Manifestation d'agriculteurs: près de 1.300 tracteurs déferlent sur Paris

Publié le par Adriana EVANGELIZT

 Les pauvres. Car il faut bien savoir qu'être agriculteur, ce n'est pas facile. Ce n'est pas être fonctionnaire ! Ils ne font pas, eux, 35 h par semaine. Loin s'en faut. Et il faut bien se dire que s'il n'y a plus d'agriculture, il n'y a plus rien à manger. Parce que cela englobe tout. Les céréales, les légumes, les arbres fruitiers, les éleveurs, les volailles... ils sont le sang de notre Terre et sans eux, c'est la famine. Les gens qui vivent dans les villes ont un peu trop tendance à oublier cela. Et à ne pas être assez solidaires de ceux qu'ils nomment les "culs-terreux".

 

 

 

 

Manifestation d'agriculteurs: près de 1.300 tracteurs déferlent sur Paris

 

 

 

Plus d'un millier de tracteurs ont donné mardi le coup d'envoi à la manifestation des agriculteurs, en majorité des céréaliers, décidés à interpeller le président Nicolas Sarkozy sur la baisse de leurs revenus et leurs craintes pour l'avenir de la Politique agricole commune (PAC).

 

Partis avec un peu de retard de la Place de la Nation, les premiers des 1.293 tracteurs recensés par la police sont arrivés dans une ambiance très bon enfant vers 11H30 Place de la République où devaient les rejoindre plusieurs milliers d'agriculteurs pour couvrir la dernière partie du parcours, de la République à la Nation.

 

Plus tôt dans la matinée, les tracteurs étaient entrés dans Paris par la porte de Vincennes, après avoir franchi plusieurs péages de banlieue.

 

Placés en files indiennes et encadrés par des motards de la police, les convois s'étiraient sur des kilomètres sur les autoroutes autour de la capitale, arborant des panneaux où était écrit "Détresse agricole", "agriculteurs en colère" ou encore "tous à Paris".

 

Partis de 14 régions de France, beaucoup d'entre eux sont arrivés la veille dans la région parisienne et ont dormi chez des collègues exploitants.

 

"La nuit a été courte. On s'est couché vers minuit et on s'est levé à 4H00. On était 80 pour le dîner dans la salle des fêtes du village de Maison (Eure et Loir)", témoigne Etienne Gangneron, venu de Vasselay (Cher), à 10 km au nord de Bourges et qui a passé le péage de Saint Arnoult avec 400 autres tracteurs.

 

Reconnaissant une situation "terriblement difficile", le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a estimé sur France Inter que la crise actuelle n'était "pas la énième crise conjoncturelle. C'est un moment de rupture dans l'histoire agricole française et européenne".

 

"Nous entrons dans un nouveau monde agricole", a-t-il ajouté, soulignant la nécessité d'une "régulation très forte" des marchés pour contrer la volatilité des prix et éviter la "destruction de milliers d'exploitations" en France et en Europe.

 

En attendant, M. Le Maire demande "que la Commission européenne intervienne davantage sur les marchés pour dégager les stocks de céréales" et "faire remonter les prix" dans ce secteur "stratégique".

 

Les manifestants entendent peser sur les pouvoirs publics pour qu'ils défendent à Bruxelles une PAC, dont ils ont été jusqu'ici les principaux bénéficiaires, mais exigent aussi des mesures "immédiates" de soutien du gouvernement français.

 

"Il faut une volonté politique claire de soutenir le monde agricole comme a fait l'Allemagne qui a développé son agriculture et qui est en train de devenir le premier pays agricole européen", plaide Christophe Paulin, de la FDSEA du Pas-de-Calais.

 

"Il faut alléger les lourdeurs administratives pour permettre d'être compétitifs avec les voisins allemands et belges" et profiter des nouvelles technologies, estime-t-il.

 

"On est dans une situation dramatique, où les cours ne remontent pas et où de nouvelles charges franco-françaises s'accumulent, la situation devient intenable", affirme aussi Christophe Derycke, de la FDSEA de Seine-et-Marne.

 

En 2009, la filière a vu ses revenus baisser de 51% dans le sillage des cours des céréales (-24%), après l'envolée de 2007 et 2008. Selon M. Le Maire, plus de 20.000 exploitants agricoles bénéficient du RSA (revenu de solidarité active).

 

La baisse de la rémunération des céréaliers est similaire à celle des producteurs laitiers, qui ont manifesté régulièrement ces derniers mois, alors qu'en moyenne, le monde agricole a vu ses revenus diminuer de 34% en 2009.

 

Sources AFP

 

Posté par Adriana Evangelizt

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