Pragmatiques, "les Frères musulmans préfèrent ne pas être aux avant-postes"

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Si vous voulez en connaître un rayon sur Les Frères Musulmans, ce n'est certainement pas les idiots du genre Netanyahou qu'il faut écouter, ni ses acolytes sionistes. Que peuvent dire ces incultes à part "ce sont des islamistes !" Il faut déjà savoir qu'il y a les "CONSERVATEURS" de la Tradition et les "REFORMATEURS" dans le style de Tariq Ramadan. Que cela plaise ou non à Caroline Fourest qui s'est mise en tête de harceler ce dernier pour le décaniller, parce qu'elle croit que tous les Musulmans sont de sinistres "barbus" ou des fondamentalistes wahhabites dont le siège se situe en Arabie Saoudite. Il faut arrêter de tout mélanger.

 

Il y a donc chez les Frères Musulmans, une bourgeoisie dont certains ont, comme les occidentaux, des affaires, des sociétés, des biens et des usines en Egypte et lorsque des mouvements de grève éclatent comme en 2008, leurs propres ouvriers se mettent aussi en grève parce qu'ils sont avant tout Egyptiens. Point final. Alors pour que vous compreniez bien leur rapport à la religion, à la société, au monde, et leur Evolution dans toutes ces sphères,  ainsi que leurs différentes classes, nous vous recommandons de lire un document qui ne sera accessible qu'à ceux qui ont un minimum d'instruction, c'est ICI. Vous comprendrez mieux ainsi certains "tiraillements" qui existent en leur sein par rapport justement à ceux qui veulent "réformer" et apporter des ouvertures liées à l'économie, au marché, à l'évolution "sociale" dans le monde moderne. Les gens ont tendance à oublier qu'il y a parmi eux des intellectuels, médecins, chercheurs, ingénieurs, avocats, professeurs, etc...  

 

Le grand spécialiste des Frères se nomme Joshua Stacher, nom juif, on précise parce que c'est important pour voir la différence avec l'idée fixe sioniste. Il est chercheur à l'Université de Kent dans l'Ohio. Le premier article ci-dessous est de lui et sur son site, malheureusement pour ceux qui ne le comprennent pas, en anglais, vous avez ses nombreuses contributions sur diverses revues de prestige, il faut absolument lire The Brothers and the Wars pour comprendre pourquoi après le bombardement à Gaza, il y eut un clash entre le pouvoir despotique de Moubarak et les Frères. Mais de toute façon, la position du dictateur envers le sionisme et la Palestine est le gros problème qui fait que les Frères s'affrontent avec lui, sont diabolisés et subissent une répression féroce de ce régime sanguinaire. Vous avez vu les videos des tortures, dites-vous bien que les Frères ne sont pas les derniers à en être victimes. Bien au contraire. Et que le téléphone sioniste est là pour rappeler à Moubarak et à sa police nazie de ne pas relâcher l'étreinte. Il ne faut pas se voiler la face là-dessus. La diabolisation vient toujours du même camp.

 

Alors par rapport à ce qui était dit ICI, qu'Israël redoute les Frères Musulmans, les sionistes ont peur qu'ils prennent le pouvoir mais ils n'en ont aucune intention. Les sionistes imaginent toujours le pire, sont toujours sur le pied de guerre et nul doute qu'ils ont dû donner le bon conseil à Moubarak, de rester jusqu'en septembre, ce qui va entraîner le pays dans un chaos sanglant. C'est certain, vu les dernières informations. Les sionistes ne sont bons qu'à attiser la haine et la querelle. S'ils veulent la paix avec les Arabes, les Musulmans et l'Occident, qu'ils rendent les territoires qu'ils ont volé. Qu'ils reprennent le tracé de l'ONU du départ. Qu'ils cessent de s'immiscer dans tous les pays pour y amener le désordre. Qu'ils se conduisent comme des gens d'Honneur. Qu'ils prouvent qu'ils en sont capables et alors tout sera parfait. Pour les Palestiniens d'abord, pour les Israéliens en même temps car nombre de ces derniers commencent à en avoir ras la casquette. Ils aimeraient bien vivre comme tout le monde. Mais apparemment, le régime sioniste fait tout pour que ce Peuple-là subisse la Honte par sa faute. Parce que ce n'est pas en adoptant ces postures arrogantes et intrusives que les choses vont s'arranger. Au contraire, ils risquent bientôt se heurter à des "évènements" qu'ils ne soupçonnent même pas.

 

 

 

 

Pragmatiques, "les Frères musulmans préfèrent

 

ne pas être aux avant-postes"

 

 

 

Chercheur à l'université de Kent (Ohio, Etats-Unis), Joshua Stacher évalue le poids social et politique des Frères musulmans et les opportunités qui s'ouvrent pour la confrérie, principale force d'opposition en Egypte, alors que le régime de Hosni Moubarak est plus affaibli que jamais.

 

Les Frères musulmans ont joué un rôle d'arrière-plan dans la protestation contre Hosni Moubarak. Pourquoi ont-ils attendu le quatrième jour de manifestations pour appeler à se joindre au mouvement ?

 

Les Frères musulmans savent que s'ils occupaient le premier plan dans les manifestations, les puissances occidentales donneraient un feu vert au pouvoir pour museler la contestation.

 

Il faut remettre le mouvement dans son contexte : il s'agit de manifestations patriotiques contre un régime considéré comme un client des Etats-Unis, qui reçoit chaque année 1,5 milliard de dollars d'aide. Les Frères musulmans, en tant que système politique capable de mobiliser, prennent part à ce mouvement patriotique.

 

La confrérie a probablement fait de mauvais calculs au début de la contestation et n'a pas saisi son ampleur. Aujourd'hui, elle sent que le mouvement a réellement une chance de faire tomber Moubarak, elle est donc prête à manifester. Mais elle ne veut pas être leader de la contestation pour que sa présence ne serve pas d'excuse à une répression accrue.

 

On voit de nombreux groupes et tendances politiques s'exprimer dans les rues égyptiennes [voir notre portfolio sur les figures de l'opposition]. Les Frères musulmans sont-ils prêts à tenir compte de cette diversité et à coopérer avec d'autres groupes politiques ?

 

Oui, si une Constitution forte était mise en place, qui ne mette pas une loi au-dessus des autres, les Frères musulmans seraient prêts à participer à une alternance dans un cadre démocratique. La confrérie pourrait tout à fait prendre part pacifiquement à des élections, les gagner pacifiquement et les perdre pacifiquement.  [La confrérie participe également à la Coalition nationale pour le changement, qui a chargé Mohamed ElBaradei de "négocier" avec le régime.]

 

En janvier 2010, les Frères ont élu comme chef suprême le conservateur Mohamed Badie. Lors des législatives de décembre, ils ont perdu leur représentation parlementaire. Désormais contrainte à la clandestinité, et avec un chef conservateur, la confrérie va-t-elle se radicaliser ?

 

Non, les Frères ne se radicalisent pas. Si des conservateurs occupent aujourd'hui des postes de direction, c'est parce que les Frères ont été l'objet de mesures ultra répressives de la part du pouvoir : depuis les élections législatives de 2005 [au cours desquelles ils avaient obtenu 88 sièges, soit un cinquième de l'Assemblée], leurs membres ont été arbitrairement arrêtés. La répression a favorisé la fragmentation du groupe et donc la mise en avant des voix les plus conservatrices.

 

 

Peut-on évaluer le poids politique des Frères musulmans ?

 

 

Non, le mécanisme électoral ne permet pas de rendre compte de leur influence. Si l'on exclut l'armée, ils sont la force la plus organisée en Egypte. Il faut aussi prendre en compte leur fonction sociale, qui est extrêmement importante. Les Frères vivent au plus près de leurs communautés. Ils sont respectés non seulement en tant que Frères musulmans, mais aussi en tant que médecins, avocats, pharmaciens, ingénieurs ou professeurs.

 

Si des élections libres et démocratiques étaient organisées, les Frères musulmans seraient-ils en mesure d'être élus et de gouverner le pays ?

 

Tout dépend du contexte légal dans lequel ces élections seraient organisées. Lors des trois décennies écoulées, le régime de Hosni Moubarak a pris soin d'empêcher la participation de tout mouvement d'opposition. Les divers courants politiques d'opposition – libéral, nationaliste, socialiste ou communiste – sont donc très peu structurés. Dans ce contexte, les Frères musulmans sont la force la plus organisée, ils ont donc toutes leurs chances lors d'élections.

 

En revanche, la confrérie a clairement indiqué qu'elle ne présenterait pas de candidat à la présidence du pays. Elle veut une participation politique mais elle ne veut pas conduire un gouvernement. Si un Frère musulman gagnait une présidentielle, l'Egypte risquerait de se trouver isolée diplomatiquement. La communauté internationale Etats-Unis et Israël en tête – n'accepterait pas de voir un régime islamiste à la tête de l'Egypte. Les Frères préfèrent donc ne pas être aux avant-postes. Ils sont prêts à participer à la vie politique, tant que cela ne compromet pas le statut international de l'Egypte.

 

C'est donc par pragmatisme qu'ils ne souhaitent pas présenter de candidat à la présidence ?

 

Oui. Il faut savoir qu'il y a une réelle opportunité aujourd'hui pour que l'Egypte emprunte une nouvelle voie. Si un processus démocratique se mettait en place, on peut imaginer que les voix les plus radicales ou les plus antagonistes de la confrérie se feraient plus discrètes, tandis que les plus pragmatiques se verraient confier davantage de poids. Par ailleurs, on ne peut exclure qu'un parti politique issu de la confrérie voie le jour, à l'image de l'AKP en Turquie [Parti pour la justice et le développement, vainqueur des législatives et de la présidentielle turques en 2007], et présente un candidat à une présidentielle. 

 

Pour en savoir plus :

  

>>>> Plusieurs articles et publications universitaires de Joshua Stacher sont en ligne sur son site Internet.

 

>>>> A la veille des législatives de décembre, l'hebdomadaire marocain TelQuel enquêtait sur les divisions internes chez les Frères musulmans.



>>>> Une étude (PDF) de l'institut suisse Religioscope éclaire le rôle social et caritatif joué par la confrérie.

 

Propos recueillis par Mathilde Gérard

 

 

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Egypte : après Moubarak, les Frères musulmans ?

  

  

 

La montée en puissance des Frères musulmans, qui onttardé à rejoindre le soulèvement populaire, est-elle inéluctable ? L’avis de Patrick Haenni, spécialiste de l’islamisme égyptien.

 

  

Ils ont franchi le Rubicon. Très discrets au début du mouvement de révolte contre le régime du président Hosni Moubarak, les Ikhwan al-muslimin (Frères musulmans) ont fini par descendre eux aussi dans la rue. Et leur direction s’est décidée à appeler à des manifestations massives partout en Egypte jusqu’à la chute du régime.

Comment expliquez-vous l’attentisme des Frères musulmans quand la tempête s’est mise à souffler sur les rives du Nil ?

 

PATRICK HAENNIreconnu assez honnêtement que cette révolution menée par la jeunesse issue des classes moyennes n’est pas la leur. De plus, protester, c’est s’exposer, surtout pour les Frères. En 2008 déjà, lors des grands mouvements sociaux et des révoltes de la faim, ils avaient adopté une politique de profil bas face au pouvoir. Ils se méfient des manifestations de masse, dont ils paient souvent le prix, y compris au sens propre : quand s’abat la répression policière, il leur faut nourrir les familles des militants emprisonnés.


Pourquoi ont-ils finalement décidé d’accompagner le soulèvement populaire ?

Les Frères musulmans ont pris le risque d’entrer dans une logique de quitte ou double, de non retour, de fuite en avant pour en finir avec le régimeCar ils savent que si Moubarak parvient à reprendre le dessus, ils en subiront de terribles conséquences.

« C’est moi ou les barbus ! », n’a cessé de répliquer le président égyptien à ses interlocuteurs occidentaux. Les islamistes pourraient-ils profiter de la situation actuelle, comme le craignent les dirigeants israéliens ?

 

Force d’opposition la plus influente et la plus disciplinée, les Frères musulmans pourraient certes prendre le pouvoir à l’occasion d’un processus électoral démocratique. Mais considérer pour autant la confrérie comme une menace, c’est se tromper de cible. On ne va pas maintenir un pouvoir dictatorial sous prétexte que tous les Egyptiens ne sont pas convertis à la démocratie et que l’islam n’a pas encore vécu son Vatican II ! C’est le maintien de cette dictature qui renforce l’aile dure et conservatrice des Frères.

 

Entretien : Olivier Rogeau 

 

 

Sources Le Vif

 

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

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