Libye : Quand BHL remplace Juppé, Sarkozy devient-il une menace pour la diplomatie mondiale ?

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Merci à Lobotomie pour l'info ! Que dire ?  A part que nos prévisions s'avéraient justes et que Sarkozy s'est fait virer par l'OTAN ? Allez sur le site français NATO, ça vaut le coup d'oeil. On peut lire : "L'objectif de cette opération, désignée Unified Protector, est DE PROTEGER LES POPULATIONS CIVILES et les zones civiles menacées d'attaque. L'OTAN mettra en oeuvre tous les aspects militaires de l'ONU." Si c'était risible, on rirait. Mais voilà... un raid de l'OTAN a tué par erreur vendredi soir NEUF REBELLES LIBYENS et QUATRE CIVILS. Afghanistan et Irak bis repetita. Et pourtant, nous a-t-on assez bassiné que Paris insistait pour garder l'OTAN à distance ? Soit Sarkozy est un grand rêveur, soit il est de mèche avec les USA pour qu'ils posent leurs pieds crochus au Moyen-Orient. Quand on a vu BHL servir d'ambassadeur, la seconde piste serait plutôt la bonne. Il prêche même pour qu'il y ait DEUX LIBYE, cela devrait nous rappeler quelque chose par rapport à la Yougoslavie et à l'Irak. Fracasser les pays pour les morceler... diviser pour mieux régner. Qu'un BHL vienne donner des conseils à Sarkozy prouve le niveau de la France et de celui qui est censé la représenter. Ici, c'est la foire d'empogne. Tintin au pays des Oufs. Le Ridicule, chez nous, ne tue pas, il renforce celui qui l'est. Pourvu que ça dure ! Parce que sur ce coup-là, nous ne pouvons pas être résignés, si nous ne l'avons jamais été. La Colère l'emporte sur tout le reste. Et le retour du boomerang ne se fera sans doute pas attendre.

 

Imaginons que demain, les Français se révoltent et qu'ils se trouvent dans la même situation que les Libyens. Qu'ils soient matés dans la violence. Sarkozy apprécierait-il que l'OTAN vienne s'insurger dans ses affaires ? A bien y réfléchir... peut-être que oui. Il aime tellement l'Amérique !

 

 La suite des évènements que va-t-elle être ? Nous avons prédit que la Libye serait la Bérézina de Napoléon le Petit, nous maintenons ce cap. L'argent du contribuable servirait sans doute mieux ailleurs qu'en Libye où nous n'avons absolument rien à faire. Et la colère de notre Peuple va aller grandissant. Comme la pauvreté et la misère. Il ne faut pas croire que les "révolutions" ne sont qu'Arabes. Elles font partie de l'Air du Temps. Tout le monde en a marre de payer pour faire rigoler des zigottos qui sont incapables de gouverner un pays et son Peuple. Nous sommes au seuil du moment où tout le monde veut reprendre sa Liberté. Être libre enfin...

 

 

 

Libye : Quand BHL remplace Juppé, Sarkozy devient-il une menace

 

 pour la diplomatie mondiale ?

 

par Lobotomie

 

Ses articles

 

 

Jeudi 10 mars 2011, à la veille du Conseil Européen, Nicolas Sarkozy balancait son "scoop", qui lui vaudrait (il en était alors sûrement persuadé !), une reconnaissance internationale devant laquelle le "monde" ne pourrait que se plier :

 
Le président français, après les avoir reçus à l'Elysée,

 
- reconnaissait le CNT (Conseil National de Transition Libyen) comme seul interlocuteur de la Libye;

  
- il appellait à des frappes des forces européennes en Libye sous réserve de l'accord du Conseil de Sécurité mais n'excluait pas que la France s'engage seule dans ces frappes à défaut d'accord des autres pays.

 

 

 

Vendredi 12 mars 2010, il ira défendre lui-même cette position tranchée auprès du conseil européen.

 


On le voyait ainsi poser avec David Cameron, sourire aux lèvres, avant d'affronter l'ensemble du Conseil. 

Cette tactique de "mise devant le fait accompli" n'a pas été beaucoup appréciée par nos partenaires européens, qui après des débats tendus, ont décidé de ne pas suivre la décision à l'emporte-pièce de notre président enflammé.  


Le Conseil  Européen a finalement décidé:

 


- de reconnaitre le CNT libyen comme un des interlocuteurs ( et non le seul),
- de soumettre toutes interventions militaires à l'accord de l'ONU et des pays de la région.

Les Etats-Unis, quant à eux, s'interrogent sur le fait que Kadhafi pourrait bien reprendre le contrôle de la situation en Libye et font montre de leur réticence à s'engager dans un nouveau conflit dans une région où la fracture entre le monde islamique et occidental est déja un danger pour la sécurité mondiale .

Malgré les politesses d'usage - diplomatie oblige ! -, c'est donc un véritable camouflet et une mise en garde très ferme qui a été adressée à la France et à notre président !

Il y a un vrai risque d'isolement de la France au sein de l'Europe et sur le plan international... et aussi une crise de confiance au sein de notre pays.

En effet, lors de la visite des émissaires libyens à l'Elysée, organisée en la présence de Bernard Henri Lévy, le tout nouveau ministre des Affaires Etrangères, Alain Juppé, était absent !

 
Il n'aurait appris les décisions de Nicolas Sarkozy que depuis Bruxelles où il s'était rendu pour préparer la séance du Conseil du vendredi.

 
Blême, il n'aurait pas du tout apprécié cette mise à l'écart

 


De même, les diplomates du quai d'Orsay n'auraient pas été consultés en dehors du conseiller diplomatique du président Jean-David Levitte ou d'Henri Guaino, conseiller politique et "plume" du Président.

BHL, qui avait été envoyé en Libye pour observer la situation, minimise aujourd'hui son rôle dans cette prise de décision mais il n'en reste pas moins que l'on peut s'interroger sur l'importance que Sarkozy lui ait accorder par rapport à l'opinion des diplomates ou des membres du gouvernement Fillion.

 


BHL est certes un écrivain et un philosophe de renom, un homme qui aime à s'exprimer sur les conflits avec toute la liberté et parfois le manque d'objectivité que lui permet son statut, mais est-il plus crédible que les diplomates du Quai d'Orsay, qu'un ministre des Affaires Etrangères ?

 


Il avait certes tenu ce même rôle de témoin auprès de François Mitterrand ou de Jacques Chirac, mais voilà, Nicolas Sarkozy n'est ni Mitterrand ni Chirac sur un plan diplomatique.

Comment expliquer ce nouveau coup d'éclat de notre président alors que la France, dans ce conflit, se refuse à appliquer le droit d'asile pour les personnes menacées par le régime de Kadhafi, alors que l'UMP s'engage dans un débat sur l'islam et que certains, dans leurs rangs, parlent même de remettre les réfugiés sur des bâteaux ?

Un bref retour en arrière s'impose.

Face aux sondages où il ne cesse de perdre des points et en vue de la campagne électorale de 2012, Nicolas Sarkozy espèrait beaucoup de cette année 2011, année de la présidence française du G20, pour reprendre une influence sur le plan international comme il l'avait (en apparence) fait lors de la présidence de l'Europe.

Tout avait été prévu dans ce sens et il comptait mettre à profit cette année de présidence pour concrétiser l'influence de la France en "France-Afrique" et surtout concrétiser son grand projet d'"Union pour la Méditerranée".

Ce n'est pas par hasard que tout ce petit monde s'est retrouvé en vacances de Noël au jour de l'an qui des Sarkozy au Maroc, des Ollier en Tunisie, des Fillon en Egypte et des Guaino en Libye.

 


Pas trop étonnant non plus que ceux-ci y aient bénéficié des "bons traitements" des pouvoirs en place... les vacances n'y étant pas forcément que de simples vacances.

Mais le scénario prévu a tourné court !

 


Devant les évènements, c'est l'impuissance à faire valoir l'influence française en Côte d'Ivoire où là aussi, Gbagbo continue à se "débarrasser" de ses opposants.

 


Face aux révoltes des peuples, ce sont les propositions de Mam pour aider le régime tunisien en déroute, les difficultés à lâcher les ex-partenaires; pour finir par une révolte des diplomates français qui dénoncent l'imcompétence de Sarkozy dans ce domaine.

Bref, un espoir de se faire remarquer positivement complètement gâché en ce début de présidence française du G20 !

Alors, il lui faut agir et il le fait par un remaniement ministériel qu'il prend lui-même en main en saquant Mam et en nommant Alain Juppé.


A noter d'ailleurs qu'en France, ce devrait être le premier ministre qui propose les ministres mais personne dans les rédactions ne réagit à cette nouvelle entorse de la Constitution, on n'en est plus à ce genre de détail !

Cette rencontre avec Bernard Henri Lévy et les représentants du CNT libyen a dû lui donner une sorte d'illumination : ça y est enfin, il tient l'occasion de briller devant le monde et les caméras et de relancer l'influence française sur les pays de la méditerranée : la France sera la première à reconnaître la révolution libyenne et à s'engager dans des frappes !

Hélas, cette décision, sans prendre une nouvelle fois le temps de réfléchir à toutes les conséquences,  en se privant de tous conseils avant d'agir, risque de retarder une position commune internationale face aux massacres qui ont lieu en ce moment.

Et, plutôt que de réellement aider les libyens en lutte, cette division et ce coup de frein à la diplomatie mondiale que la prise de position de Sarkozy a provoqué, risque de servir les intérêts de Kadhafi qui jour après jour, reprend pied sur les opposants en utilisant les armes que Sarkozy lui a vendu, contre son peuple !

Une dernière question: la constitution prévoit-elle que le président puisse déclencher un conflit militaire sans en référer à quiconque ?

Pour finir, le sourire (ou le rictus) de Sarkozy et Caméron alors qu'il vont demander à la communauté européenne de faire des frappes aériennes quelqu'en soit le "bon" motif, ça me colle des frissons dans le dos !

 

Sources Le Post

 

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans REVOLUTION DES PEUPLES

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