliers à risques américains qui ont provoqué la crise financière et économique, est plus gênante. Elle a motivé, le 16 avril, une plainte pour fraude du gendarme de la Bourse américaine, la Sec, suivie par son homologue britannique. La France se dit peu ou pas concernée. On saura dans quelques jours si les vents mauvais ont soufflé jusque chez nous.

 

En substance, Goldman Sachs est accusée d'avoir trompé des clients, début 2007, en leur vendant des produits financiers complexes, adossés aux fameux « subprimes », sans les informer qu'elle était payée, parallèlement, par le fonds spéculatif Paulson qui pariait sur l'effondrement de ces « subprimes ». Ce qui a rapporté gros au spéculateur, à la banque (des dizaines de millions de dollars) et coûté cher aux clients.

 

Une touche française. Fabrice Tourre, 31 ans, est l'un des brillants » Goldmanites », nommément visé par la plainte de la Sec. Le « fabuleux Fab », comme il se nomme dans un courriel, était au coeur du système. Il a bien vu venir la déconfiture des « subprimes » et des clients fourvoyés. C'est d'ailleurs dans ses mails que la Sec a puisé pour étayer ses accusations. Fabrice Tourre est entendu par une commission du Sénat américain, aujourd'hui, ainsi que les pontes de la banque, dont le directeur général, Lloyd Blankfein.

 

La parole à la défense. Goldman Sachs se défend d'avoir trompé ses clients. Elle affirme avoir aussi perdu de l'argent et n'aurait fait que son travail en recherchant les meilleurs résultats en fonction des desiderata d'investisseurs qui n'étaient pas des perdreaux de l'année. En attendant, les affaires continuent : les « Goldmanites » ont engrangé 2,4 milliards d'euros de bénéfices au 1er trimestre. Près du double d'il y a un an.

 

Hervé BABONNEAU.
 
Sources Ouest-France
 
Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LES HOMMES DE LA BÊTE

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