Retour à Vichy

Publié le par Adriana EVANGELIZT

La France se pétainise. La France se vichycise ou vichyssise. La France se nazifie. La France, sous la férule de Sarkozy, est en train d'être montrée du doigt dans le monde entier parce que, tout à coup, il y a un "fort relent de fascisme" émanant des mesures anti-immigration et sécuritaires appliquées par notre cher président ! Le fascisme au président et la honte aux Français ! Tout ceci "ravivé par notre bonne bourgeoisie européenne" qui pense qu'en nous teintant de nazisme, elle va nous faire oublier la cruelle misère qui s'abat sur nous. Ca devient très grave et il va falloir que les Français secouent leur carcasse pour sortir de cette emprise nazifiante qui va virer au cauchemar, si ça continue. Depuis que Sarkozy est au pouvoir, nos trois piliers "Liberté, Egalité, Fraternité" ont pris un sacré coup de plomb dans l'aile. Le Déshonneur est à nos portes.

 

 

 

 

Retour à Vichy

 

 

Par Alex Lantier

 

 

 

Il y a un fort relent de fascisme émanant des mesures anti-immigration et sécuritaires qui sont appliquées par le président français, Nicolas Sarkozy. La politique et les méthodes que la population avait espéré voir une fois pour toutes disparaître avec les années 1930 et 1940 sont en train d'être ravivées par la bourgeoisie européenne qui cherche à gérer les conséquences de la crise économique mondiale.

 

Il n’y a pas d’exemple plus évident que la déportation de masse des Roms, une population jadis ciblée par les nazis pour l’extermination. Les nazis et leurs collaborateurs tuèrent entre 250.000 et 500.000 Roms. Les autorités collaborationnistes françaises de Vichy avaient raflé les communautés roms et enfermé leurs habitants dans des camps d’internement tels Jargeau, près d’Orléans.

 

Alors que les gouvernements européens n’encouragent pas encore l’antisémitisme et ce en partie en raison de la sensibilisation aux problèmes de l’Holocauste, ils encouragent et exploitent la haine anti-Roms.

 

D’autres mesures proposées par Sarkozy sont aussi directement empruntées à l’arsenal juridique fasciste. Après avoir pris la mesure d’interdire la burqa, le gouvernement cherche à déchoir de la nationalité française des citoyens naturalisés qui ont eu des démêlés avec la police. Le gouvernement menace également d’emprisonnement les parents de jeunes délinquants si leurs enfants violent les interdictions et les obligations auxquelles ils ont été soumis par le système judiciaire.

 

La dernière fois que la France a déchu des citoyens de leur nationalité pour des crimes non capitaux, a eu lieu sous le régime de Vichy qui avait révoqué 7.000 citoyens juifs de leur nationalité. Le fait de tenir des familles pour criminellement responsables des actes de leurs membres, politique nazie de la Sippenhaft, est condamné et qualifié de barbare depuis l’effondrement du Troisième Reich.

 

Bien que les femmes Roms et celles portant la burqa sont les premières dans la ligne de mire du gouvernement, sa cible ultime est l’opposition de la classe ouvrière tout entière à la politique de rigueur et à la guerre.

 

Le gouvernement a pillé l’économie dans l’intérêt de l’aristocratie financière. Après avoir orchestré un cadeau de 360 milliards d’euros aux banques et avoir, selon des allégations, bénéficié d’un financement pour sa campagne électorale de la milliardaire Liliane Bettencourt tout en lui faisant profiter d’abattements d’impôts, Sarkozy poursuit ses coupes budgétaires et les coupes dans le régime des retraites. Les médias réclament aussi que la France augmente ses dépenses militaires pour se préparer à des guerres de plus grande envergure au Moyen-Orient et en Asie.

 

Les mesures de Sarkozy sont des préparatifs visant à riposter par une répression violente à la résistance sociale provoquée par cette politique. Ces mesures sont soutenues par l’ensemble de l’establishment politique. Les critiques émanant de la « gauche » bourgeoise sont en grande partie faites d’un point de vue de droite. Le Parti socialiste et ses alliés se présentent comme des administrateurs de la police plus compétents que Sarkozy.

 

Les mesures spéciales que Sarkozy propose donnent à penser qu’il anticipe une confrontation avec les jeunes des cités de banlieue où vivent en grande partie des familles immigrées. Le gouvernement s’apprête à réagir par des emprisonnements et des déportations de masse. Lorsque de telles émeutes avaient éclaté en 2005, le président de l'époque, Jacques Chirac, avait décrété l’état d’urgence pour une durée de trois mois. Sarkozy, en tant que ministre de l’Intérieur, avait exigé que les étrangers ayant participé aux émeutes soient déportés.

 

La situation est pratiquement la même dans les autres pays de par le monde. Les gouvernements européens ont largement attisé des sentiments antimusulmans, souvent sous le prétexte de défendre les droits de la femme. Des interdictions nationales du port de la burqa ont été adoptées ou sont envisagées en Belgique, en France, en Italie et au Danemark, et aussi par des administrations locales en Espagne. L’année passée, à la suite d’un référendum, la Suisse interdisait la construction de minarets. Les implications réactionnaires considérables de telles mesures qui ont ouvert la voie à l’actuelle campagne droitière en France, apparaissent à présent au grand jour.

 

En Italie, qui déporte également les Roms, le ministre de l’Intérieur, Roberto Maroni, a salué les mesures de Sarkozy et reitéré une proposition d’expulsion de citoyens d’autres pays de l’Union européenne ne pouvant subvenir à leurs besoins. Cette politique a précédemment été refusée par la Commission européenne (CE). Toutefois, la CE accepte à présent les mesures ultra droitières de Sarkozy. Le porte-parole de la CE, Matthew Newman a déclaré que la commission considérait que les expulsions de grande envergure de Roms entreprises par le gouvernement français, ne correspondaient pas aux critères d’« expulsion de masse. »

 

Aux Etats-Unis, une bataille juridique est en cours au sujet d’une loi de l’Etat d’Arizona permettant à la police d’interpeller toute personne qui n’est pas en mesure de fournir des documents prouvant qu’il ou elle n’est pas un immigrant « sans papiers. » Cette loi, qui ouvrirait la voie aux déportations de masse, y compris d’immigrants en règle, est le résultat d’une campagne xénophobe et chauvine qui dure depuis des décennies et qui est organisée par certaines forces du Parti démocrate, tout comme du Parti républicain ainsi que de la bureaucratie syndicale.

 

A présent, le projet de construction d’un centre culturel musulman à deux blocs des tours du World Trade Center, détruites lors des attentats du 11 septembre, est devenu l’occasion de procéder au lancement d’une campagne fasciste contre les Musulmans.

 

Le fait que la bourgeoisie se dirige vers un régime d’Etat policier est un avertissement sérieux à la classe ouvrière. La défense des droits démocratiques ainsi que du niveau de vie de la classe ouvrière n’est possible que par la mobilisation indépendante de la classe ouvrière dans une lutte pour le pouvoir ouvrier et le socialisme.

 

A cet égard, l’intervention du Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI) lors des élections présidentielles en France en 2002 est une expérience cruciale. Contrairement à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) pabliste qui avait orienté sa politique sur une section de la classe dirigeante, le CIQI a vu ses positions entièrement confirmées.

 

Les élections présidentielles de 2002 en France avaient conduit à un deuxième tour entre Chirac et le candidat néo-fasciste du Front National, Jean-Marie Le Pen. Alors que des manifestations de masse se répandaient à travers la France entière, le CIQI avait appelé la classe ouvrière au boycott des élections comme meilleur moyen de lutter pour une rupture avec tous les partis bourgeois et pour le développement d’un mouvement politique indépendant, de la classe ouvrière. La LCR, au contraire, avait officiellement soutenu Chirac en appelant à voter « contre Le Pen », comme unique moyen d’arrêter la descente vers le fascisme.

 

Cette perspective d’une alliance avec une section de la classe dirigeante contre le néo-fascisme s’est révélée être une faillite complète. Le soutien de la LCR a contribué à donner au parti gaulliste de Chirac un vernis progressiste, ouvrant ainsi la voie à Chirac puis à Sarkozy et leur permettant d’imposer une série de coupes sociales contre les travailleurs tout en comptant sur le soutien tacite des syndicats et de la « gauche » bourgeoise. A présent, au moment où il cherche à intensifier ses attaques, Sarkozy est précisément en train d'adopter la politique préconisée par Le Pen, une politique que d'après la LCR, un vote pour les Gaullistes aurait empêchée.

 

(Article original paru le 25 août 2010)

 

 

 

 

Voir aussi :

France: Les mesures sécuritaires du gouvernements sont une menace pour le régime démocratique [26 août 2010]

France : Sarkozy fait la chasse aux Roms [10 août 2010]

 

 

 Sources WSWS



 

 Posté par Adriana Evangelizt

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans LES HOMMES DE LA BÊTE

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