Stéphane Hessel violemment attaqué pour sa critique d'Israël

Publié le par Adriana EVANGELIZT

 Un bel article de Pierre Haski qui explique bien ce que subit Stéphane Hessel par la horde sioniste. Voilà ce qu'avait écrit Pierre Taguieff à son sujet :

 

 « Quand un serpent venimeux est doté de bonne conscience, comme le nommé Hessel, il est compréhensible qu'on ait envie de lui écraser la tête. »

 

Leur grand mot, les juifs qui ne soutiennent pas la politique criminelle des dirigeants israéliens ont la "haine de soi". Encore une de leur invention. Celui qui a la haine de soi jusqu'à trahir et tuer sa conscience, c'est justement celui qui prend le parti des voleurs et des assassins. Tu ne voleras point. Tu ne tueras point. Alors quoi parce que mon père est espagnol, j'aurai dû soutenir Franco ? Et s'il avait été allemand, j'aurai dû aduler Hitler ? Mais où va-t-on ? Franchement, ces gens ont quelque chose de pas normal. Ils sont complètement dépassés, has been, d'une autre époque. Mais d'une époque révolue. Or, ils ne se rendent pas compte qu'ils ne font déjà plus partie de l'Evolution. Ils sont en pleine régression. Et ils voudraient que tout le monde régresse avec eux. Indignons-nous, comme dit Stephane Hessel. Indignons-nous devant ces méthodes d'un autre âge que même les Crô-magnons ne pratiquaient pas. Ils en étaient incapables, ils n'étaient pas aussi méchants qu'eux.

 

 

 

 

 

 

Stéphane Hessel violemment attaqué

 

pour sa critique d'Israël

 

 

par Pierre Haski

 

 

 

Les téléspectateurs de France 5 ont pu découvrir vendredi soir un délicieux nonagénaire porté par « l'audace de l'espoir » : Stéphane Hessel, ancien résistant, ambassadeur de France, militant de causes orphelines.

 

Au même moment, Stéphane Hessel fait l'objet d'une violente et pernicieuse campagne hostile. La raison : ses critiques vis-à-vis d'Israël.

 

La vie de Stéphane Hessel, qu'il a racontée avec minutie dans « Citoyen sans frontières », un livre d'entretiens avec Jean-Michel Helvig (éd. Fayard 2008), reprise dans ce documentaire de France 5, est une véritable épopée qui traverse le XXe siècle.

 

Né à Berlin de parents allemands, dont un père juif -c'est le couple mythique qui a donné le film « Jules et Jim » de François Truffaut-, il devient Français en 1937, s'engage dans la résistance, est capturé et torturé par la Gestapo, déporté à Buchenwald et Dora, avant de participer, à la Libération, à la rédaction de la déclaration universelle des droits de l'homme aux Nations unies naissantes.

 

Toute la vie de Stéphane Hessel, après ces débuts époustouflants, sera marquée du sceau de ces engagements avant tout humanistes, même s'il s'implique sur le tard en politique, d'abord mendésiste, puis au PS de François Mitterrand, et plus récemment en devenant, à l'age de 91 ans, candidat sur une liste Europe Ecologie aux dernières régionales…

L'appel au boycott des produits israéliens

Mais ce qui lui vaut la campagne hostile actuelle, c'est son engagement persistant, répété, contre la politique suivie par Israël vis-à-vis des Palestiniens, et son soutien à la campagne controversée en faveur du boycott des produits israéliens provenant des territoires occupés.

 

Et, pour délégitimer un homme ayant eu un tel parcours, une telle histoire, on l'accuse d'être un falsificateur, d'avoir la haine d'Israël et des juifs, la haine d'une partie de soi puisque son père était juif, même s'il ne se décrit pas comme juif.

 

La dernière attaque est venue d'un directeur de recherches au CNRS, Pierre-André Taguieff, qui s'est spécialisé dans le « nouvel antisémitisme », avec des livres comme « La Judéophobie des Modernes » (éd. Odile Jacob, 2008), « La Nouvelle propagande antijuive » (éd. PUF, 2010).

 

Ce qui rend la polémique étrange et résolument moderne, c'est que les accusations de Taguieff ont été portées non pas dans une publication du CNRS, mais sur… Facebook. Sur le « mur » du chercheur qui a depuis été fermé, mais sur lequel il avait écrit en octobre, paraphrasant Voltaire :

« Quand un serpent venimeux est doté de bonne conscience, comme le nommé Hessel, il est compréhensible qu'on ait envie de lui écraser la tête. »

 

Il remplaçait ensuite cette phrase par une autre :

« Il aurait certainement pu finir sa vie d'une façon plus digne sans appeler à la haine contre Israël joignant sa voix à celle des pires antijuifs. »

 

Depuis, accusations et contre-accusations se succèdent. Réactions indignées des défenseurs de Stéphane Hessel qui dénoncent un appel au lynchage et exigent des excuses du chercheur, et contre-attaque des amis de Taguieff qui font circuler -sur Facebook- une pétition contre « une campagne d'intimidation et de diffamation qui se développe contre lui, visant à le discréditer et à le faire taire » et en viennent à remettre en cause le passé de résistant de Hessel.

« Indignation à propos de la Palestine »

Que dit Stéphane Hessel pour susciter de telles polémiques ? Ecoutez-le d'abord à l'émission « Ripostes » de Serge Moatti, en 2008, confier ce qu'il pense du conflit israélo-palestinien et de l'attitude de la France dans ce dossier. (Voir la vidéo)

 

 

On retrouvera sa pensée sur le sujet, de manière plus précise encore, dans un petit livre (par le nombre de pages) qui sort ces jours-ci, intitulé « Indignez-vous ! ». Stéphane Hessel consacre deux pages à son « indignation à propos de la Palestine », revenant notamment sur la guerre de Gaza de 2009 et sur le rapport du juge sud-africain Richard Goldstone qui accuse Israël -et le Hamas- de crimes de guerre.

 

Stéphane Hessel écrit :

« Je partage les conclusions du juge sud-africain. Que des Juifs puissent perpétrer eux-mêmes des crimes de guerre, c'est insupportable. Hélas, l'histoire donne peu d'exemples de peuples qui tirent les leçons de leur propre histoire. […]

 

Je pense bien évidemment que le terrorisme est inacceptable, mais il faut reconnaître que lorsque l'on est occupé avec des moyens militaires infiniment supérieurs aux vôtres, la réaction populaire ne peut pas être que non-violente. […]

 

L'exaspération est un déni de l'espoir. Elle est compréhensible, je dirais presque qu'elle est naturelle, mais pour autant elle n'est pas acceptable. »

 

Ces prises de position, doublées de son soutien à l'appel au boycott des produits israéliens provenant des territoires occupés, qui lui vaut une mise en examen avec plusieurs autres personnes, sont au cœur de la campagne hostile qui le vise. Et qui prend un tour nauséabond, pour reprendre un mot chargé, lorsqu'on tente de semer trouble et confusion autour de sa biographie, et la réalité de son engagement pendant la guerre. C'est indigne et abaisse ceux qui utilisent ces arguments.

Critiquer Israël quand on a des origines juives : la haine de soi ?

Mais la question est plus vaste. Elle porte sur la manière de délégitimer toute personne qui critique Israël, surtout si elle a des origines juives : on ne peut être que dérangé ou avoir la haine de soi.

 

Nous évoquions ici-même récemment le cas de Charles Enderlin, le correspondant de France 2 à Jérusalem, lui-même Franco-Israélien, qui fait l'objet depuis dix ans d'une campagne personnelle pour son reportage, au début de la deuxième intifada, sur la mort à Gaza du jeune Mohamed al-Doura.

 

Pour avoir défendu Charles Enderlin, je me suis vu personnellement accuser par le principal détracteur d'Enderlin de relever de la « psychanalyse » et d'avoir conçu dans mon enfance la haine de moi-même et d'Israël : rien que ça.

 

Le cas de Stéphane Hessel est plus grave encore, en raison de sa stature morale reconnue, et qui est bien au-dessus de tous ses détracteurs. Pour minimiser l'impact de ses prises de position, il faut casser cette image et salir un homme.

 

Certes, Stéphane Hessel en a vu d'autres dans sa vie et s'est retrouvé face à des ennemis autrement plus redoutables ; et, de surcroît, un homme qui proclame « Indignez-vous ! » doit bien s'attendre à ses oppositions. Il n'empêche, on les aurait préférées plus dignes de l'homme et du sujet.

 

Sources Rue 89

 

Posté par Adriana Evangelizt

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