Washington prépare sa réponse face à la situation en Egypte

Publié le par Adriana EVANGELIZT

 

 

Washington prépare sa réponse

 

 face à la situation en Egypte

 

 

 

Face à l’attitude de Hosni Moubarak et la grave détérioration de la situation en Egypte, les Etats-Unis préparent leur réponse à cette crise qu’ils considèrent plus qu’un simple désaccord avec un allié.

 

La réponse des Etats-Unis  »dépendra des événements. Nous aurons à évaluer les choses en fonction de ce que compte faire le gouvernement égyptien », selon un haut responsable américain cité par le Washington-Post. C’est ainsi que plusieurs hauts fonctionnaires de plusieurs ministères et agences fédérales américains s’étaient réunis, mercredi à la Maison Blanche, pour  »coordonner le plan de réponse des Etats-Unis », indique la même source.

 

Outre l’examen de la question de l’aide américaine de 1,5 milliard de dollars prévue annuellement pour l’Egypte, des responsables du Pentagone et du Département d’Etat élaborent  »les différents leviers » qui pourraient être activés pour  »influer sur le cours des événements », fait savoir le quotidien de la capitale fédérale.

 

En déclarant qu’il restera au pouvoir jusqu’aux élections présidentielles de septembre, le président Moubarak aura rejeté l’appel du président Obama qui l’a exhorté à une transition  »immédiate » vers un gouvernement représentatif, souligne le Washington-Post. Bien que plusieurs responsables du gouvernement américain continuent à compter sur l’armée égyptienne pour rétablir le calme, ils considèrent  »probablement contre-productif qu’elle intervienne directement dans les batailles rangées qui ont éclaté entre les pro-Moubarak et les manifestants contestataires ».

 

Dans ce sens, ils émettent des craintes que l’armée, qu’ils qualifient de  »pilier de la stabilité », ne se divise en factions opposées entre pro et anti-Moubarak, et souhaitent la voir plutôt  »préserver sa stature de garante d’un gouvernement intérimaire ».  »La façon dont l’armée va se comporter dans les prochains jours va être essentielle pour déterminer si cette situation pourrait être sous contrôle », a déclaré un responsable au même journal : « Il est à craindre que si l’armée commence à se mêler de la sécurité intérieure, la situation ne se détériore davantage ». Selon eux, les 24 à 48 prochaines heures seront  »cruciales pour déterminer s’il y a un moindre espoir d’une résolution pacifique de la crise ».

 

Après avoir commencé l’évacuation d’un grand nombre de citoyens américains, le Pentagone est en train d’étudier plusieurs options en cas de crise humanitaire en Egypte. En outre, plusieurs contacts ont été entrepris durant ces dernières heures entre les responsables civils et militaires des deux pays: le chef des forces armées américaines Mike Mullen avec son homologue égyptien Sami Enan au sujet notamment du canal de Suez qui est un axe maritime stratégique pour la marine américaine, le secrétaire à la Défense Robert Gates avec son homologue égyptien, et la secrétaire d’Etat Hillary Clinton avec le vice-président Omar Suleimane qui est chargé d’ouvrir des discussions avec les chefs de l’opposition.

 

Pendant ce temps, l’ancien diplomate américain Frank Wisner, émissaire du gouvernement américain, a quitté le Caire pour Washington. De son côté, le New York Times considère que « le désaccord entre les Etats-Unis et l’Egypte montre comment les changements rapides et spectaculaires qui se sont produits au Caire ont modifié tous les calculs pour toute la région et pour l’ordre du jour de la politique étrangère américaine ».

 

Outre l’Egypte,  »il y a eu des bouleversements cette semaine chez d’autres proches alliés des Américains dans la lutte contre Al-Qaïda, et dans la longue lutte pour parvenir à une paix au Moyen-Orient », ajoutant que  »les responsables israéliens disent craindre qu’une sortie brutale de Moubarak ne mette en péril le traité de paix de 1979 entre l’Egypte et Israël ».  »Les responsables au Pentagone, au Département d’Etat, à la CIA et à la Maison Blanche préparent divers scénarios pour la région dans un effort de suivre les événements », selon ce journal.

 

 »Qu’adviendra-t-il de la guerre cachée américaine au Yémen si le président yéménite venait à être forcé de quitter le pouvoir? Le successeur de Moubarak apportera-t-il son soutien au processus de paix au Moyen-Orient? Est-ce que les bouleversements dans la région vont bénéficier aux extrémistes islamistes ? Qui cherchera à capitaliser ces soulèvements ? Cela va-t-il montrer la puissance du soulèvement laïque dans la rue arabe? ».

 

Pour les Etats-Unis, la crise est bien plus qu’un simple désaccord avec un allié:  »Avec les révoltes populaires en Egypte et au Yémen, et d’un gouvernement déjà déposé en Tunisie, les responsables de l’antiterrorisme américains s’inquiètent que les factions radicales dans ces pays ne trouvent un nouvel appui au milieu du chaos, alors que les Etats-Unis sont fortement tributaires des partenaires étrangers », souligne le New York Times. En somme, tel que l’a résumé le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, « une gamme de scénarios et d’événements sont en cours de discussions à travers plusieurs buildings de Washington ».

 

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Posté par Adriana Evangelizt

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