Voile intégral: Boutih accuse Copé de mettre "la tension raciale" au coeur du débat

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Si on interdit le voile, alors on interdit aussi tous les signes distinctifs religieux qui font partie des tenues vestimentaires et permettent de reconnaître à quelle communauté appartient tel ou tel individu. Il n'y a pas de raison que l'on stigmatise les uns et que l'on fasse l'impasse sur les autres...

 

 

 

 

 

Voile intégral: Boutih accuse Copé de mettre "la tension raciale" au coeur du débat
 
 

 

 

Malek Boutih, membre du bureau national du PS, accuse le patron des députés UMP, Jean-François Copé, de "remettre la question de la tension raciale au coeur du débat politique" en France via l'interdiction du voile intégral, dans un entretien à Radio Orient.

 

Tout en préconisant lui aussi une loi d'interdiction du voile intégral dans tout l'espace public, il accuse la droite d'arrière pensées politiques, dans cet entretien diffusé dimanche.

 

"Aujourd'hui, (Jean-François Copé) est l'homme qui va remettre la question de la tension raciale dans ce pays au coeur du débat politique. Je connais Jean-François Copé. Il ne s'est jamais intéressé au combat pour le droit des femmes", affirme M. Boutih.

 

"Il a même été, pendant longtemps dans sa jeunesse, contre la laïcité. C'est pour lui l'opportunité de déclencher un discours à d'autres vocations politiques. Donc, je trouve que l'homme le moins approprié pour parler de la burqa s'appelle Jean-François Copé", ajoute-t-il.

 

M. Boutih "espère que, y compris au sein du gouvernement, y compris quelqu'un comme Fadela Amara, qui a une certaine autorité sur cette question, pointera du doigt le fait que si la loi passe, il ne peut pas être l'homme qui en retirera les lauriers. Parce que lui, au contraire, met en danger le caractère clair de ce débat".

 

Par ailleurs, amer de ne pas avoir obtenu la présidence de la Halde, pour laquelle il avait "l'accord" de Nicolas Sarkozy, Malek Boutih estime que le patron des sénateurs UMP, Gérard Longuet, "a dit tout haut ce que la droite pense réellement" en estimant qu'un tel poste devait revenir à quelqu'un du "corps français traditionnel".

 

"Ces gens-là considèrent que Nicolas Sarkozy a donné trop de place aux Noirs et aux Arabes. C'est cela leur vrai reproche. Et c'est une vraie offensive qui n'est pas que ponctuelle et qui va très loin. Je pense que le temps où la diversité était à la mode à droite, est fini", accuse-t-il.

 

M. Boutih "pense également que nous allons retrouver cette droite recroquevillée qui va revenir avec un discours très violent sur l'immigration, sur la diversité, sur les banlieues".

 

"Fadela Amara est très contestée, en permanence et dans son propre camp, Rama Yade est marginalisée, Rachida Dati, après avoir été la star du gouvernement, est celle qu'on ne veut plus voir sur les plateaux télé (...) Tout d'un coup c'est le corps français traditionnel qu'on veut remettre en avant", affirme-t-il.

 

"On voit la volonté d'arrêter ce métissage de la République et de la société française. Et surtout un enjeu électoraliste à court terme : récupérer les 10% que ferait le FN", poursuit-il.

 

Sources AFP

 

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LES HOMMES DE LA BÊTE

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