Pourquoi Nicolas Sarkozy est « déçu » par Benjamin Netanyahou ?

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Il y a quand même quelque chose de surprenant chez Sarkozy, c'est qu'il y a quelques temps, on a effectivement appris qu'il était "déçu par Netanyahou" ? Quelle surprise ! Comment Sarkozy ne sait pas comment fonctionne le Sionisme et plus particulièrement "Bibi" et ses suivants ? Il ne sait pas qu'il faut toujours donner et ne rien recevoir en échange ? Pauvre de lui. Il verra bientôt que tous ses efforts auront été vains. Et que s'il lui venait à l'esprit de regimber, ce sont les Français qui en paieraient le prix fort. Car c'est ainsi qu'ils fonctionnent. Qu'il se dise bien d'ailleurs que les documents sur le Karachigate ne sont pas tombés entre certaines mains par hasard. Ils sont très forts pour sortir des casseroles de derrière les fagôts quand leurs marionnettes ne sont pas obéissantes. Olmert en fait encore les frais et si Netanyahou ne file pas droit, il aura droit au même sort.

 

 

 

 

 

Pourquoi Nicolas Sarkozy est « déçu » par Benjamin Netanyahou ?

 

 

 

par Georges Malbrunot

 

 

 

Brouille entre amis. Le chef de l’Etat ne cache plus son agacement face à son "ami" Benjamin Netanyahou. « Je suis déçu par lui. Avec toute l’amitié, la sympathie et nos engagements envers Israël, nous ne pouvons pas accepter qu’il traîne les pieds. Je ne comprends pas où va Netanyahou, ni ce qu’il veut », a affirmé Sarko, en recevant il y a deux semaines Shimon Peres, le président de l’Etat hébreu, selon des propos rapportés hier par le quotidien israélien Haaretz.

 

Depuis des mois en fait, Nicolas Sarkozy est « agacé » par l’intransigeance de « Bibi » face aux Palestiniens, encore illustrée ces dernières semaines par le refus du Premier ministre de geler la colonisation israélienne à Jérusalem-est, comme le lui demandent les Etats-Unis.

 

Si Sarko est « déçu », c’est parce qu’il a le sentiment d’avoir fait de nombreux gestes en faveur d’Israël, depuis deux ans qu’il imprime sa marque sur la diplomatie française. Il a pris des risques, et estime n’être pas payé en retour. Quels sont ces gestes ?

 

- Peu avant la fin de la présidence française de l’Union européenne en décembre 2008, Paris a rehaussé le partenariat politique entre l’UE et Israël, sans obtenir de véritables contreparties de l’Etat hébreu. « Cela nous a valu des critiques de certains pays européens », reconnaît un diplomate. « Les pays arabes nous l’ont également reproché, ajoute-t-il, mais à chaque fois, Bernard Kouchner répondait que c’était une décision du président de la République ».


- Deuxième source d’irritation de Nicolas Sarkozy : trois semaines avant le déclenchement de la guerre contre Gaza en janvier 2009, il reçoit la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni. A aucun moment, elle ne l’informe des projets d’Ehoud Olmert, alors Premier ministre, de s'engager dans une offensive militaire contre le Hamas, dont l’une des conséquences sera l’arrêt brutal de l’Union pour la Méditerranée, projet lancé par Nicolas Sarkozy, six mois plus tôt. « Le président a été furieux de ne pas avoir été averti », reconnaît-on au Quai d’Orsay. D’autant plus que Nicolas Sarkozy s’était personnellement investi pendant la crise, se rendant à deux reprises en Egypte pour explorer avec Hosni Moubarak les moyens de sortir du conflit meurtrier. Un « paquet » franco-égyptien sera proposé aux Israéliens et au Hamas. Mais une fois encore, ces idées resteront lettre mortes, Israël refusant de déverrouiller son blocus de la bande de Gaza.

 

On pourrait citer plusieurs autres gestes d’amitié français envers Israël. Par exemple, celui de faire de l’Etat hébreu l’invité d’honneur du salon du livre en 2008. Abondamment relayé par la chaine de télévision al-Jazeera « l’épisode nous a été très dommageable dans le monde arabe », reconnaît le diplomate.

 

Les Français ont également cherché à « vendre » à Israël l’idée d’une libération de Marwan Barghouti, charismatique leader du Fatah, et ce afin de redorer le blason d’une direction palestinienne, discréditée auprès de sa population. Mais à chaque fois, Israël répond « que ce n’est pas le moment ».

 

La nomination de Valérie Hoffenberg comme représentante spéciale du président pour les volets commerciaux et culturels du processus de paix est un autre de ces gestes. Elle occupait auparavant le poste de responsable de l’American Jewish comitee en France. Tout comme le récent profil bas adopté par Paris dans l’assassinat d’un cadre militaire du Hamas à Dubaï par le Mossad, qui n’a pourtant pas hésité à utiliser plusieurs faux passeports français. Sans compter - et à contrario - les obstacles posés par l’Etat hébreu pour faire entrer à Gaza des matériaux de construction d’un nouveau centre culturel français.

 

Bref, après tous ces gestes consentis à l’Etat hébreu, le président a de quoi se sentir un peu « frustré » par l’entêtement de Benjamin Netanyahou. Sans doute ne s’agit-il pas d’ailleurs d'une démarche isolée de sa part, après l’irritation déjà manifestée, ces dernières semaines, par Barack Obama envers son allié israélien.

 

Sources De Bagdad à Jérusalem

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LES HOMMES DE LA BÊTE

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