Spanish Revolution : Yes we camp

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Viva Espagna ! J'ai bien entendu les appels... et laissez-moi vous dire que quelques têtes vont tomber au pays du flamenco, mon pays par mon paternel. Et après l'Espagne, cela va être le Portugal. Parce que les 26 milliards prêtés par le FMI vont acculer les Portugais à une misère noire. Précisons que ces 26 milliards font partie d'un plan global de 78 mds. Imaginez... pas besoin d'imaginer, c'est écrit noir sur blanc : Dans le cadre de cet accord, Lisbonne devra mettre en oeuvre d'importantes réductions de ses dépenses, relever la fiscalité, réformer son marché du travail et son système judiciaire et s'engager dans un AMBITIEUX PROGRAMME DE PRIVATISATION. Qui va trinquer ? Encore et toujours les Peuples. Les MESURES D'AUSTERITE devraient mettre le Portugal en récession cette année et l'an prochain, avec une baisse du PIB de 2% chacune de ces années. N'en  jetons plus, la cour est pleine !

 

Les "affameurs des peuples" du style FMI et Union Européenne sont en train d'étrangler les populations. N'oublions pas leur "plan" pour la Grèce se montant à 110 milliards et 85 pour l'Irlande.

 

Que les voleurs continuent de voler et que les assassins continuent de perpétrer leurs crimes, là, nous sommes dans une phase où le "nettoyage" est en cours. Une vague "cosmique" est en train de déferler vers notre Terre, comme expliqué dans la Prophétie de Peter Deunov. Et tous ceux qui ne sont pas conformes dans l'Esprit et la Conscience, comme les tristes sires qui font la pluie et le beau temps, ici-bas, vont subir les conséquences de leurs actes. Car, comme il est écrit : Les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers. Or, qui sont les derniers, dans ce pauvre monde ? Les Peuples.

 

Même si les Révolutions Arabes ont pris du plomb dans l'aile parce que le régime algérien continue sa répression, celui d'Egypte n'a rien amené aux Egyptiens et pour les Tunisiens, la Lumière ne brille toujours pas. Les Syriens ont à faire face à un Assad qui emploie les mêmes méthodes que les dictateurs arabes. En Libye, l'OTAN et ses complices continuent de massacrer les civils et de détruire les infrastructures. Sous toute cette partie du Moyen-Orient, le sol est en ébullition. Il paraît qu'il y aurait eu un séisme de 8.4 au large de la Libye et que cela aurait été censuré.

 

 

 

Ceci se serait produit le même jour que le tremblement de terre en Turquie, le 19. Voyez la video ICI. Il paraît que lorsque l'OTAN se déplace, la "machine à faire des tremblements de terre" est dans ses bagages. Il se pourrait bien que la Syrie et Israël tremblent aussi... les "Invisibles" derrière Obama sont en train d'accélérer la cadence. Ils savent qu'ils leur reste peu de temps avant que la Terre commence ses grandes secousses et que les Peuples du monde entier ne se révoltent de concert. Ils tiennent à asseoir leur suprématie et nous envoie quelques signaux. La façon dont ils ont exhibé Strauss-Kahn tel un animal de foire devrait nous interpeller, et ceci peu de jours après la grande farce de l'assassinat de Ben Laden trépassé depuis dix ans. Mais le pire est à venir.Une guerre contre la Russie et la Chine n'est pas impossible.  

 

Ce qui se passe en Espagne n'est que la continuation de la colère grecque. Le Portugal et l'Italie seront les suivants. Puis les peuples de  France, d'Allemagne et de Grande-Bretagne suivront et les révoltes se répercuteront vers les pays de l'Est. Déjà, en Angleterre, certains protestataires ont refusé de payer un impôt, 600 manifestants ont pris d'assaut un tribunal et ont été arrêtés sans ménagement. Quant aux Américains, depuis plusieurs mois, ils sont aussi en train de consolider leur mouvement de rébellion.

 

Le monde tel qu'il est actuellement doit s'effondrer. Et il s'effondrera.

 

 

 

Spanish Revolution : Yes we camp

 

 

par José Camarena

 

 

 

Des dizaines de milliers de personnes, surtout des jeunes, prennent, depuis le 15 mai dernier, les places de villes d’Espagne afin d’y installer des campements dont le but est d’organiser un rassemblement permanent qui mobilise le plus grand nombre autour de la revendication centrale : "une vraie démocratie, tout de suite".

 

Le mouvement, qui a connu une ampleur sans précédent grâce à la vitesse et à la capacité de diffusion qu’offrent les réseaux sur le Web, prend tout le monde de court : les politiciens ne savent plus comment aborder le phénomène, les sociologues se contredisent et les journalistes passent des comparaisons avec les révolutions arabes de l’hiver à de petits encarts très prudents qui reprennent simplement des dépêches d’agence aussi courtes que froides. Tout le monde semble rester sur la réserve, dans une attente de ce qui pourrait advenir d’un mouvement qui, par ailleurs, demande depuis jeudi 19 à s’étendre au niveau international, notamment par des slogans comme : "Peuple d’Europe, debout !". Que deviendra, en effet, ce mouvement dit "spontané", une fois que les élections de ce dimanche seront terminées ? Quel futur pour ces rassemblements dont les organisateurs veillent au maintien du caractère "assembléaire" des prises de décision, sur le côté non récupération possible de la part des partis politiques, l’importance de la non-violence et de la solidarité et qui, depuis quelques jours, se retrouve pris dans un débat autour de la question de savoir s’il faut favoriser l’abstention généralisée, voter pour des partis hors des deux grands (qu’ils rejettent en même temps que l’idée même de bipartisme avec des slogans comme "Vous ne nous représentez pas") ou se constituer, eux-mêmes, en plate-forme politique…

 

Le fait est que, depuis dimanche 15 mai dernier, le nombre de participants (malgré les conditions climatiques contraires) ne cesse d’augmenter, comme ne cessent de croître les villes participantes –de toutes les régions d’Espagne qui, tout à coup, forment un bloc hors les régionalismes et séparatismes dont les médias officiels sont si friands ; en même temps que les personnes de plus de trente ans prennent le pas, chaque soir, sur les jeunes qui surveillent les campements de fortune.

 

L’organisation est impeccable, la solidarité sans faille, les tournantes permettent à chacun de se reposer, de veiller à son hygiène et de rapporter des vivres (que des voisins et des sympathisants ramènent chaque matin aussi), tout en maintenant l’occupation des places à un niveau tel qu’on n’y remarque pas les absences.

 

Les organismes judiciaires responsables des élections ont interdit les rassemblements dans toutes les régions –sauf ceux de Valence ; à quoi les manifestants ont répondu par des pancartes affirmant que "dans ce pays, on peut voir des milliers de personnes se rassembler pour attendre Justin Biber ou une équipe de football, mais pas pour faire entendre des revendications légitimes, de manière pacifique."

 

Jusqu’à présent, la police, omniprésente aux abords des places –en dehors des incidents de dimanche- se tient à distance raisonnable et n’intervient pas. Il faut dire que les organisateurs ne laissent aucun doute qui postent sur youtube des vidéos avec leurs exigences vis-à-vis des participants aux rassemblements : pas de violence, pas de casseurs ni de provocation, sous peine d’enregistrement immédiat via téléphone mobile et présentation à qui de droit ; pas de dégradation de l’environnement et, donc, équipes matinales de ramassage et de nettoyage qui remettent lesdites places dans un état impeccable jusqu’à la tombée du soir. Ces mêmes organisateurs ont également insisté, depuis le début, sur le fait qu’ils ne voulaient pas de boissons alcoolisées pendant les protestas et que "le rassemblement n’est pas un botellon" (botellon étant ces assemblées de jeunes qui, les fin de semaine, se réunissent un peu partout dans les rues et les places d’Espagne, avec leurs bouteilles de bière et d’alcools).

 

Fait nouveau et d’importance : le mouvement, communément connu comme la #spanishrevolution, s’étend dans les grandes villes d’Europe et d’Amérique Latine, avec des rassemblements attendus ou déjà en place dans de nombreux pays –y compris quelques pays de l’ancien bloc de l’Est- et de nombreuses villes de Grande-Bretagne, France, Italie, Belgique, Allemagne, Mexique, etc. Des messages de sympathie des leaders de Tahrir commencent aussi à affluer, en même temps que les slogans, à Madrid, notamment, se font plus internationaux (tel ce "People of Europe, wake up, stand up", déjà cité plus haut).

 

Pour ce qui est des revendications et de l’ambiance générale, on se croirait revenu à l’effervescence du mai 68 parisien, avec des slogans inventifs, parfois ingénieux, toujours intelligents et des discussions enflammées, tout azimut, toujours sur des bases égalitaires, respectueuses et ouvertes. A lire leurs site, leur page sur les réseaux sociaux et le tweet postés, l’on se rend très vite compte que les organisateurs portent un mouvement –apparemment surgi du la lecture du livre de Stéphane Hessel "Indignez-vous", très rapidement traduit en Espagne et très rapidement un succès de ventes- qui est tout sauf apolitique, qu’il possède des racines bien implantées sur du solide (contrairement à ce que laisseraient penser certains médias ou certains dirigeants). Ainsi, même s’ils n’appuient aucun parti politique, affirmant qu’ils ne les "représentent pas", on les voit appuyer ATTAC, le Forum Social, les mouvements de lutte contre la pauvreté et la défense des cultures indigènes, tous les groupes anti-discrimination…

 

De fait, l’on remarque, les soirs d’occupation maximale, un grand nombre d’étrangers, de travailleurs immigrés, de comités de chômeurs, d’Okupas (Squatters), de Défense des sans-abris, de représentants des minorités et des organisations de gays et de lesbiennes d’Espagne, de défense de la Terre, des animaux et contre la corrida, etc.

 

Voici donc, pour plus de clarté, le texte qu’ils mettent en exergue sur Facebook et qui ne laisse aucun doute sur un mouvement qui, bien que ne se reconnaissant pas dans les politiques actuelles "la violence des puissants et des banquiers", n’en est pas moins idéologiquement teinté : " Nous exigeons la démocratie réelle, maintenant.  Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiciens et des banquiers. Nous accusons les pouvoirs politiques et économiques de la situation de précarité  dans laquelle nous vivons et exigeons un changement de cap. Nous convoquons chacune et chacun, en sa qualité de citoyen et de citoyenne, à sortir et occuper la rue le 15 mai, dès 18h, sous le mot d’ordre Démocratie Réelle MAINTENANT. Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiques et des banquiers. Nous t’invitons à te joindre au mouvement sans symboles politiques excluant, afin que l’on ne fasse entendre qu’une seule voix, unique. Unis, nous pouvons y arriver."

 

Les autorités politiques ont donc décidé que ce vendredi, veille de week-end électoral, tous les rassemblements seraient interdits et dispersés par les forces de l’ordre. Les organisateurs proposent déjà diverses techniques de résistance non-violente afin de continuer le campement, ainsi, depuis Barcelone, surgit l’idée de venir avec des œillets jaunes que les participants pourraient offrir aux policiers en cas de charge. Enfin, un site Internet reprend l’ensemble des "campements" et des rassemblements en Espagne et dans le monde où défilent, en temps réel, les événements qui s’y déroulent : yeswecamp.net

 

Bien sûr le mouvement n’a pas d’organisation au sens traditionnel du terme ; bien sûr, le contenu programmatique –le projet de société- est vague ou inexistant (avec des pans entiers qui ne sont pas encore abordés lors des assemblées, comme la Monarchie ou le rôle de l’Eglise dans la société, pour ne citer que les deux les plus actuelles dans l’Espagne et le monde d’aujourd’hui).

 

S’agit-il, pour autant, de mouvements dont il faudrait se "méfier" car facilement récupérables ou profitant aux "ennemis" de la démocratie parlementaire ? S’agit-il, pour autant, d’un mouvement sans lendemain et qui n’aura été, pour l’histoire, qu’une semaine d’ébullition et d’effervescence juvénile –une espèce de crise d’adolescence collective d’une société par ailleurs bien plus solide et mûre au niveau des ses institutions que ne pouvaient l’être celles des pays du Maghreb et du Makrech ?

 

Pour ce qui est de l’organisation, elle existe, bel et bien, même si sans hiérarchie établie une fois pour toutes. Il s’agit d’une organisation horizontale où les décisions se prennent en fonction des événements et toujours de manière collective. Apparemment, ce mode de fonctionnement "fonctionne" et, même si l’on peut avancer l’argument qu’il s’agit, ici, d’organiser quelques milliers de personnes autour de thèmes qui ne sont pas ceux de la vie réelle de qui veut gérer la Cité, on ne peut passer sous silence la question fondamentale que cela pose aux partis politiques en général : les partis politiques actuels et leur mode d’organisation, leur manière de communication et de représentation de la société, ne correspondent plus ni aux temps qui courent, ni à ce que les populations attendent –d’abord et avant tout en leurs couches les plus jeunes !

 

Il faudra en tirer les leçons et, dans ce sens, le mouvement, quoi qu’il arrive, n’aura pas été vain. Pour ce qui touche au contenu programmatique, à l’idéologie et au projet de société, il n’en va pas autrement : même s’il n’est pas rédigé, même si les termes ne font pas programme ni thèses de gouvernement, le contenu se trouve, de manière implicite, dans les mots d’ordre et les slogans : la société actuelle crée de l’injustice et des inégalités, des crises et de la violence ("la violence, c’est aussi 600 euros par mois") et, donc, la #spanishrevolution veut autre chose –notamment d’autres politiques qui abordent les "vrais" problèmes de société comme un toit et un emploi pour tous, plus de justice et de solidarité, plus de démocratie, moins de pouvoir à l’argent, aux banquiers et aux spéculateurs, plus de pouvoir au peuple.

 

C’est pourquoi leurs slogans sont clairs : "nous ne sommes pas des marchandises", "nous ne sommes plus des moutons", "notre force, nos mains", "politiciens, vous ne nous représentez pas", etc. Les idéaux sont clairs, les objectifs tracés à grands traits (comme autant de balises à des débats futurs), les limites clairement posées : il s’agit bien d’une véritable révolution. Toute la question est de savoir si tous les mécontentements se rejoignent dans ces mots d’ordre et si, d’aventure le changement se produisait, ils seraient susceptibles de s’entendre sur des objectifs même à minima…

 

Le grand mérite, en dehors de réveiller les consciences et de redonner au citoyen, aux sujets, la place centrale qu’il semblait devoir perdre dans le fonctionnement de la Cité, constitue bel et bien celui d’avoir su donner forme au mécontentement que les pouvoirs tentaient de taire à grand coups de télé-poubelle, de football milliardaire, de fêtes nocturnes, d’alcool et de drogues de synthèse (dont le marché ne cessait de grossir malgré les affirmations de lutte contre les différents cartels) ; c’est pourquoi ces slogans, à la Puerta del Sol : "éteignez les télés, allumez vos cerveaux", "plus d’emploi, moins de soirées arrosées (botellon)", etc.

 

En quelque sorte, ces rassemblements, qu’ils s’éteignent en tant que campements ou pas, continueront d’influencer, longtemps encore la politique Espagnole et Européenne : plus jamais ne sera comme avant car, effectivement, le "virus de Tahrir" a franchi la grande bleue et des jeunes ont réussi à donner forme à une révolte contenue, à élever au niveau politique ce qui n’étaient que frustrations et colères individuelles ou de clans. Ce simple fait est déjà révolutionnaire. Parce qu’en plus, ici, comme dans les révoltes de l’hiver, le véritable enjeu c’est l’indépendance et la démocratie, au sens noble du terme, qu’il s’agit de (re)prendre à bras-le-corps. Parce que, pour une fois depuis très longtemps, les citoyens font l’actualité, la rue fait la Une et les jeunes sont acteurs de leur propre présentau-delà du virtuel et des impératifs imposés par ceux qui nous dirigent et enfoncent dans la misère, la récession, l’absence de solidarités, la violence, l’individualisme et la médiocrité, soi-disant en leur nom et pour le bien de tous !

 

Le reste : Monarchie ou République, rôle de l’Eglise, Régionalismes, deviennent ce qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être : des points à l’agenda d’un futur différent dont il faudra discuter autrement pour décider collectivement et trouver des issues qui, quelles qu’elles soient, par pur effet de logique, seront bien différentes –opposées ou autres… Les corrompus, les pervers, les tout-puissants, les exploiteurs et les abuseurs auront des compte à rendre ou se souviendront de cette semaine du mois de mai 2011.

 

Ce retour de manivelle, dans des sociétés où seuls les puissants avaient droit au chapitre et demandaient des comptes (où beaucoup semblaient perdre espoir et s’abandonnaient à la résignation des répétitions les plus noires de l’histoire), ce retour de manivelle qui est aussi retour à la mémoire collective d’un peuple, est, en soi, déjà, véritablement révolutionnaire.

 

20/5/2011, du blog http://samesoule.wordpress.com/

 

Sources Le Grand Soir

 

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans REVOLUTION DES PEUPLES

Commenter cet article