Video : Eric Cantona et le boycott des banques

Publié le par Adriana EVANGELIZT

 Eric Cantona est un homme de Conscience qui a compris le Système. On aimerait qu'il y ait un peu plus de sportifs et d'artistes qui suivent son exemple. Mais, malheureusement, comme on peut le constater chaque jour, ils sont pratiquement tous sourds, muets, aveugles et prostitués au pouvoir.

 

 

 

 

 

 

Le penalty de Cantona contre les banques

 

par Laurent Neumann

 

 

Tantôt moquée, tantôt méprisée, la théorie d'Eric Cantona pour faire s'effondrer le système, contrôlé par les banques, ne devrait pas être prise à la légère. Laurent Neumann nous en donne les raisons.

 

On aurait tort de ne pas prendre au sérieux l’appel qu’Eric Cantona, ex-footballeur de génie et acteur non moins talentueux, a lancé dans un entretien vidéo au journal régional « Presse Océan », mis en ligne sur Internet début octobre. Que dit-il ? « Pour parler de la révolution, on ne va pas prendre les armes, on ne va pas aller tuer des gens. Il y a une chose très simple à faire. Le système est bâti sur le pouvoir des banques. Donc il peut être détruit par les banques. S'il y a 20 millions de gens qui retirent leur argent, le système s'écroule (…). Au lieu d'aller dans les rues faire des kilomètres pour manifester, tu vas à la banque de ton village et tu retires ton argent. Trois, dix millions de gens, et là il y a une vraie menace. Le système s'écroule : pas d'arme, pas de sang, rien du tout. A la Spaggiari ». En clair, un penalty contre les banques.

A ce jour, environ 30.000 personnes, notamment sur la page du réseau social Facebook baptisée « Révolution ! Le 7 décembre, on va tous retirer notre argent des banques » , ont adhéré à cette idée et promis qu’à la date dite, ils iraient vider leur compte bancaire. C’est beaucoup et peu à la fois. Le clip, sous-titré en plusieurs langues et relayé sur de nombreux sites, a été visionné par plusieurs centaines de milliers de personnes, en France et à l’étranger, mais un petit millier d’internautes seulement ont « liké » la page « Cantona président en 2012 ». Le Grand Soir n’est visiblement pas pour mardi prochain.

Ce n’est pourtant pas une raison suffisante pour traiter Cantona par le mépris et son idée par dessus la jambe. Elle mérite un débat et, surtout, elle en dit long sur le lien de confiance entre les citoyens et les banques, entre les citoyens et les responsables politiques.

1) Eric Cantona a raison sur un point : si, demain, plusieurs millions de clients se ruaient dans leur agence bancaire pour retirer tous leurs avoirs, plusieurs banques menaceraient sans doute de s’écrouler et, avec elle, l’ensemble du système, bancaire et boursier, vacillerait. Par effet d’entraînement, l’économie tout entière serait en danger. Donc les entreprises, grandes ou petites. Donc les salariés et les épargnants. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’au début de la Grande Crise d’octobre 2008, les Etats ont tout fait pour « sauver » leurs banques, fut-ce à coup de dizaines, voire de centaines de milliards d’euros. Avec pour conséquence, on le sait aujourd’hui, des plans de rigueur d’une brutalité insoupçonnée.


2) Eric Cantona, dans son raisonnement, oublie cependant que des garde-fous ont été imaginés en cas de pareille panique. A commencer, en France, avec le système de l’assurance des dépôts. Si un établissement bancaire fait faillite, aussitôt l’Etat assure les dépôts des particuliers à hauteur de 70.000 euros par personne. Et peu de gens dispose de montants supérieurs sur leur compte…

3) L’ancienne vedette des Red devils de Manchester United appuie néanmoins là où ça fait mal. La défiance envers les banques est réelle. Les pouvoirs publics sont intervenus pour aider les banquiers - et, indirectement, les spéculateurs - alors même que ce sont eux qui ont conduit la planète financière dans le mur. Raison de ce sauvetage en urgence ? L’effondrement du système aurait été pire encore, non seulement pour les banquiers, mais aussi pour l’économie toute entière et, par ricochet, pour les peuples eux-mêmes. Il n’empêche : ces plans de sauvegarde himalayens ont fait naître un immense ressentiment.

4) Mais « King Eric », comme le surnommaient les journaux anglais, commet une énorme erreur d’analyse. Si son appel venait à être entendu par des millions de gens, si demain matin des queues se formaient aux portes des banques, la panique s’emparerait de l’ensemble des clients. Les banques, incapables de faire face, réclameraient alors un délai pour pouvoir rendre l’argent à leurs clients. Furieux, des usagers forceraient la porte de leurs agences bancaires pour qu’on leur rende leur argent coûte que coûte. Privé de crédit, des entreprises metteraient la clé sous la porte, jetant à leur tour des centaines de milliers de salariés dans la rue. Bref, Eric Cantona se trompe s’il croit qu’une telle opération se déroulerait dans le calme et la sérénité. Sa révolution « douce » est un leurre.

Elle pointe pourtant une réalité implacable : alors que les Etats se sont endettés plus que de raison pour sauver les banques d’une faillite programmée, ils n’ont pas fait le nécessaire pour changer les règles du jeu. La crise a maintenant deux ans et rien, ou presque rien, n’a été entrepris pour entraver l’inexorable marche en avant de la financiarisation de l’économie. L’argent reste encore et toujours la valeur cardinale de nos sociétés. Et tant que l’homme n’aura pas été remis au centre de tout, il se trouvera Eric Cantona ou un autre pour menacer d’ébranler le système tout entier.

 

Sources Marianne 2

 

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L'appel de Cantona à retirer son argent des banques

 

 fait des remous

 

 

L'appel, inspiré par l'ancien footballeur Eric Cantona, à retirer le 7 décembre l'argent déposé dans les banques a pris une telle ampleur sur internet que le gouvernement et les dirigeants du secteur montent au créneau contre une initiative "tragi-comique" voire "insécuritaire".

 

Postée sur le web le 6 octobre, la vidéo d'un entretien au quotidien Presse-Océan, dans laquelle l'ex-star de Manchester United prônait la "révolution" via une vague de retraits massifs dans les banques pour que "le système s'écroule", a fait depuis lors boule de neige sur le web.

 

L'appel a été relayé dans plusieurs pays et plusieurs langues par un site ad hoc et une page du réseau social Facebook, qui fixent au 7 décembre la date fatidique. Jeudi soir, plus de 30.000 internautes français s'étaient inscrits pour l'événement.

 

"Ce serait comique si ce n'était tragique", a déclaré jeudi le ministre du Budget et porte-parole du gouvernement, François Baroin, jugeant cet appel "pas sérieux".

 

"C'est un immense footballeur, pas sûr qu'il faille le suivre dans toutes ses suggestions non plus", avait lancé la veille la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.

 

Le porte-parole du Nouveau parti anti-capitaliste (NPA) Olivier Besancenot a en revanche jugé le projet "séduisant".

 

Longtemps silencieuse pour ne pas lui faire de publicité, la profession bancaire a aussi commencé à s'exprimer. "La recommandation de retirer les dépôts est totalement insécuritaire" tout en étant "complètement contraire à ce qui peut assurer le fonctionnement de l'économie", a estimé jeudi le directeur général de BNP Paribas Baudouin Prot.

 

Le président de la Fédération bancaire française (FBF), François Pérol, ne croit pas que l'appel "traduise un malaise" des Français, dont 99% possèdent un compte bancaire, mais estime qu'il "ne rend service à personne".

 

"Nous souhaitons que M. Cantona dise qu'il a dit ça par boutade", a renchéri Reine-Claude Mader, présidente de l'association de consommateurs Consommation, Logement, Cadre de Vie (CLCV).

 

"Le 7 décembre, je serai à la banque", a au contraire affirmé l'ex-footballeur mercredi sur le site du quotidien Libération.

 

Pour les deux fondateurs du site www.bankrun2010.com, Géraldine Feuillien et Yann Sarfati, ce mouvement doit permettre l'émergence de nouvelles banques qui, entre autres, "ne prêtent que les richesses qu'elles possèdent" et "où déposer notre argent tout en ayant la conscience tranquille".

 

"Si ça ne se plante pas le 7, cela se plantera de toutes façons", a déclaré à l'AFP jeudi Mme Feuillien, assurant que le but de l'opération "n'est pas de tout casser, mais de tout reconstruire".

 

"Ce corps mourrant qu'est l'économie d'aujourd'hui, qu'on l'achève!", a-t-elle lancé, tout en réfutant l'étiquette d'anarchiste.

 

A aucun moment l'argumentation du tandem ne repose sur l'état de santé des banques françaises. Or, c'est cette préoccupation qui a suscité les deux seuls exemples de retraits brusques et massifs durant la crise financière: ceux des banques Northern Rock au Royaume-Uni et IndyMac en Californie (Etats-Unis).

 

Le mouvement étant jusqu'ici virtuel, il est difficile d'en évaluer l'impact potentiel sur les banques. Pour M. Pérol, il ne constitue pas une menace pour les établissements français.

 

Néanmoins, le sujet est sensible. Tout effet de contagion peut être désastreux, car les fonds effectivement disponibles dans les agences n'ont pas de commune mesure avec les avoirs des clients.

 

Le Fonds de garantie des dépôts garantit les dépôts des épargnants jusqu'à 100.000 euros par déposant et par établissement en cas de défaillance d'une banque. Mais il ne disposait que de 1,6 milliard d'euros début 2010 alors que 270 milliards sont actuellement déposés sur les seuls comptes courants.

 

Sources Le Point

 

Posté par Adriana Evangelizt

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