Lettre inédite de Sigmund Freud à Chaim Koffler, membre de la
Fondation pour la réinstallation des Juifs en Palestine (Keren Ha Yesod [1]), datée du 26 février 1930.
Traduction française de la lettre de Freud par Jacques Le Rider [2]
Prof. Dr Freud
Vienne, 19 Berggasse, 26 /2/1930
Monsieur le docteur,
Je ne peux pas faire ce que vous souhaitez. Ma réticence à intéresser le public à ma personnalité est
insurmontable et les circonstances critiques actuelles ne me semblent pas du tout y inciter. Qui veut influencer le grand nombre doit avoir quelque chose de retentissant et d’enthousiaste à lui
dire et cela, mon jugement réservé sur le sionisme ne le permet pas. J’ai assurément les meilleurs sentiments de sympathie pour des efforts
librement consentis, je suis fier de notre université de Jérusalem et je me réjouis de la prospérité des établissements de nos colons [3]. Mais, d’un
autre côté, je ne crois pas que la Palestine puisse jamais devenir un État juif ni que le monde chrétien, comme le monde islamique, puissent un jour être
prêts à confier leurs lieux saints à la garde des Juifs. Il m’aurait semblé plus avisé de fonder une patrie juive sur un sol historiquement
non chargé ; certes, je sais que, pour un dessein aussi rationnel, jamais on n’aurait pu susciter l’exaltation des masses ni la coopération des riches. Je concède aussi, avec regret, que le fanatisme peu réaliste de nos compatriotes [4] porte sa part de responsabilité dans
l’éveil de la méfiance des Arabes. Je ne peux éprouver la moindre sympathie pour une piété
mal interprétée qui fait d’un morceau de mur d’Hérode une relique nationale et, à cause d’elle, défie les sentiments des habitants du pays.
Jugez vous-même si, avec un point de vue aussi critique, je suis la personne qu’il faut pour jouer le rôle
de consolateur d’un peuple ébranlé par un espoir injustifié.
COMMENTAIRE
En août 1929, deux ans après la publication en langue arabe du Protocole des Sages de Sion, qui
allait donner naissance quelques années plus tard à un véritable antisémitisme dans le monde arabe, des émeutes survinrent à Hébron au cours desquelles des Palestiniens massacrèrent l’une des
plus anciennes communautés juives du Yishouv. Face aux revendications nationalistes de ce peuple, qui se sentait dépossédé de sa terre, les dirigeants des mouvements sionistes étaient divisés
sur la conduite à tenir. Les uns, comme Vladimir Zeev Jabotinsky considéraient que les Arabes étaient marqués par un déterminisme biologique qui leur interdirait toujours d’accepter la présence
des Juifs et qu’il fallait en conséquence construire un « mur d’acier » démographique entre les deux communautés, alors que les autres – militants de la gauche socialiste –
commençaient au contraire à prendre conscience de la nécessité d’une cohabitation. Aussi concevaient-ils l’idée de créer un Conseil législatif palestinien à parité entre Juifs et Arabes.
C’était « reconnaître aux Arabes un droit égal sur la Palestine, écrit Georges Bensoussan, concession de taille aux yeux des dirigeants juifs unanimement convaincus que le droit
historique des Juifs n’était pas comparable au droit de résidence des Arabes [5] ».
Ni les insurrections, ni les tueries, ni les violences, qui ne cessaient de s’amplifier, ne permettaient de
résoudre le terrible problème de l’accès aux lieux saints, interdits aux immigrants. Et si la presse hébraïque s’en prenait durement aux Juifs orthodoxes d’Hebron qu’elle accusait de s’être
laissés égorger sans résister, certains sionistes de droite, et notamment le célèbre Abraham Schwadron, archiviste et collectionneur d’autographes, en appelaient au respect des victimes sans
pour autant apporter la moindre solution à la grande tragédie palestinienne dont, soixante ans après la Shoah, nous sommes aujourd’hui les héritiers : « Les saints de Hébron,
écrit-il, […] qui, n’ont pas essayé de se défendre eux-mêmes, et n’ont pas cherché à tuer un seul de leurs assaillants, sont morts d’une mort absolument immorale [6]. »
C’est dans ce contexte que Chaim Koffler, membre viennois du Keren Ha Yesod, s’adressa à Freud pour lui
demander, comme à d’autres intellectuels de la diaspora, de soutenir la cause sioniste en Palestine et le principe de l’accés des Juifs au Mur des Lamentations. Il reçut aussitôt de celui-ci la
lettre publiée ici pour la première fois en allemand et en français dans une traduction de Jacques Le Rider.
À l’évidence, la missive du fondateur de la psychanalyse déplut aux membres du Keren Ha Yesod, puisque dans
une autre lettre adressée à Abraham Schwadron, Koffler souligne : « La lettre de Freud, malgré son authenticité et sa tonalité chaleureuse, ne nous est pas favorable. Et comme ici, en
Palestine, il n’y a pas de secret, il est probable qu’elle quittera la collection des autographes de la Bibliothèque de l’Université, pour être rendue publique. Si je ne peux être utile au
Keren Ha Yesod, je voudrais au moins ne pas nuire à sa cause. Si vous désirez, à titre personnel, lire ce manuscrit, pour ensuite me le rendre, je vous le ferais remettre par le docteur Manka
Spiegel qui doit effectuer un voyage touristique en Palestine. »
Schwadron répondit en hébreu à Koffler, à l’aide d’un post-scriptum ajouté à la lettre de celui-ci :
« Certes, il n’y a en Palestine aucun secret mais comme je ne suis pas naturalisé, ma collection ne reçoit pas d’aide et elle n’est guère consultée par le public […] Ni montrée, ni remise
à n’importe qui, c’est-à-dire, pour être plus exact, à un non-sioniste, cela relève de ma responsabilité : je vous “ordonne comme les messagers célestes (Daniel, 2/14) de vous hâter”. Je
vous promets, au nom de la Bibliothèque, qu’“aucun œil humain ne la verra [7] ” (Job, 7/8). »
La promesse qu’aucun œil humain ne verrait cette missive, jugée
désastreuse pour la cause sioniste, fut respectée pendant environ soixante ans. Mais, comme la meilleure manière de dissimuler une archive, c’est encore de la détruire, cette
lettre, du fait même du mystère qui pesait sur sa localisation et sur son existence, suscita de multiples rumeurs. Elle ne contenait d’ailleurs rien d’autre qu’un secret de polichinelle,
puisque Freud eut maintes fois l’occasion d’exprimer sur le sionisme, sur la Palestine et sur les lieux saints une opinion identique à celle adressée au Keren Ha
Yesod.
Ainsi, le même jour – 26 février 1930 – il envoyait à Albert Einstein une autre lettre qui
reprenait point par point la même argumentation : détestation de la religion, scepticisme à l’égard de la création d’un état juif en Palestine, solidarité envers ses
« frères » sionistes – qu’il appelait parfois ses « frères de race » – empathie enfin pour la cause sioniste, dont pourtant il ne partagera jamais l’idéal : « Quiconque veut influencer la foule, doit avoir quelque chose de retentissant et d’enthousiaste à
dire, et mon jugement pondéré et nuancé sur le sionisme, ne va pas dans ce sens. » Freud se déclarait fier de « notre » université et de « nos » kibboutzim, mais il ne
croyait pas à la création d’un état juif parce que, disait-il, les Musulmans et les Chrétiens n’accepteront jamais de confier leurs sanctuaires à des
Juifs : « J’aurais mieux compris que l’on eût fondé une patrie juive sur un sol vierge, non grevé historiquement ». Et il déplorait le « fanatisme irréaliste
de ses frères juifs » qui contribuait à « éveiller la méfiance des Arabes ». Et enfin : « Je ne puis trouver en moi l’ombre d’une
sympathie pour cette piété fourvoyée qui fabrique une religion nationale à partir du mur d’Hérode, et qui, pour l’amour de quelques pierres, ne craint pas de heurter les sentiments des
populations autochtones [8]. »
Pour bien marquer par ailleurs qu’il restait solidaire des entreprises sionistes – et
plus encore après la prise du pouvoir par les nazis – Freud n’hésita pas, à l’occasion du quinzième anniversaire de la création du Keren Ha Yesod, à envoyer à Leib Jaffé une
missive élogieuse : « Je veux vous assurer que je sais fort bien à quel point votre fondation est un instrument efficace, puissant et bénéfique pour l’installation de notre peuple sur
la terre de ses ancêtres […] Je vois là un signe de notre invincible volonté de vivre qui a jusqu’ici bravé deux mille ans d’oppression étouffante [9]. »
Mais, à son arrivée à Londres, en 1938, quand le représentant anglais du Keren Ha Yesod lui réclama une nouvelle lettre de soutien, Freud répondit encore
de façon négative. Les persécutions antisémites qui l’avaient contraint à quitter Vienne n’avaient en rien modifié son opinion. Il se sentait toujours aussi solidaire de son
peuple mais il continuait à détester toute forme de religion, y compris le judaïsme. En conséquence, il acceptait difficilement l’idée
qu’un état juif pût être viable précisément parce qu’un tel état, en se réclamant d’une sorte « d’être juif », ne pourrait nullement, à ses yeux, devenir
laïc.
En un mot, Freud assimilait le
mouvement sioniste dans son ensemble à une entreprise de rejudaïsation des Juifs, à une sorte de nouveau messianisme, plutôt qu’à une utopie socialiste ou à une
entreprise politique. Aussi préférait-il sa position de Juif de diaspora, universaliste et athée, à celle de guide
spirituel attaché à une nouvelle terre promise : « Tout en vous remerciant de m’accueillir en Angleterre, j’aimerais vous demander de ne pas me
traiter “comme un guide d’Israël”. Je souhaiterais être considéré seulement comme un modeste homme de science et d’aucune autre
manière. Bien qu’étant un bon Juif qui n’a jamais renié le judaïsme, je ne peux néanmoins oublier mon
attitude totalement négative envers toutes les religions, y compris le judaïsme, ce qui me différencie
de mes confrères juifs et me rend inapte au rôle que vous voudriez m’attribuer [10]. »
Freud n’ignorait rien du
grand mouvement de régénération des Juifs inauguré par les pères fondateurs du sionisme : Theodor Herzl et Max Nordau. Il connaissait les hommes et les idées. Mais,
bien qu’il n’eût jamais renié sa judéité, c’est-à-dire son sentiment d’appartenance non pas à la religion juive ou au judaïsme, mais à son identité de Juif
sans dieu, de Juif viennois assimilé – et de culture allemande – il ne concevait pas que le
retour à la terre des ancêtres pût apporter la moindre solution à la question de l’antisémitisme européen [11]. Et c’est
pourquoi, il préconisait le choix d’un autre territoire que celui des origines : un territoire neuf où l’on
ne soit pas contraint de mener de nouvelles guerres de religions. À cet égard, il eut l’intuition magistrale que la question de la
souveraineté sur les lieux saints serait un jour au centre d’une querelle presque insoluble, non seulement entre les trois monothéismes, mais entre les deux peuples frères résidant en Palestine [12]. Il redoutait à juste titre qu’une colonisation abusive ne finisse par opposer, autour d’un bout de mur idôlatré, des Arabes
fanatiques et antisémites à des Juifs intégristes et racistes.
On ne trouve chez Freud aucune des grandes imprécations qui ponctuent les discours de Nordau sur l’avenir du « nouveau Juif ». Freud ne regardait
pas les Juifs européens comme des êtres pathologiques, abâtardis par des siècles d’oppression. N’ayant jamais adhéré ni à la théorie de la
dégénérescence, ni à la psychologie des peuples, il ne pensait pas que seul l’ancrage dans une
terre était susceptible de doter les Juifs d’un corps biologique rénové ou d’un psychisme purifié de toutes les anciennes tares dûes à leur abaissement.
Bien au contraire, Il pensait qu’il y
avait dans la judéité intellectuelle, détachée de ses racines religieuses ou communautaires, quelque chose de « miraculeux et d’inaccessible à toute analyse ».
Ce quelque chose, ce « propre du Juif », il le décrira jusqu’à la publication de L’homme Moïse [13], non pas comme une
élection, ou comme un particularisme, mais comme un état transhistorique seul capable de conduire les Juifs à une véritable grandeur, c’est-à-dire à cette capacité inouie d’affronter les
préjugés de masse dans la plus haute des solitudes : « C’était seulement à ma nature de Juif que je devais les deux qualités qui m’étaient devenues
indispensables dans ma difficile existence. Parce que j’étais juif, je me suis trouvé libéré de bien des préjugés
qui limitent chez les autres l’emploi de leur intelligence. En tant que Juif, j’étais prêt à passer dans l’opposition et à renoncer à m’entendre avec la majorité compacte
[14]. »
La terre promise investie
par Freud ne connait ni frontière, ni patrie. Elle n’est entourée d’aucun mur et n’a besoin d’aucun barbelé pour affirmer sa
souveraineté. Interne à l’homme lui-même, interne à sa conscience, elle est tissée de mots et de fantasmes. Héritier d’un romantisme devenu
scientifique, Freud emprunte ses concepts à la civilisation greco-latine et à la Kultur allemande. Quant au territoire qu’il prétend explorer, il le situe dans un ailleurs impossible à cerner : celui d’un sujet dépossédé de sa maîtrise de l’univers, détaché de ses origines divines, immergé dans le malaise de son ego.
On comprend alors pourqoi Freud, Juif de la Haskala, eut, sa vie durant, le souci que la psychanalyse ne fût pas assimilée à une « science juive », c’est-à-dire, selon lui, à
une psychologie des particularismes et non à une théorie scientifique et universelle de l’inconscient et du désir. Freud ne voulait pas que sa doctrine fût enfermée dans un ghetto. Et pour bien démontrer qu’elle ne relevait en rien
d’un genius loci, il était prêt à tout, et notamment à confier à Carl Gustav Jung, c’est-à-dire à un non-Juif antisémite, la direction de l’International Psychoanalytical
Association (ipa) : « Nos camarades aryens nous sont bel et bien indispensables, écrit-il à Karl Abraham en 1908, sans quoi la
psychanalyse serait la proie de l’antisémitisme [15]. »
Mais le plus étonnant, c’est qu’en 1913, quand Jung quitta le cercle freudien pour créer son propre
mouvement, Freud, furieux et blessé, se laissa emporter. Pendant quelque temps [16], traversé par une sorte de crise de rejudaïsation imaginaire de sa doctrine, il déclara que seuls de bons Juifs, c’est-à-dire les disciples du
premier cercle de la MittelEuropa, seraient capables, à l’avenir, de mener à bien la politique de la psychanalyse. Finalement, c’est à Ernest Jones, seul non-Juif du Comité secret, que fut confiée la lourde tâche de diriger l’ipa.
On connaît la suite. En 1935, adepte de la thèse du « sauvetage » de la psychanalyse, Jones
accepta de présider, à Berlin, la séance de la Deutsche Psychoanalytische Gesellschaft (dpg) au cours de laquelle les non-Juifs furent contraints de démissionner. Par la suite, la psychanalyse fut décrétée « science juive » par les nazis qui mirent en œuvre un véritable programme de destruction, non seulement de ses praticiens non
exilés, mais de son vocabulaire, de ses mots, de ses concepts. Le qualificatif tant redouté par Freud ne s’appliqua qu’à sa doctrine et jamais aux autres écoles de psychiatrie dynamique fondées par des Juifs. Et c’est sans doute parce que
la psychanalyse était la seule à revendiquer cet héritage d’une judéité sans dieu, détachée de ses racines, et
donc patrimoine de l’humanité, qu’elle fut, en tant que telle, promise à l’extermination. Car quand on extermine le Juif parce qu’il est juif, on extermine l’homme lui-même.
Après avoir été soigneusement dissimulée, la lettre de Freud au Keren Ha Yesod connut un destin
chaotique. En 1978, elle fut citée en anglais dans un article consacré à Freud et à Herlz [17] et en 1991, après avoir été mentionnée dans un
hebdomadaire algérien qui cherchait à démontrer que Freud n’avait guère de sympathie pour le sionisme, elle fut traduite en anglais intégralement par Peter Loewenberg, psychanalyste américain
membre de l’IPA : celui-ci la publia accompagnée d’un commentaire de son crû, la jugeant antisioniste et assez peu lucide sur l’avenir : « Freud, disait-il, s’est trompé à
propos de sa prédiction, puisque l’état juif existe vraiment [18]… ». Loewenberg semblait oublier que si Freud était réservé quant à la
création en Palestine d’un état juif, il tenait toujours à marquer sa solidarité envers ses frères sionistes : qui aime bien châtie bien.
Alain de Mijolla jugea alors qu’il était nécessaire de faire connaître cette lettre en France :
« J’écrivis à Pierre Vidal-Naquet pour lui demander conseil. La non-distribution de ma lettre différa sa réponse mais un second envoi du document ne m’apporta en octobre 2002 que la
remarque : “Ce texte m’a prouvé que Freud ne partageait pas bien des illusions alors courantes”, puis, quelques jours plus tard, la suggestion “qui ne manquerait pas d’humour” de le
présenter à la Revue d’études palestiniennes. Je ne suivis pas ce conseil [19] […]. » Après que Pierre Vidal-Naquet eut pris
l’initiative d’envoyer lui-même le texte à la Revue d’études palestiniennes, Alain de Mijolla refusa de s’associer à une éventuelle publication : « Je ne voulais pas que
l’aihp [20] soit accusée de cet antisémitisme bien français dont les journaux étaient alors nombreux à faire la
dénonciation. J’espèrais donc qu’un ami juif serait le garant de l’intérêt purement historique d’un document dont rien d’extérieurement apparent ne justifiait la publication à ce moment
précis [21]. »
En avril 2003, le texte de Freud parut en italien dans une revue de Sienne et c’est alors que Le
Corriere della Sera, puis Le Monde, firent état, en juin, de son existence. La lettre en souffrance était donc enfin arrivée à destination.
En juillet, Mijolla eut la gentillesse de me solliciter pour que je lui donne un avis. Je lui répondis
que j’approuvais la décision de Vidal-Naquet mais qu’en ce qui me concernait, je pensais qu’une archive était une archive et qu’elle devait être impérativement rendue publique sans condition,
ni stratégie. Nul n’a le droit à mes yeux de dissimuler un texte de Freud, rédigé en 1930, sous prétexte qu’il risquerait de servir tantôt les intérêts d’un camp, tantôt la propagande d’un
autre.
NOTES
[*] Élisabeth Roudinesco, psychanalyste, historienne, ephe, université de Paris VII, 89 Avenue Denfert-Rochereau 75014 Paris.
[1] Keren Ha Yesod ou Keren Hajessod : organisme fondé en 1920 en vue de l’installation des
immigrants en Palestine.
[2] Le manuscrit original de Freud et la copie dactylographiée par un inconnu se trouvent à l’Université
hébraïque de Jérusalem dans la collection Abraham Schwadron. Je remercie Guido Liebermann qui m’a transmis l’archive ainsi que Michael Molnar du Freud Museum de Londres, Patrick Mahony et
Henri Rey-Flaud pour leurs précieux conseils.
[3]Nous traduisons ainsi Siedlungen – en anglais settlements – pour éviter le terme
plus concis de colonies qui prêterait à confusion dans ce contexte (NdT).
[4] Nous traduisons ainsi Volksgenossen pour éviter le terme péjoratif de congénères
que l’étymologie (genus) rapproche pourtant de Volk (NdT).
[5] Georges Bensoussan, Une histoire du sionisme 1860-1940, Paris, Fayard, 2002,
p. 627-629.
[6]Ibid., p. 715.
[7] Cette lettre du 2 avril 1930 fait partie de la collection Schwadron.
[8]Lettre de Sigmund Freud à Albert Einstein du 26 février 1930, citée par Peter Gay, Freud, une
vie, Paris Hachette, 1991, p. 688.
[9]Lettre de Sigmund Freud à Leib Jaffé, du 20 juin 1935, citée par Peter Gay, Freud, un Juif sans
dieu, Paris, puf, 1989, p. 118-119.
[10] Citée par Jacquy Chemouny, Freud et le sionisme, Paris, Solin, 1988, p. 127 et
266.
[11] Cf. Jacques Le Rider, Modernité viennoise et crises de l’identité, Paris, puf, 1994. Max Nordau 1849-1923, textes édités par Delphine Bechtel, Dominique Bourel, Jacques Le Rider, Paris, Cerf, 1996.
[12] Sur l’impossible résolution de la question des lieux saints, cf. Charles Enderlin, Le rêve
brisé, Paris, Fayard, 2003.
[13] Sigmund Freud, L’homme Moïse et le monothéisme, Paris, Gallimard, 1986. Dans cet ouvrage,
Freud émet l’hypothèse que ce quelque chose qui caractérise la judéité se transmet de façon héréditaire.
[14] Sigmund Freud, lettre du 6 mai 1926, Correspondance 1873-1939, Paris, Gallimard,
1967.
[15] Sigmund Freud et Karl Abraham, Correspondance 1907-1926, Paris, Gallimard, 1969. Je me
permets de renvoyer ici à l’article que j’ai consacré à l’itinéraire de Jung et dans lequel je montre que, contrairement à Freud, et parce qu’il était l’adepte de la psychologie des peuples
et d’unc conception différencialiste de l’inconscient, Jung se montra ultra-favorable à la création d’un état juif en Palestine. A ses yeux, en effet, seul l’ancrage dans un territoire
pouvait permettre à un Juif d’être un « vrai » Juif. Jung opposait ainsi les « mauvais » Juifs de la diaspora, nomades et parasites, aux « bons » Juifs intégrés
à une terre nourricière. Cf. « Carl Gustav Jung : de l’archétype au nazisme. Dérives d’une psychologie de la différence », L’infini, 63, automne
1998.
[16] Comme le montre notamment sa correspondance avec Karl Abraham et Sabina Spielrein.
[17] A. Falkš, « Freud and Herlz, » Contemporary
Psychoanalysis, vol. XIV, 3, 1978, p. 357-387. C’est à partir de cette traduction anglaise de l’original allemand, à laquelle je n’ai pas eu accès, que Jacquy Chemouni cite cette
lettre. Retraduite en français depuis une traduction anglaise, la version française, non intégrale, comporte plusieurs inexactitudes. Elle est en outre décontextualisée puisque l’auteur ne
mentionne ni le destinataire, ni la source archivistique. Cf. Jacquy Chemouni, Freud et le sionisme, op. cit., p. 96. Michel Molnar la cite en allemand dans Sigmund Freud,
Chronique la plus brève. Carnets intimes 1929-1939 (Londres, 1992), Paris, Albin Michel, 1992, p. 274.
[18] « A Sigmund Freud letter on the jewish holy place in Jerusalem », by Peter Loewenberg,
Los Angeles Psychoanalytic Bulletin, 1992. J’ai connu l’existence de cet article grâce à Arno Mayer.
[19] Lettre d’Alain de Mijolla à Elisabeth Roudinesco du 29 août 2003.
[20] Association internationale d’histoire de la psychanalyse fondée en 1985.
[21]Ibid.
Sources CAIRN
Posté par Adriana Evangelizt
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