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Eglise Catholique Romaine

Voilà un article TRES INTERESSANT où il est question de la conception de la femme par Paul de Tarse. Le voile pour les femmes est une invention d'Homme ainsi que les crânes rasés et les perruques. On a fait dire à Dieu ce que l'on a voulu et on a imposé de même. Est-ce que nos ancêtres femmes, les premières bipèdes, portaient des voiles ou se rasaient le crâne ?  Je dis ce que je pense sur un autre blog de ce qui est imposé aux femmes au Pakistan et du sort que je préconise pour tous les hommes qui maltraitent les femmes d'une manière ou d'une autre. Le problème qui se pose chez les "mentalités arriérés" ou primaires, c'est leur jalousie morbide. Ils ne supportent pas qu'un autre homme regarde leur femme alors qu'eux brillent rarement par la fidélité. Alors au nom de Dieu, on impoise voiles, burkas, crânes rasés, perruques mais ceci dit, la religion catholique par l'intermédiaire de Paul a ouvert la voie à la mysoginie, qu'on en juge par les propos de l'apôtre qui avant de virer chrétien, était avant tout pharisien.

Je ne permets pas à la femme d'enseigner, ni de prendre de l'autorité sur l'homme; mais elle doit demeurer dans le silence.

Car Adam a été formé le premier, Eve ensuite;

et ce n'est pas Adam qui a été séduit, c'est la femme qui, séduite, s'est rendue coupable de transgression.

Timothée 2: 12, 13, 14

Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur;

car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l'Eglise, qui est son corps, et dont il est le Sauveur.

Ephésiens 5:22, 23


Femmes, soyez soumises à vos maris,
comme il convient dans le Seigneur.

Colossiens 3:18


Je veux
aussi que les femmes, vêtues d'une manière décente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d'or, ni de perles, ni d'habits somptueux...
1Timothée 2:9

 

 

Paul et le voile des femmes



par Rosine LAMBIN




Première épître aux Corinthiens, 11 : 2-16.



2 Je vous félicite de vous souvenir de moi en toute occasion, et de conserver les traditions telles que je vous les ai transmises. 3 Je veux pourtant que vous sachiez ceci : le chef de tout homme, c'est le Christ ; le chef de la femme, c'est l'homme ; le chef du Christ, c'est Dieu. 4 Tout homme qui prie ou prophétise la tête couverte fait affront à son chef. 5 Mais toute femme qui prie ou prophétise tête nue fait affront à son chef ; car c'est exactement comme si elle était rasée. 6 Si la femme ne porte pas de voile, qu'elle se fasse tondre! Mais si c'est une honte pour une femme d'être tondue ou rasée, qu'elle porte un voile ! 7 L'homme, lui, ne doit pas se voiler la tête : il est l'image et la gloire de Dieu ; mais la femme est la gloire de l'homme. 8 Car ce n'est pas l'homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l'homme, 9 Et l'homme n'a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme. 10 Voilà pourquoi la femme doit porter sur la tête la marque de sa dépendance, à cause des anges. 11 Pourtant, la femme est inséparable de l'homme et l'homme de la femme, devant le Seigneur. 12 Car si la femme a été tirée de l'homme, l'homme naît de la femme et tout vient de Dieu. 13 Jugez par vous-mêmes : est-il convenable qu'une femme prie Dieu sans être voilée ? 14 La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas qu'il est déshonorant pour l'homme de porter les cheveux longs ? 15 Tandis que c'est une gloire pour la femme, car la chevelure lui a été donnée en guise de voile. 16 Et si quelqu'un se plaît à contester, nous n'avons pas cette habitude et les églises de Dieu non plus.1


Des trois grandes religions monothéistes, le christianisme a été la première à imposer le voile aux femmes en avançant des arguments strictement religieux, c'est-à-dire en incluant le voile dans une démonstration théologique. Dans les écritures monothéistes - la Bible hébraïque, le Nouveau Testament et le Coran - seule la première lettre de Paul aux Corinthiens (11/2-16) justifie le port du voile2 par les femmes en l'appliquant aux rapports qu'ont les hommes3 et les femmes à Dieu. L'intérêt particulier de ce texte est d'avoir généré tout un discours sur la tenue des femmes et de leur avoir durablement imposé de se couvrir la tête dans tout le monde chrétien alors que le voile des femmes n'était auparavant qu'une pièce de vêtement d'origine païenne localisée dans les villes des pourtours de la Méditerranée aussi bien en Occident qu'en Orient4. À la fin du XXe siècle, dans les pays méditerranéens, en Europe du Sud et en Orient chrétien, ainsi que chez les religieuses des trois grandes confessions chrétiennes, les femmes portent encore souvent un voile ou un foulard. De nombreux Pères de l'Église5, aussi bien en Orient qu'en Occident, ont repris et commenté le texte de Paul pour en garantir la portée législative universelle6. Dans le Coran, Dieu dit à Mohammed d'ordonner aux femmes de se couvrir et de rabattre leur vêtement sur leur poitrine pour que les hommes les respectent7, mais le texte n'inscrit pas cette démarche dans le rapport que doivent avoir les femmes à la divinité : le voile n'est que social. La coutume8, citadine et païenne, du voile des femmes acquiert avec Paul (v. 5-15/v. 62-64) un statut religieux et cultuel, ce que le judaïsme a évité9 et ce que le Coran n'a pas repris.


Le texte de Paul pose un problème majeur : l'apôtre a fondé, dans ses épîtres, une théologie cohérente, celle du salut en Jésus-Christ qui rend vaine tout autre espèce de justification par les œuvres, c'est-à-dire par l'obéissance à la lettre de la Loi de Moïse10. Cette libération rend tous les Chrétiens, sans distinction de sexe ou de statut social, égaux face à Dieu. En revanche, en écrivant son texte sur le voile des femmes, Paul contredit ouvertement sa propre théologie. Ce passage nous montre, en effet, que légitimer le voile des femmes avec des arguments aussi étranges les uns que les autres affaiblit un message religieux pourtant clair : les femmes font-elles partie du peuple des chrétiens et sont-elles donc sur le plan religieux les égales des hommes ? La théologie étonnamment libératrice de Paul n'a pu se débarrasser complètement des coutumes du monde auquel il appartenait marqué par la soumission de la femme. Il ne parvient pas à franchir le pas : il récupère en effet la coutume essentiellement païenne du voile des femmes pour contrôler les chrétiennes qui auraient pu croire que la liberté leur était offerte au même titre que les hommes. Il ne peut admettre que sa théologie puisse déboucher sur des conséquences pratiques : l'égalité entre les sexes.


Certains textes de Paul révèlent donc des contradictions internes que le passage de 1Corinthiens 11/2-16 sur le voile des femmes fait éclater au grand jour. Nous comparerons d'abord la pensée générale de Paul que nous appellerons « tradition théologique » avec l'opinion de Paul sur le statut particulier des femmes. Puis, nous montrerons que l'argumentation religieuse concernant le voile des femmes a des bases vacillantes : Paul ne réussit pas à articuler sa prescription du port du voile par les femmes avec sa tradition théologique. En effet, et ce sera notre troisième point, Paul récupère les usages païens du voile pour les imposer à l'Église ce qui le mène à renier les libertés nouvelles qu'il avait lui-même prêchées aux jeunes Églises. L'introduction du voile dans la religion chrétienne est donc fondée sur une articulation impossible entre la tradition théologique paulinienne et les coutumes de la soumission des femmes et du voile.




1. La tradition théologique de Paul et le statut de la femme

Le texte de Paul sur le voile des femmes traite un thème précis, celui de l'attitude vestimentaire pendant le culte. Paul ouvre et clôt son passage en mentionnant les « traditions » et « habitudes » de l'Église : « (2) Je vous félicite de vous souvenir de moi en toute occasion, et de conserver les traditions telles que je vous les ai transmises. (...) (16) Et si quelqu'un se plaît à contester, nous n'avons pas cette habitude et les églises de Dieu non plus »11. Le v. 2 parle de traditions que Paul auraient transmises. Les commentateurs contemporains de la première lettre aux Corinthiens se sont souvent demandé si Paul faisait allusion à des coutumes juives, romaines, hellénistiques, ou locales. Mais aucune des coutumes vestimentaires connues à l'époque n'est aussi complètement tranchée que la volonté de Paul qui, tout en ordonnant aux femmes de se couvrir, soutient qu'il est déshonorant pour les hommes de le faire et de porter des cheveux longs.


Au premier siècle, les coutumes juives, romaines et grecques concernant les coiffures féminines et masculines que Paul connaissait bien étaient diverses. La Loi juive du Pentateuque ne donnant aucune directive sur le sujet, les femmes juives se coiffaient généralement selon les coutumes du lieu où elles habitaient12 et les hommes avaient non seulement l'habitude de se couvrir lorsqu'ils lisaient ou officiaient au Temple, mais aussi lorsqu'ils sortaient. Dans le monde méditerranéen, les femmes mariées vivant dans les villes se couvraient générale-ment soit de leur manteau ( himation, palla), soit d'un voile, pour sortir dans la rue en signe de soumission à leur époux. La mode variait cependant selon les régions. Dans les villes portuaires comme Corinthe, à cause de l'abondance des échanges culturels, on trouvait toutes les modes possibles13 aussi bien chez les hommes que chez les femmes qui allaient soit couverts soit découverts. Dans les campagnes les femmes allaient souvent tête nue sans doute parce qu'elles avaient besoin de plus de liberté de mouvement pour accomplir leurs tâches ce que les grands manteaux et les drapés dans lesquels les citadines s'enveloppaient aurait rendu difficile.



Dans les coutumes que Paul a connues, lorsque le voile des femmes est fortement attesté, comme dans sa ville natale, à Tarse, dans la Turquie ancienne14, il n'y a généralement pas obligation pour les hommes d'avoir la tête découverte pour prier15. Le v. 4 contredit ouvertement les coutumes juives, puisque les hommes juifs se couvraient et ne désapprouvaient pas la chevelure abondante16. Paul a sans doute voulu démar-quer la jeune communauté chrétienne des coutumes juives pour mieux l'ouvrir aux Grecs, dans un esprit comparable à celui de sa lettre aux Galates qui sépare définitivement le rite de la circoncision juive des pratiques chrétiennes. Il est donc vain de chercher dans les « traditions transmises » du v. 2 une référence à une coutume existante précise.


Lorsque l'on considère les écrits de Paul dans leur ensemble, il devient possible de soutenir que ces traditions (v. 2), dont Paul souligne lui-même qu'il les a transmises, sont essentiellement les siennes17, celles de sa théologie du salut en Jésus-Christ, celles de l'égalité entre les baptisés18, celles de la liberté des chrétiens par rapport à la Loi juive et aux coutumes du monde19. Ces traditions proprement pauliniennes ne concer-nent donc pas à priori le voile des femmes. Il semble donc que, dans 1Corinthiens 11/2-16, Paul tente de concilier deux thèmes bien différents : celui de sa tradition théologique et celui des coutumes du monde dont fait partie le voile. La tradition de l'égalité entre les baptisés et de la liberté chrétienne était certainement connue des Corinthiens avant qu'ils eussent reçu leur épître20. Une partie de l'Église de Corinthe, en effet, s'est sans doute servi de la tradition théologique de Paul, soit pour combattre la coutume établie du voile, soit pour éviter qu'elle ne s'établisse dans la communauté. Paul écrit ce passage parce qu'il considère qu'il y a un problème dans l'Église de Corinthe21 et ses félicitations du v. 2 suggèrent que ce sont les traditions mentionnées, c'est-à-dire les siennes, qui en sont l'origine. C'est pourquoi l'exercice de Paul se résumera à tenter de corriger sa propre tradition tout en évitant de la contredire, dans le but de maintenir la coutume du voile, qu'il faudra donc christianiser. Inutile de dire que l'exercice est périlleux.


Comparer Galates 3/27-28 et 1Corinthiens 12/13 puis 2Corinthiens 3/7-18 et 1Corinthiens 11/7 permet de compren-dre le problème de Paul vis-à-vis de ces femmes qui perturbent sa théologie. La lettre de 1Corinthiens comporte plusieurs passages qui hésitent entre la fidélité à la tradition théologique de liberté pour tous et l'adhésion à des coutumes prônant l'inégalité entre les sexes. Paul déclare dans Galates 3/27-28 : « Oui, vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n'y a plus ni Juif, ni Grec ; il n'y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n'y a plus l'homme et la femme ; car tous vous n'êtes qu'un en Jésus-Christ »22. Dans 1Corinthiens 12/13, passage qui suit le nôtre de près, Paul donne un texte extrême-ment proche de celui de Galates sans y mentionner l'égalité entre les sexes, certainement pour éviter de contredire le chapitre précédent : « Car nous avons tous été baptisés dans un seul esprit pour être un seul corps, Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit »23. Que ce soit l'un ou l'autre passage qui ait été modifié par rapport à sa source24 revient au même quant au sens : ce qui est octroyé à l'homme est retiré à la femme et chaque texte donné sert Paul dans son argumentation du moment. Pourtant, dans les deux textes, Paul expose sa théologie de l'égalité entre les baptisés. Ce que la lecture parallèle de Galates et de 1Corinthiens 11-12 démontre est que cette égalité n'est pas toujours la même pour tous. Dans Galates, Paul libère les hommes de la Loi en les affranchissant de la circoncision, ils n'ont pas plus d'obligations que les femmes face à la Loi judaïque : les hommes sont les égaux des femmes et le baptisé sans spécification de sexe revêt Christ comme un nouveau vêtement. Dans 1Corinthiens, Paul impose une loi nouvelle aux femmes en les soumettant à la coutume du voile, le port de ce vêtement leur donne un statut inférieur par rapport aux hommes dans leur relation à Dieu25 : tous les baptisés sont égaux, en somme, sauf les femmes26. Si l'homme a les mêmes droits religieux que la femme, la femme n'a pas les mêmes que l'homme. Le voile des femmes est un vêtement de trop dans la théologie de Paul sur la liberté et l'égalité souveraine des Chrétiens.


Dans les deux textes de 2Corinthiens 3/7-18 et 1Corinthiens 11/7 Paul utilise exactement le même vocabulaire ( eikôn et doxa) dans un même contexte, celui du culte. 2Corinthiens 3/18 dit : « Nous tous qui, le visage dévoilé, reflétons la gloire ( doxa) du Seigneur, nous sommes transfigurés en cette même image ( eikôn), avec une gloire ( doxa) toujours plus grande, par le Seigneur qui est Esprit »27. Mais 1Corinthiens 11/7 corrige : « L'homme, lui, ne doit pas se voiler la tête : il est l'image ( eikôn) et la gloire ( doxa) de Dieu ; mais la femme est la gloire ( doxa) de l'homme »28. Outre le fait que Paul, ancien Pharisien qui connaissait par cœur les textes de la Torah, ait sciemment modifié le vocabulaire de sa référence biblique29, les deux textes de 2Corinthiens et de 1Corinthiens peuvent facilement se lire l'un contre l'autre : Paul corrige le texte, sans doute plus ancien, de 2Corinthiens 3/18 qui aurait pu être interprété par les chrétiennes de Corinthe de façon subversive. En effet, dans 2Corinthiens 3/7-18, Paul met en rapport la tête découverte et la relation immédiate avec Dieu : les chrétiens dévoilés, hommes et femmes, reflètent la gloire de Dieu et sont transfigurés dans son image. La spécificité du christianisme par rapport au judaïsme30 est, pour l'Apôtre, d'avoir ouvert la voie au véritable face-à-face avec Dieu et d'avoir inauguré une relation nouvelle, une Nouvelle Alliance, entre la divinité et ses créatures. Dans 1Corinthiens 11/7, en revanche, l'homme seul est la gloire et l'image de Dieu, c'est pourquoi il ne doit pas mettre de voile. Le voile représente donc une distance par rapport à Dieu : soit chez les femmes, parce que c'est l'homme qui a le monopole du rapport direct avec la divinité, soit chez les Juifs qui n'ont pas reconnu le Christ et qui ne détiennent donc pas la révélation divine complète et immédiate que leur dispense l'Esprit ( 2Corinthiens 3/7-18). Les femmes chrétiennes doivent ainsi passer par l'intermédiaire de l'homme pour accéder à une relation avec Dieu même si dans 2Corinthiens 3/7-18 la caractéristique de tous les Chrétiens est justement d'être libres du voile séparateur et de prier le front découvert. Entre 2Corinthiens 3/7-18 et 1Corinthiens 11/2-16, la contra-diction est évidente. C'est pourquoi la signification du voile l'est aussi. Renoncer à sa tradition théologique de liberté en ce qui concerne les femmes mène Paul à formuler des arguments qui contredisent le cœur même de sa foi.

2. Une argumentation théologique impossible

Si la tradition théologique concernant l'égalité et la liberté des chrétiens est bien attestée, Paul n'ose plus la confirmer dans 1Corinthiens 11/2-16, sans doute parce qu'il s'agit des femmes dont l'état de soumission semble, pour des raisons inexprimées, impossible à contourner. D'ailleurs, plus loin, dans 1Corin-thiens 14/34-36, Paul restreindra une fois de plus les libertés qu'il avait octroyées en interdisant aux femmes de parler dans les assemblées et abrogera leur droit de prophétiser pourtant mentionné dans 1Corinthiens 11/2-1631. Cette tension entre la tradition théologique de Paul et les coutumes de la soumission des femmes qu'il veut maintenir dans le christianisme naissant le conduit à soutenir des absurdités pour justifier le port du voile par les femmes.

Au v. 3, par exemple, il affirme que Dieu a établi un ordre32 dont la hiérarchie des sexes ferait partie. Celui-ci se décomposerait ainsi (les éléments sont liés entre eux par le mot kephalê - chef, tête - qui signifie « supérieur » puisque Paul insiste, dans notre passage, sur la nécessité de la subordination féminine33) : l'homme serait supérieur ( kephalê) à la femme, comme le Christ est supérieur à l'homme (sexe masculin) et Dieu supérieur au Christ34. Mais l'idée de l'infériorité du Christ par rapport à Dieu n'est pas la pensée habituelle de Paul. Si, au contraire, l'homme et la femme étaient égaux dans leurs différences comme le Christ l'est de Dieu, que dire de la relation entre l'homme et le Christ ? D'autre part, si le Christ était appelé chef de l'Église qui est son corps, comme dans Ephésiens 5/23 et Colossiens 1/18, l'énigme s'en verrait réduite ; mais, dans quel sens le Christ peut-il être appelé, dans 1Corinthiens 11/3, chef de l'homme, à savoir non pas de tous les chrétiens ou de l'humanité entière ( anthropos), mais de tout homme de sexe masculin ( aner)35 ? De toutes façons, dans les épîtres pauliniennes dont l'authenticité est certaine, le Christ n'est pas la tête du corps et l'idée du corps implique une égalité de tous les membres, non une hiérarchie36. Ce qui pourrait expliquer pourquoi au v. 7, l'ordre hiérarchique élaboré au v. 3 perd l'une de ses têtes : le Christ. L'homme n'a soudain plus d'intermédiaire entre lui et Dieu, alors que la femme conserve toujours celui de l'homme entre elle et Dieu, ce qui démontre qu'au v. 3, le Christ ne joue aucun rôle. La confusion de Paul est nette.


Les fameux anges du v. 10 sont tout aussi étranges. Pourquoi la femme doit-elle soudain se couvrir « à cause » d'eux dans 1Corinthiens 11/10, alors que dans 1Corinthiens 6/3 tous les Chrétiens, sans distinction de sexe, devront un jour juger les anges ? L'insertion de ces anges au v. 10 ne se rattache à rien. Le texte ne donne aucune indication quant à leur statut, ne précise pas s'ils sont bons ou mauvais37 et si la femme doit, en portant le voile, les révérer ou s'en protéger. Savoir qui sont ces anges n'a d'ailleurs pas d'importance38. En revanche, ils modifient, sans doute malgré eux, le statut de l'homme et de la femme : la femme obtient une autre dimension en portant un couvre-chef, car, si elle devait auparavant le porter à cause de l'autorité de l'homme (v. 2 à 9), ce n'est plus à cause de lui - ou, du moins, de lui seul - qu'elle doit se couvrir, même dans le cas où elle devrait se protéger contre des mauvais anges afin de conserver sa pureté. L'homme a soudain besoin du concours surnaturel des anges pour que les femmes se couvrent dans les assemblées. C'est la première étape que Paul choisit pour donner au voile féminin un statut religieux, c'est-à-dire pour le rendre nécessaire à la femme dans sa relation avec le divin.


Dans ce même v. 10, l'emploi du mot exousia pour désigner la coiffure de la femme est aussi un mystère qui montre à quel point Paul était troublé. Ce mot signifie puissance, liberté, pouvoir, autorité, indépendance et, en grec, n'a jamais le sens d'une domination subie. D'ailleurs, dans toutes les autres épîtres de Paul, ce mot a le sens actif39. Au cas où Paul aurait employé exousia avec son sens habituel, la femme porterait un couvre-chef en signe de son indépendance, de son autorité et de sa liberté. Cependant, le contexte plaide en faveur de la traduction passive du mot : subir une autorité, celle de l'homme qui est chef. Mais alors, pourquoi Paul aurait-il employé un mot qui précisément n'est jamais passif pour exprimer le contraire40 ? Nous pensons que l'emploi de ce mot manifeste l'hésitation de Paul entre sa tradition théologique et la coutume du monde : l'apôtre ne peut se résoudre à rabaisser la femme complètement, mais ne peut non plus se décider à lui accorder la liberté dont la tête découverte est un signe41. Cette ambivalence est à nouveau développée aux v. 11 et 12. En effet, après avoir insisté sur la subordination de la femme aux versets précédents, Paul semble modifier ce qu'il a dit (v. 11) : « Pourtant, la femme est inséparable de l'homme et l'homme de la femme, devant le Seigneur »42. Paul paraît suivre la pensée de Galates 3/28 qui s'inspire de Genèse 1/26-27 : en Christ, image de Dieu, l'égalité fondamentale et première entre les sexes est recréée et les inégalités entre hommes et femmes sont surmontées. Mais le v. 12 présente une certaine curiosité : là où l'on se serait plutôt attendu à une référence christologique pour justifier l'égalité de l'homme et de la femme, comme dans Galates, le Christ disparaît et Paul reprend l'idée de la création émise au v.8 en opposant la création unique de la femme en Genèse 2/21-23 à la naissance naturelle de l'homme : « Car si la femme a été tirée de l'homme, l'homme naît de la femme et tout vient de Dieu »43. Le v. 12 est donc la correction des v. 8 et 9. L'expression « devant le Seigneur » du v. 11 n'apparaît alors que comme un effort de christianisation de la démonstration. Elle rejoint la conclusion : « tout vient de Dieu » qui tente, sans vraiment y réussir, de redonner une unité, une logique, au fait que la femme soit originellement sortie de l'homme alors que la nature témoigne que c'est de la femme que sortent les hommes. Ces corrections successives et ces obscurités au sein même de notre texte rendent l'argumentation de Paul incompréhensible.


3. Paul face aux coutûmes païennes

L'incapacité de Paul à justifier le port du voile par les femmes d'une manière cohérente et adaptée à sa théologie est, en revanche, compréhensible : d'une part, ce signe de la soumission des femmes à l'homme appartient aux coutumes païennes que Paul voulait justement combattre et d'autre part, la tradition théologique de Paul n'est pas faite pour s'adapter à de telles coutumes. En effet, pouvait-il libérer les chrétiens de la Loi, et en même temps, sans se contredire, édicter une autre loi absolument inconnue de la loi de la Torah ? En effet si celle-ci n'a jamais demandé aux femmes de porter le voile ni de se taire dans les assemblées, ces coutumes étaient pratiquées dans certaines communautés juives à l'époque de Paul. Cependant sur ce point le texte de Paul est bien plus sévère que tout ce que l'on peut trouver dans le judaïsme.


Le fait que le voile des femmes ne soit pas mentionné en tant qu'obligation dans la Bible hébraïque et qu'il n'ait fait l'objet d'écrits dans les religions monothéistes qu'à partir du commencement de l'ère chrétienne est d'ailleurs ce qui permet de confirmer, avec l'aide de nombreux documents issus des régions du pourtour de la Méditerranée, que le voile des femmes a une origine païenne44. Paul est donc bien celui qui introduit véritablement le port du voile des femmes dans la tradition monothéiste en en faisant une loi religieuse qui implique la relation à Dieu (v. 13). Pourtant Paul insiste souvent dans ses épîtres sur le fait que les chrétiens doivent se comporter différemment des païens, mais il ne fait jamais mention du voile des femmes dans le paganisme à l'inverse de Tertullien qui, en reprenant le commandement de Paul, donne en exemple aux chrétiennes les païennes et les juives qui se voilent45. Au contraire, pour se défendre de tout emprunt au paganisme, Paul place son apologie de 1Corinthiens 11/2-16 en faveur du voile entre deux autres passages condamnant l'idolâtrie pour bien montrer que le voile est un objet tout à fait chrétien ( 1Corinthiens 10/14s. ; 12/1s).


Paul n'a cependant pas pu s'empêcher, pour justifier le voile, d'emprunter certaines de ses idées au paganisme. Tout d'abord, le port du voile lui-même. Lorsque Paul dit au v. 13 : « est-il convenable qu'une femme prie Dieu sans être voilée ? », nous sommes en droit de nous demander si Paul, citoyen romain et grand voyageur, pouvait ignorer l'existence du voile rituel dont à Rome, pendant la prière et le sacrifice46, les hommes et les femmes47 se couvraient en signe de dévotion. Le voile sacrificiel romain est un élément indispensable du rite et signifie la consécration aux divinités de la personne qui le met48, son initiation, sa mise à part, sa séparation d'avec le monde profane : c'est la consecratio capitis ou obnubilatio capitis. Le rituel vestimentaire du mariage romain où l'on voile la fiancée, conservé dans l'usage chrétien et étendu à la cérémonie de consécration des vierges chrétienne au IVe siècle49, exprime la même idée : la fiancée est initiée au culte domestique de son époux en signe de soumission à l'époux lui-même. Elle est, juste avant le mariage, recouverte d'un voile ( conferreatio), le flammeum dont la couleur vive devait rappeler la flamme sacrée de la déesse Vesta50. Les romaines ayant une vie consacrée, comme les Flamines ou les Vestales, se couvrent également la tête. Les Vestales, vierges consacrées, utilisent leur stola, vêtement de la matrone51, ou leur palla pour recouvrir encore un voile blanc rectangulaire, le suffibulum52. Ce double voile significatif aura pour fonction de rendre leur consécration visible aux yeux de tous. En Italie au IVe siècle, les Pères de l'Église qui ont instauré la velatio des vierges comme rite de consécration ont imité le rituel romain du voile des fiancées et des Vestales53. Si la liturgie chrétienne du IVe siècle a assimilé aussi facilement le rite païen incontournable du voile de sacrifice impliquant aussi la soumission de la femme à son époux, n'est-ce pas parce que Paul a laissé la porte grande ouverte à de telles possibilités ? Paul, en liant le culte, Dieu et le voile au v.13 reprend un thème bien connu du paganisme romain. Ainsi, à cause du texte de 1Corinthiens 11/2-16, le voile des femmes, en tant qu'intermédiaire entre le sacré et le profane, devient un signe chrétien.


D'autres références au monde païen apparaissent également dans notre passage. Que les femmes prient et prophétisent dans l'assemblée (v. 5) est une nouveauté par rapport aux coutumes juives et provient sans doute aussi de coutumes païennes romaines ou grecques où les femmes participaient activement sous de nombreuses formes au culte, et particulièrement aux mystères. Aux v. 5 et 6, lorsque, curieusement, Paul écrit que la femme qui se montre la tête découverte (en exhibant sa chevelure) est comparable à une femme rasée, il se réfère encore aux coutumes de l'Antiquité païenne : en effet, la tête rasée pouvait être soit un châtiment54, soit la marque de la captivité et de l'esclavage55. En utilisant cette comparaison qui fait de l'esclave l'incarnation de la honte, Paul laisse également tomber l'égalité qu'il voulait instaurer dans l'Église entre les citoyens libres et les esclaves56 : s'il est si honteux pour une femme libre de ressembler à une esclave, alors l'esclave n'a plus aucune chance d'accéder au respect dans l'église nouvelle et d'être placée sur un pied d'égalité avec la femme libre.


Enfin, aux v. 14 et 15, Paul reprend un thème païen développé par la philosophie stoïcienne57 : la nature fait bien les choses, conformons-nous à son enseignement. Cet argument est très actuel : ne dit-on pas souvent aujourd'hui encore que l'homme et la femme ont des tâches différentes dans la société parce que la nature l'a ainsi ordonné ? Paul considère que la nature fait bien les choses même si Dieu, dans Genèse 1/28 et 2/15, donne l'ordre à l'humanité de transformer la nature. De plus il utilise curieusement cette argumentation. En effet Epictète (50/125-130), pour défendre le port de la barbe par les hommes, se réfère à la nature en ce qui concerne les caractères sexuels secondaires naturels qui ont en même temps une fonction sociale. Paul, au contraire, se réfère à des symboles conventionnels du rôle des sexes dans la société - les cheveux coupés des hommes, les têtes voilées des femmes - pour souligner les différences naturelles. Il défend un comportement culturel qu'il considère comme voulu par la nature en passant par le chemin détourné des conventions vestimentaires, donc anti-naturelles par nature. Ces versets montrent bien à quel point la réflexion de Paul sur la liberté chrétienne en relation avec les conventions sociales existantes est peu solide.


D'un point de vue historique, le texte de 1Corinthiens 11/2-16 est d'une importance capitale : il est le reflet des luttes internes de la jeune communauté chrétienne qui cherche à se forger une identité propre. Le voile des femmes, quelle que soit son origine, devra, selon Paul, participer à cette identité. Au cours des siècles suivant, le voile deviendra le symbole de la vierge consacrée et le signe de la femme chrétienne dans tout le monde chrétien ; les rebelles de Corinthe avaient été vaincues. Curieusement, un phénomène similaire semble se développer dans le monde islamique à la fin du XXe siècle : les partisans d'une théologie libératrice sont confrontés aux partisans d'un islam intégriste qui utilisent la coutume du voile, la même que celle connue de Paul, comme une arme pour construire une société rigide et inégalitaire entre les sexes. N'est-ce pas parce que la question de la place sociale des femmes est au cœur des grandes religions monothéistes aussi bien hier qu'aujourd'hui ?

Notes

1 Traduction Oecuménique de la Bible, édition intégrale de l'Ancien et Nouveau Testaments, Paris, Cerf/Les bergers et les mages, 1976 ( T.O.B.) : 510.
2 Le mot « voile » n'est pas employé dans le texte où il est dit que la femme doit se couvrir la chevelure. Il s'agit certainement de l' himation grec, grand manteau souple dont de nombreuses femmes se couvraient pour sortir.
3 Le mot « homme » sera employé dans tout l'article pour désigner le sexe masculin, la combinaison des deux sexes sera désignée par le mot « humanité » afin d'éviter les confusions malheureuses.
4 Voir mon étude sur le voile des femmes dans l'histoire avant le VIIe siècle, Chapitre premier, Éditions de l'Atelier, Paris, 1995, à paraître.
5 Ceux qui ont le plus développé le thème en ce qui concerne respectivement l'Occident et l'Orient sont : Tertullien (150-160/222?), À son épouse ; De la prière ; La toilette des femmes ; Sur le voile des vierges; Clément d'Alexandrie, Le Pédagogue.
6 Lambin, 1992 : 99 sq.
7 Coran, 24/31 ; 33/57. Le voile de tête n'est pas mentionné.
8 Au cours de cet article le mot « coutume » désignera les coutumes du monde et le mot « tradition » les traditions théologiques de Paul par simple souci de clarté.
9 Si les rabbins des premiers siècles ont demandé à la femme de se couvrir et ont développé le thème, ils ne l'ont pas lié au rapport que la femme doit avoir avec la divinité. Cf. Mishna (IIe s.), traité « Shabbat », VI/6 ; Talmud de Babylone, traité « Kéthuboth », Fol.17/2 ; traité « Nedarim », III/8/30/b ; traité « Sanhédrin », VII/58/b ; traité « Gittin », 90/a ; Talmud de Jérusalem, traité « Berachot », fol. 24/a. Dans la Bible hébraïque, c'est se voir « décoiffée » par le prêtre qui joue un rôle religieux : Nombres 5/18.
10 Voir les exposés de l'épître aux Romains et de l'épître aux Galates.
11 T.O.B. : 510. Nous avons choisi de mettre certains termes en taliques.
12 Mishna (IIe s.), traité « Shabbat », VI/6.
13 Theissen, 1983 : 166 : résultats des fouilles de Corinthe, sculptures et petits objets.
14 De Vaux, 1935 : 99, n. 3.
15 Judaïsme : les hommes se couvrent aussi ( Exode 28/40 ; Lévitique 10/6 ; Ezéchiel 44/18-20) ; les prêtres ont une coiffure honorifique ; au Ier s., les lecteurs de la synagogue mettaient des voiles de prière ; depuis le IVe s. au moins, les hommes se couvrent la tête pour prier ou lire la Torah. Rome : la tête nue n'est pas un signe de liberté pour l'homme, qui prie et sacrifie la tête couverte ( devotio, oblatio). Grèce : si la femme se couvre souvent, les deux sexes prient la tête découverte, sauf en ce qui concerne quelques cultes bien précis (mystères).
16 Les chauves prêtent aux moqueries ( 2Rois 2/23), le vœu de naziréat exige que les hommes se laissent pousser les cheveux ( Nombres 6/5), et la Loi proscrit la coutume étrangère de se raser les coins de la chevelure ( Lévitique 19/27).
17 Thèse également développée par Theissen, 1983 : 161-180 et Senft, 1979 : 140-141.
18 Ce mot est synonyme de « chrétien ».
19 Dans un contexte différent, il les mentionne deux fois encore dans l'épître en 11/23a et 15/1-11.
20 En comparant notre texte à l'épître aux Galates, bien que de rédaction sans doute plus ancienne, on peut imaginer que cette tradition, issue de la prédication de Paul, était déjà connue à Corinthe. En effet, la pensée de Paul dans 1Corinthiens est proche de celle de Galates mais n'a pas, contrairement à Galates, de contexte logique ; on pense donc à une reprise.
21 Theissen, op.cit. ; Senft, op. cit. ; Allo, 1934 : 256 ; Deluz, 1959 : 163 ; Hering, 1959 : 90-91, « Commentaire du Nouveau Testament ».
22 Galates 3/27-28, T.O.B. : 557.
23 1Corinthiens 12/13, T.O.B. : 513.
24 Il se peut que dans Galates, Paul ait plutôt ajouté la mention de l'égalité des sexes au texte de 1Corinthiens 12 afin de permettre aux hommes d'avoir les mêmes droits religieux que les femmes, c'est-à-dire d'être libérés de la Loi juive dont le signe visible est la circoncision, thème majeur de l'épître.
25 Maillot 1978 : 180.
26 Une contradiction semblable apparaît d'ailleurs au sein même de l'épître de 1Corinthiens : comment peut-on, en effet, harmoniser 1Corinthiens 11/2-16 avec 1Corinthiens 9/19-23 ?
27 T.O.B. : 532.
28 T.O.B. : 510.
29 Le v. 7 interprète Genèse 1/26-27 qui décrit l'humanité comme « image » ( eikôn) et « ressemblance » ( homoiôsis) de Dieu. Paul substitue le mot « gloire » ( doxa) au mot « ressemblance »: l'homme est l'image ( eikôn) et la gloire ( doxa) de Dieu, la femme est la gloire de l'homme. Les v. 8 et 9, contrairement au v. 7, font référence au texte de Genèse 2/21-24 où la femme est appelée chair de l'homme, alors qu'en Genèse 1, la femme, comme l'homme, est directement faite à la ressemblance de Dieu. La référence à Genèse 1 dans le v. 7 est donc bien lue en fonction de Genèse 2/18 : la femme doit être la gloire de l'homme parce qu'elle a été tirée de l'homme. Certains commentateurs, pour éviter les difficultés, estiment que le mot doxa est une erreur de scribe ; doxa serait une faute d'écriture pour dogma qui signifie `copie' en judéo-araméen, langue maternelle de Paul : cf. Hering, 1959 : 92.
30 La lettre de 2Corinthiens, comme Romains 8/15 et 21, développe le sujet de la liberté des chrétiens par rapport aux juifs. Le texte de 2Corinthiens 3/7-18 reprend celui d' Exode 34/29-35 dans la Torah. Moïse doit se couvrir devant son peuple car son visage rayonne du rapport découvert et direct qu'il a eu avec Dieu, ce que le peuple ne peut voir. D'après Paul, le voile de Moïse représente la frontière qui existe entre Dieu et son peuple, seule la liberté de l'Esprit manifestée en Jésus-Christ peut permettre de ne plus y avoir recours.
31 À cause de la contradiction entre ces deux passages, certains commenta-teurs en ont conclu à une interpolation au ch. 14 : Conzelmann, 1969 : 289-290, considère qu'elle va du v. 33b au v. 36 ; Fitzer, 1963 et Gryson, 1972 : 28-29, limitent l'interpolation aux v. 34-35.
32 Spicq, 1939 : 557 ss. ; Jaubert, 1972 : 419 ; Godet, 1965 : 124 ; Allo, 1934 : 257 ; Gryson, op. cit. : 27.
33 Le v. 4 met en pratique le v. 3 en jouant sur le double sens du mot kephalê (chef/tête). Allo, op. cit. : 256 et Hering, op.cit. : 91, traduisent kephalê par « chef » afin de conserver le double sens du mot, ce qui me semble juste.
34 Égalité fondamentale entre le Christ et Dieu : Romains 9/5 ; 1Corinthiens 8/6 ; 2Corinthiens 4/4 ; [ Éphésiens 1/21-23 ; Colossiens 1/15-20; 2/9].
35 Cf. Hering, op. cit. : 91.
36 Romains 12/4-5 ; 1Corinthiens 6/15 ; 10/17 ; 12/12,27. 1Corinthiens 12/21 est le seul écrit de Paul avec 1Corinthiens 11 à employer le mot kephalê.
37 Cf. Hering, op. cit. : 95 : les anges mauvais seraient ceux de Genèse 6/2.
38 Nous rejoignons la remarque judicieuse de Godet, 1965 : 139 : « (...) s'il s'agit de bons anges, ils ont bien d'autres occasions de voir des femmes non-voilées que dans le culte des Chrétiens ; et s'il s'agit des mauvais, cette tentation ne change rien à leur état ».
39 Cf. Romains 9/22 ; 13/1 ; 1Corinthiens 7/37 ; 8/9 ; 9/4-6, 12, 18 ; 15/24 ; 2Corinthiens 10/8 ; [ Colossiens 1/16]. Ce mot est un dérivé de la forme verbale exestin et signifie pouvoir de choix, liberté d'action, capacité.
40 Cette confusion est une telle énigme que certains exégètes ont encore une fois avancé l'idée d'une erreur de scribe. En Araméen, Chiltôna signifie à la fois autorité et voile : Kittel, 1920 : 17-31.
41 Godet, op. cit. : 137 ; Allo, op. cit. : 260, 264-265, 267, pense que la puissance est à la fois exercée et subie : la femme participerait à celle de son mari ; dépendante d'un seul homme, elle serait donc indépendante des autres ; son voile serait le signe, connu en Orient, d'honneur, de dignité et de respect qui la protègerait de la convoitise et des insultes.
42 T.O.B. : 510.
43 T.O.B. : 510.
44 L'une des plus anciennes règles juridiques sur le voile des épouses a été découverte à Assur et date du milieu du second millénaire au temps du roi Téglat-Phalazar Ier (-1115/-1077) : Jastrow, 1921 : 209-238.
45 Tertullien, Du voile des vierges, XVII, P.L., t. 2, col. 912 ; La couronne du soldat, IV, P.L., t. 2, col. 80.
46 Dévotion : Varron (v.-116/v.-27), De la langue latine, V/130, 1985 : 5-87 : les femmes romaines se voilent pour sacrifier «  romano ritu » ; Plutarque (46-49/v.125), Questions romaines, X-XI, 1637 : 9-11 ; Macrobe (déb.Ves.), Saturnales, I/8/2, 1953 : 71 ; ibid., III/6/17 : 337. Objet de sacrifice : Plutarque, Vies parallèles, Numa, 10/12, 1957-1983 : 196 ; Festus, XIX, « ver sacrum », 1846 : 684 ; Tite Live (-64 ou -59/v.10), I/26, 1940-1984 : 43 ; Cicéron (-106/-43), IV/13, Pour Rabirius, 1960-1973 : 142.
47 Les femmes se voilent d'une rica couleur poupre : Varron, op. cit., V/130. Les flamines de Jupiter l'utilisent également : Festus, XVI, 1846 : 518-519, p. 153 ; Aulu-Gelle (v. 130), X/15/27-28, 1978 : 168 ; Servius Honoratus (Ve s.), XII/602, 1645.
48 Ovide (-43/17 ou 18), Fastes, IV/569-623, 1990 : 190-191 ; Cyprien de Carthage (déb. IIIes. /258), 1844 : t. 4, col. 466, indique que la tête des confessores ( viri, foeminae, virgines, pueri) est demeurée libre du voile impie des sacrifices pour rester consacrée à la couronne du Seigneur.
49 Cf. Metz, 1954 : Appendice I, « Le rituel du mariage » : 367-368 ; Aulu-Gelle, Les nuits attiques, op.cit., X/10.
50 Juvénal (v.55/v.140), 1957 : II/120-125; ibid. : VI/224; ibid. : X/334; Festus, VI, « flammeum », op. cit. : 153. Cf. Harrison, 1952 : 256.
51 Pline Le Jeune (61/v.114), IV/11/9, 1928-1955 : 104.
52 Festus, XVII, op. cit. : 627.
53 En condamnant à haute voix le mode de vie des Vestales pour le comparer à celui des vierges chrétiennes, les Pères de l'Église ont, sans le vouloir, mis le doigt sur les similarités évidentes entre les deux institutions : Origène (v. 185/v. 254), VII/48, 1969 : 129-131 ; Tertullien (150-160 / 222?), À son épouse, I/VI/3-4, 1980 : 113 ; Ambroise (v.330-340 / 397), I/18/11-12, À l'empereur Valentinien Ier, 1879, col. 975 ; Prudence (348 / v.415), II/1055, 1948  : 193.
54 Esaïe 3/17-24 ; Aristophane (v. -450/-386), Les Thesmophories, 838 ; Tacite (v. 55/v.120), Germanie, XIX/2 ; Philostrate (IIIe s.), Opera, 1871 : 253 ; les femmes se rasaient aussi la tête en signe de deuil : Plutarque, Questions romaines, 14 ; les satyres ironisent à ce propos : Ovide, Amours, I/14 ; Apulée (v. 125/ap. 170), Méta-morphoses, VII/6 ; Martial (v. 40/v.104), Epigrammes, VI/57 ; Lucien (v. 125/v.192), Dialogue des courtisanes, I/2, V/3 et XI/3.
55 Pomeroy, 1975 : 83.
56 Galates 3/28 ; 1Corinthiens 12/13 ; Colossiens 3/11.
57 Epictète, Entretiens, I/16/9-14, pense que, comme la nature donne à l'homme d'être barbu, il ne doit pas se raser afin de se distinguer de l'autre sexe. Ailleurs, en III/1/34 et III/1/25-32, il cherche à convaincre un jeune homme de Corinthe de ne pas s'épiler pour ressembler aux femmes.

Pour citer cet article

Rosine LAMBIN, « Paul et le voile des femmes », Clio, numéro 2-1995, Femmes et Religions, [En ligne], mis en ligne le . URL : http://clio.revues.org/index488.html. Consulté le 25 mai 2009.

Sources
Clio Revues org


Posté par Adriana Evangelizt





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Lundi 25 mai 2009
- Par Adriana EVANGELIZT

Alors je tiendrai à dire ici qu'ils citent l'Irlande mais en France, dans certains établissements, c'était la même chose. Et je peux en parler en connaissance de cause, ma mère avait été placée dans une de ces institutions à Bordeaux, cela s'appelait LA MISERICORDE. Elle m'a raconté de son vivant la même chose que ce que vous pouvez lire là dessous. Elle a d'ailleurs fugué à force de prendre des coups de martinets et autres joyeusetés. Elle a escaladé le fameux mur de 10 m, a sauté et s'est cassé le pied mais, malgré la douleur, elle a fui quand même.





Irlande: les institutions catholiques étaient de vrais "goulags"



Certaines institutions dirigées par l'Eglise catholique en Irlande s'apparentaient à de véritables "goulags" où des enfants vulnérables étaient traités comme des esclaves, a raconté le responsable d'une association d'aide aux victimes, qui a lui-même subi des sévices.


"Ces endroits n'étaient pas des foyers d'accueil", a expliqué à l'AFP John Kelly, coordinateur de l'organisation Survivants de maltraitances sur enfants (SOCA), décrivant la façon dont les pensionnaires devaient "parfois fabriquer les instruments de (leur) propre torture".


"C'était des goulags. La plupart étaient auto-suffisants. Les enfants étaient loués à des fermiers comme esclaves", a-t-il précisé, en marge de la publication d'un rapport sur des violences physiques ou sexuelles subies depuis la fin des années 1930 par des milliers d'enfants dans des institutions catholiques.


La plupart des victimes étaient des jeunes gens en situation difficile, souvent orphelins ou délinquants, placés dans des maisons de redressement, des orphelinats et autres institutions, fermées depuis.


M. Kelly était pensionnaire dans une institution installée dans une ancienne caserne militaire britannique, au centre de l'Irlande.


"Il y avait des murs de 10 mètres d'épaisseur. C'était une garnison militaire. Elle avait été conservée en l'état, comme ça les cellules de détention étaient utilisées pour les enfants. Ils n'utilisaient pas nos noms. Nous avions tous un numéro", a-t-il expliqué.

"Je n'étais pas John Kelly, j'étais le numéro 253, je m'en souviendrai toujours", a-t-il poursuivi.


"Nous étions appelés résidents mais des résidents ne sont pas traînés hors du lit pour être flagellés, nus, au milieu de la nuit. Ils n'ont pas à sortir de leur lit par tous temps pour travailler pour des fermiers dont l'argent va aux ordres religieux et à l'Etat", a-t-il ajouté.


Et de préciser: "Nous confectionnions nos vêtements nous-mêmes, nous fabriquions nos propres chaussures. Nous n'avions pas (dans les assiettes) beaucoup de nourriture provenant des fermes pour lesquelles nous travaillions. Contrairement aux frères et aux prêtres".


"On fabriquait les martinets avec lesquels ils nous frappaient. Certains (religieux) étaient si diaboliques que des morceaux de vieilles pièces anglaises de 3 pennies devaient être cousues sur les lanières", a souligné M. Kelly. "Nous fabriquions les instruments de notre propre torture".


Quelque 30.000 à 40.000 enfants seraient passés dans ces institutions depuis la fin des années 1930.

M. Kelly craint que beaucoup de victimes ne soient "amèrement déçues" et se sentent "trahies et trompées" par le rapport qui "va simplement reconnaître les maltraitances infligées, dire que c'était généralisé et brutal et que l'Etat aurait pu faire davantage pour protéger les enfants".


"Je pense que c'est un certain réconfort mais les blessures resteront ouvertes pour la simple raison que les problèmes n'ont pas été gérés correctement et que les responsables ne sont toujours pas désignés", a-t-il dit.


Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt  


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Jeudi 21 mai 2009
- Par Adriana EVANGELIZT

Que dire ? Lorsque de tels abus se produisent de la part de gens se réclamant de Dieu ou de Yeshoua ? On notera d'ailleurs pour cet article que ce sont surtout les garçons qui ont subi des abus sexuels. Oui, que dire quand on sait que l'Eglise Catholique Romaine refuse le mariage à ses prêtres et va donc contre la Nature humaine ? D'autant qu'au début du Christianisme, les prêtres, évêques ou diacres se mariaient. On en a la preuve avec les écrits de Paul qui dit :


Il faut donc que l'évêque soit irréprochable, mari d'une seule femme, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l'enseignement. 1Timothée 3:2


Les diacres
doivent être maris d'une seule femme, et diriger bien leurs enfants et leurs propres maisons
; 1Timothée 3:12

s'il s'y trouve quelque homme irréprochable, mari d'une seule femme, ayant des enfants fidèles, qui ne soient ni accusés de débauche ni rebelles.

Car il faut que l'évêque soit irréprochable... Tite 1: 6, 7



Paul traite même d'esprits séducteurs et de doctrines de démons ceux qui prescrivent de ne pas se marier. C'est dire que de son temps, la dérive avait déjà commencé...


quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons,

par l'hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience,

prescrivant de ne pas se marier... 1Timothée 4 : 1, 2, 3

Que l'Eglise Catholique Romaine et ses affidés ne croient pas entrer dans le "Royaume des Cieux" tel qu'il doit être compris. La porte est fermée. Et ils subiront le même sort que les fils de la transgression s'ils ne se repentent pas avant la fin de l'ère des Poissons, c'est-à-dire d'ici à peine trois ans. L'Enseignement de Yeshoua a été galvaudé, ils lui ont fait dire n'importe quoi et des crimes innombrables ont été commis en Son nom. Ceux qui ont perpétré cela sont des apostats. Et ceux qui font du mal aux enfants, c'est à Yeshoua qu'ils en font. Et tous ceux qui n'ont pas un coeur aussi pur que les petits enfants trouvera porte close. C'est clair et net.

 

Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. Matthieu 18:3 





Irlande/enfance: un rapport dénonce des décennies d'abus et accable l'Eglise



 

Une commission d'enquête irlandaise a publié mercredi un rapport dénonçant des décennies d'abus sexuels, parfois "endémiques", survenus à partir des années 1930 dans les institutions institutions pour enfants dirigées par l'Eglise catholique, accusée d'avoir gardé "le silence".

Réagissant au rapport, le cardinal Sean Brady, numéro un de l'Eglise catholique irlandaise, s'est déclaré "profondément désolé et extrêmement honteux".


Après neuf ans d'enquête auprès de plusieurs centaines d'écoles et institutions de l'île et plus d'un millier de victimes interrogées, la Commission créée par le gouvernement en 2000 a rendu un rapport de 2.500 pages qui accable l'Eglise catholique, toute-puissante dans l'île, mais également le ministère de l'Education.


"Les abus sexuels étaient endémiques dans les institutions pour garçons", écrivent les auteurs du rapport, précisant que les filles étaient quant à elles "soumises à des abus sexuels (qui) n'étaient pas érigés en système".


Pendant la période concernée, de 1936 à la fin des années 90, "les autorités religieuses savaient que les abus sexuels étaient un problème persistant dans les institutions religieuses masculines".


L'Eglise catholique "n'a pas écouté les personnes qui se plaignaient d'abus sexuels survenus par le passé ou ne les a pas crues en dépit de preuves recueillies dans des enquêtes policières, de condamnations criminelles ou de témoignages".


Les abus sexuels commis par des membres des ordres religieux étaient "rarement portés à l'attention du ministère de l'Education par les autorités religieuses en raison d'une culture du silence", regrette la Commission d'enquête.


"Quand le personnel religieux commettait des abus, le problème était plutôt traité avec des procédures disciplinaires internes et avec la loi canonique. La Gardai (police irlandaise, ndlr) n'était pas mise au courant", ajoute-t-elle, soulignant que "des hommes ayant déjà commis des abus sexuels quand ils étaient membres d'ordres religieux continuaient à exercer en tant qu'enseignants".


"Je suis profondément désolé et j'éprouve une honte extrême", a déclaré dans un communiqué le primat d'Irlande, le cardinal Sean Brady, assurant que la hiérarchie catholique "restait déterminée à faire tout le nécessaire pour faire de l'Eglise un lieu de sécurité, de vie et de joie pour les enfants".


Le rapport stigmatise également le ministère de l'Education qui, "dans les rares occasions où il était informé, se rendait complice du silence".


Réagissant pour le compte du gouvernement, le ministre de l'Education, Batt O'Keeffe, a présenté sa "sincère et profonde compassion" aux victimes, s'engageant à "tirer les leçons du passé".


L'une des victimes, John Kelly, a quant à elle estimé que "rien dans ce rapport n'était significatif en termes de justice rendue".


Un organisme mis sur pied par le gouvernement parallèlement à la commission d'enquête a déjà versé près d'un milliard d'euros de dédommagements à 12.500 des quelque 14.500 victimes qui se sont manifestées.


Les pensionnaires étaient "dénigrés et humiliés quotidiennement" et leurs draps souillés montrés en public. Les fratries étaient séparés et les contacts avec les familles limités. Les enfants souffraient "souvent de la faim". Les logements étaient glacials, spartiates et lugubres". Les sanitaires étaient rudimentaires.


Outre les abus sexuels, le rapport dénonce également de nombreux autres mauvais traitements, qu'ils aient été physiques, tels "des punitions corporelles sévères", ou mentaux. Les enfants étaient soumis à des "pratiques humiliantes" qui faisaient régner un "climat de peur".


Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt  

 

 


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Jeudi 21 mai 2009
- Par Adriana EVANGELIZT



 

Le Vatican et le Diable



Le diable et le vatican 1/2
envoyé par SEPTRE

 







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Mercredi 26 mars 2008
- Par Adriana EVANGELIZT

Alors là il y est surtout question de l'infiltration de l'Opus Dei en France... d'escroqueries de centaines de millions de francs et de l'intervention de certains hommes d'Eglise à l'ONU pour que la France ne soit pas condamnée par l'ONU pour ses agissements en Algérie. Ca ne vous rappelle rien ? A nous si.

Les réseaux du Vatican

 

3ème partie

2ème partie

1ère partie

 

Deux scandales majeures de la cinquième République prouvent que la France n’est pas différente de l’Italie dès qu’il est question intérêts et de partage des pouvoirs. Le meurtre du prince De Broglie, le 24 septembre 1976, dont le dénouement officiel fut unanimement contesté fut un cas unique de géologie politique. Une affaire que le président de la 1ere section de la cour d’assise de Paris qui présida contre vents et marées le procès, le magistrat André Giresse, appela le Watergate français. Un scandale qui n’explosa pas, la droite comme la gauche au pouvoir au moment du jugement intrigant au nom de sombres tractations politiques pour couvrir une police qui avait caché la vérité et bafoué la justice de la République. On y trouve en strates les principaux composants de l’histoire de France de ces trente dernières années.

Le prince De Broglie, député de l’Eure, secrétaire d’état sous les gouvernements Debré puis Pompidou, signataire des accords d’Evian qui mirent fin à la guerre d’Algérie, fut également l’un des fondateurs du parti des républicains indépendants au coté de Valéry Giscard d’Estaing et de Raymond Marcellin. Malgré les déclarations de Michel Poniatowski, alors ministre de l’intérieur, il apparu que la police était au courant d’un contrat lancé sur la tète du prince et pire que la surveillance dont il faisait l’objet avait été levé un peu avant son assassinat. Ce fut les deux fameux rapports de l’inspecteur Roux, ignorés par sa hiérarchie et révélés par le Canard Enchaîné en 1980 qui firent rebondir l’affaire.

Quatre pistes furent évoquées au procès cachant le même mobile.

#  La piste politique après la disgrâce du prince, mis au banc du tout nouveau UDF de Giscard d’Estaing et qui devait rallier avec armes et bagages le RPR de Jacques Chirac au moment de sa création en 1976.

#  La piste arabe mêlait le prince à de sombres tractations d’armes et de pétrole destinées à financer les services secrets algériens en générant de juteuses commissions.

#  Plus crédible fut la piste espagnole qui voyait le prince lié au scandale de la Matesa, l’un des plus grands procès politico financier des dernières années du franquisme. Entre 1959 et 1969, 80 % des crédits espagnols à l’exportation dans le domaine du textile ont été alloués à la Matesa, fleuron de cette industrie en Espagne. 800 millions de francs allaient disparaître, la presse révélant en 1969 que tous les ministres et les industriels impliqués dans l’affaire étaient membres de l’Opus Deï. Cette organisation catholique internationale crée en 1928 par le très influent José maria Escrima (béatifié en 1992 par Jean Paul II) s’est lancé dans le recrutement international des élites pour imposer au monde un régime théocratique futur... Implantée en France depuis 1956, l’Opus Deï cherche à bâtir l’élite européenne qui doit arriver un jour au pouvoir, sous couvert d’échanges culturels et d’octroi de bourses.

Parallèlement, la sainte Mafia prit pied dans le monde des affaires français, ses ambitions nécessitant de l’argent. Investissant à hauteur de plus d’un tiers des actions de la Banque des intérêts français, l’Opus Deï allait ainsi siéger au coté de l’actionnaire principal de la banque, la Société financière pour la France et les pays d’outre mer présidé par Edmond Giscard d’Estaing, le père de Valéry. Un VGE qui, ministre des finances, était très lié à Antoine Pinay, sympathisant actif de l’Opus Deï et père du nouveau franc... En 1967, De Broglie rencontrait Juan Vila Reyes, administrateur de la Matesa, pour créer la Sodetex, vraisemblablement présenté par un personnage trouble, escroc et ancien collaborateur qui devint le cerveau financier des affaires avalisées par le prince, Raoul de Leon. Ce dernier aurait aussi arrangé une réunion entre Vila Reyes et Giscard d’Estaing ainsi qu’un voyage à Madrid du futur président français pour rencontrer des membres de l’Opus Deï. Il aurait été question d’un projet de création d’un parti politique espagnol sur le modèle des républicains indépendants français. La Sodetex, dans l’esprit de Vila Reyes et de l’Opus Deï était au centre d’un dispositif financier mis en place dans le monde pour remplir les caisses de la sainte Mafia. En fait, la société servait de super taxi, utilisant des fausses factures pour blanchir l’argent que l’état espagnol versait à la Matesa pour soutenir ses exportations. De Broglie, naïf, aurait accepté de prendre la tète de la Sodetex, vraisemblablement sur ordre.

Lorsque l’état espagnol, après la liquidation de la Matesa, demanda la restitution du capital au prince, il fut dans l’impossibilité de le restituer, très certainement versé à une caisse politique. Raoul de Leon et Hean de Broglie signèrent un protocole d’accord en juin 1974 pour rembourser l’état espagnol, un mois après l’élection de Valéry Giscard d’Estaing. Un protocole qui ne fut jamais honoré...

#  La quatrième piste, croisant la piste espagnole remontait au plus puissant des gangs de la Mafia française d’après guerre et de la cinquième république, le gang des ferrailleurs. Le prince De Broglie, prêt à toutes les compromissions pour rembourser ses dettes prit part à un gigantesque trafic de faux bons du trésor qui devait être écoulés en Europe et surtout en Afrique (ils coûteront 140 millions de francs au Gabon). Proche de ceux qui fabriquent les bons et qui organisent le trafic, il aurait voulu en profiter personnellement et mis en danger l’organisation. Le juge Michel, un peu avant qu’il ne meure assassiné à Marseille en 1981, cherchait à prouver que les bénéfices de ce trafic de faux bons et de faux billets auraient très bien pu être destinées à financer des laboratoires d’héroïne marseillaise d’une french connection renaissante (l’originale fut démantelée en 1973), la french sicilian connection.

L’affaire fit surtout la lumière sur les relations inquiétantes entre des truands fichés au grand banditisme, des barbouzes proche de l ’organisation et des policiers de la IIeme section des renseignements généraux, la police politique française. La section politique la plus sensible, s’occupant des affaires spéciales, de la surveillance des personnages importants, la police des coups tordus, des opérations montées à l’occasion pour neutraliser des gêneurs ou des adversaires trop irritants des régimes en place.

La république a aussi sa police secrète, bien que les renseignements généraux ait été crées en 1941 sous le régime national du maréchal Pétain. La IIeme section, chargée du suivi des partis politiques fut officiellement suspendu à la suite d’une plainte des socialistes, en 1994, mais elle peut toujours être chargée de prévisions électorales. L’indignation de ces derniers n’empêcha pas François Mitterand d’utiliser illégalement la cellule anti terroriste de l’Elysée de 1981 à 1995 (écoutes téléphoniques, désinformation, intimidation...) de la même manière qu’hier les gaullistes utilisèrent le SAC pour leur manoeuvres de basse politique. Quoi qu’il en soit, le cadavre du prince De Broglie fut enterré en grande pompe, le pouvoir intrigant face à une opinion publique anesthésié et indifférente pour éviter ce Watergate français.

L’autre affaire qui défraya la chronique de la Vème république fut le scandale des avions renifleurs. Une escroquerie non éludée officiellement dont l’appellation prêtait pourtant à sourire. Les 650 pages du rapport de la commission parlementaire, rendu publique en 1984, laissèrent les lecteurs sur leur faim. Manquant de moyens d’investigations, les parlementaires se sont heurtés à la fois au secret défense que l’état brandit (quels que soit les dirigeants) dès qu’il s’agit de ses basses oeuvres et au silence des principaux témoins.

Le 28 mai 1976, Pierre Guillaumat, PDG d’Elf Erap signe avec Philippe De Weck, directeur de l’union des banques suisses, un contrat peu ordinaire. Pour 400 millions de francs, la société française s’assure pour une année l’exclusivité d’un procédé de détection pétrolière révolutionnaire connu sous le nom de code de projet Aix. C’est Jean Tropel, le responsable de la sécurité chez Elf qui a été le cheval de Troie en introduisant dans la compagnie pétrolière l’homme clef de l’affaire, Jean Violet, avocat international.

Les deux hommes se sont connus au SDECE (ancêtre de la DGSE, le service d’espionnage français) dont Tropel est un ancien colonel, ex responsable de la sécurité du fameux service VII démantelé après l’affaire Ben Barka en 1965 et Violet un ex honorable correspondant. Ce dernier a fait une brillante carrière internationale grâce au parrainage Antoine Pinay (surnuméraire de l’Opus Deï et ancien président du conseil sous la IVeme république) qui le recommandera au patron du SDECE, Pierre Boursicot. En 1955, Antoine Pinay qui est ministre des affaires étrangères fait accréditer l’avocat à la délégation française de l’ONU à New York avec pour mission d’empêcher une condamnation de la politique algérienne de la France. Jean Violet y rencontre un homme qui va jouer un rôle capital dans sa vie, le révérend père Dubois, dominicain français chargé des missions spéciales pour le compte du Vatican (plus exactement pour certain Monsignori dont le cardinal Siri).

Le père Dubois en liaison avec le colonel Hervé, chef du SDECE en poste à l’ONU, et Jean Violet parviendront en 1959 à éviter une condamnation de la France en soudoyant les ambassadeurs du Brésil, du Pérou puis du Paraguay et du Nicaragua affiliés au camp tiers mondiste. Un religieux que l’on retrouvera à tous les moments décisifs de l’affaire des avions renifleurs. Devant la commission parlementaire, le responsable des dominicains en France, Jean René Bouchet, affirmera que le père Dubois, mort en 1979, était mêlé à des affaires étranges pour un ecclésiastique : financements clandestins, lutte contre la subversion en Amérique latine, soutien de l’église derrière le rideau de fer... Le père Dubois paraissait s’intéresser plus aux moyens qu’au but.

Un autre religieux, l’abbé Marnier, membre de l’Opus Deï, correspondant de l’abbé Dubois à Fribourg en territoire helvétique, confesseur et ami de Philippe De Weck, directeur des Banques suisses, sera également présent à la signature des différents contrats. L’affaire pourrait être comparable à celle de la Matesa en Espagne à la fin des années soixante, l’argent détourné servant l’oeuvre de Dieu. Jusque en 1982, date de son rattachement direct au pape Jean Paul II qui le chérit, l’Opus Deï a constamment eu besoin d’argent pour ses missions évangéliques. L’hypothèse selon laquelle l’escroquerie aurait été décidé en haut lieu afin de rembourser l’Opus Deï de ses efforts financiers antérieurs ou pour honorer des dettes contractées dans le passé apparaît vraisemblable (l’argent disparu via la Sodetex dirigée par jean De Broglie ?).

Mr Violet a informé Jean Tropel qui lui même a convaincu Jean Guillaulat, P. D. G. d’Elf, d’un projet qui devait être une révolution technologique capable de détecter à plusieurs milliers de mètres sous terre du pétrole. Certaines mauvaises langues affirment que c’est Valéry Giscard d’Estaing lui même qui aurait introduit Jean Violet chez Elf Erap. L’invention est une escroquerie, la machine ne détectant que des nappes de pétroles dûment répertoriées. Le premier contrat signé par Elf en 1976 porta sur 400 millions de francs, l’incontournable Antoine Pinay à qui Giscard d’Estaing doit son premier portefeuille ministériel, apportant sa caution morale à l’invention.

L’affaire fut suivie au plus haut niveau puisque le président français autorisa Elf à méconnaître les obligations de contrôle administratif et financier et le contrôle des changes. Un transfert illégal de capitaux vers la Suisse qui sera reproché à la société nationale. Sans aucune garantie, Elf a versé la première fois 400 millions de francs pour un projet que garantissait la seule parole de Jean Violet. Les inventeurs, un ingénieur belge fantasque, Alain De Villegas, et un réparateur de télé italien aux talents d’escroc, Aldo Bonasoli, ont auparavant eu leur projet financé durant quatre ans par Carlos Pesenti, un gros industriel italien qui aurait été membre de la loge P2.

Une piste italienne qui ne sera pas exploitée, Pierre Péan révélant dans son livre sur l’affaire que des réunions avaient eu lieu en Suisse pour empêcher toute investigation en Italie. Pourtant, en 1977, soit un an après la signature du premier accord, Alexandre De Marenches, patron du SDECE de 1970 à 1981, enverra à la présidence une note sur Jean Violet qu’il a lui même évincé du service, suspecté être un agent du Vatican : méfiez vous, c’est (Jean Violet) un spécialiste de ce genre d’activités, nous le connaissons bien, à vous d’aviser. Jean Violet est resté jusqu’à son licenciement l’honorable correspondant le mieux payé du service. La note ne dissuadera pas Raymond Barre, alors premier ministre, de classer l’affaire prioritaire, arrangeant un dîner avec Antoine Pinay, Jean Violet, Alain De Villegas, Philippe De Weck et Pierre Guillaumat ou le projet ne sera pas remis en question.

Sous l’égide d’Albin Chalandon, nouveau P.D.G. d’Elf Erap, un nouvel accord portant sur 500 millions de francs supplémentaires est signé à Zurich en 1978. Elf exploitera le procédé à parts égales avec la Fisalma (société implantée à Panama, paradis fiscal, représenté par Philippe De Weck). Malgré une note présidentielle datant de 1979 que Giscard brandira au procès en 1984, attestant du doute de la présidence par rapport à l’invention, la supercherie aura duré trois ans. Un véritable scientifique, Jules Horrowick, physicien au centre d’essai atomique, confondra les inventeurs du système des avions renifleurs à l’occasion d’un test. Il est clair que les escrocs ont dû avoir recours à des complicités internes à l’état major d’Elf (véritable état dans l’état possédant son propre service de renseignement qu’Alexandre De Marenches, atlantiste proche des américains tentera de dénoncer... ) pour avoir les clichés des nappes de pétrole déjà existantes.

La piste italienne conduisant à la loge P2 montre le rôle de Carlos Pesenti, banquier du 12eme groupe financier italien qui a été l’actionnaire principal de la banque Ambrosiano. La banque qui détenait une partie des fonds du Vatican et qui travaillait avec l’IOR de Mgr Marcinkus. Une close spéciale du premier contrat signé en 1976 imposait à Elf de dédommager Carlos Pesenti à hauteur de 80 millions de francs. Un pactole que l’intéressé, mort en 1984, affirmait avoir touché. On parle d’un détour vers une caisse politique, une organisation secrète. La démocratie chrétienne dont Pesenti a été le trésorier ? La loge P2 dont il fut très probablement membre ?

Pour preuve de sa bonne foi, il envoya 30 millions de francs à Elf quand éclata le scandale. Un geste qui peut être interprété comme un dédouanement pour éviter qu’on aille fourrer le nez dans ses affaires. Les inventeurs, ainsi que Jean Violet, ne seront pas inquiétés par Elf, la société nationale ne portant pas plainte contre eux malgré un trou de 800 millions de francs. L’ombre de l’Opus Deï plane sur toute cette affaire. La plupart des protagonistes, Jean Violet, le père Dubois, l’abbé Marnier, Antoine Pinay étaient des membres ou des sympathisants de cette organisation. Pierre Guillaumat, dans un courrier adressé à Raymond Barre, soulignera le rôle important qu’ils semblaient jouer dans ce scandale. Avec le retour de la droite aux affaires après la complaisante parenthèse mitterandienne, l’Opus Deï, institutionnalisé par Jean Paul II et dépendant directement du Saint Siège, semble avoir mis les bouchés doubles pour accélérer le recrutement des élites européennes chargées de bâtir le régime théocratique et totalitaire de demain. Le démantèlement du bloc soviétique a redonné à l’église un pouvoir considérable, Jean Paul II désignant la France comme le prochain levier de sa politique européenne après ses échecs en Pologne et en Irlande.

L’Opus Deï étant autant derrière les olympes-frics de Mr Samaranch, affilié à l’oeuvre de Dieu qui supprima en 1981 le mot amateur de la charte olympique, que derrière la béatification de soixante quatre martyrs de la révolution française lors d’un voyage de Margie Sudre, secrétaire d’état chargée de la francophonie du gouvernement Juppé en octobre 1995. Le président Chirac a d’ailleurs été reçu une première fois le 26 septembre 1995 par le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’état du Vatican, ainsi qu’en janvier 1996 où le président est venu témoigner de la fidélité de la France à son héritage chrétien. C’était la première visite d’état d’un président français au Vatican depuis 1959. Jacques Chirac a assuré que c’est notamment auprès de l’église, de son message, de son guide dans le secours de la foi que beaucoup d’hommes cherchent une raison d’espérer, la force de surmonter leurs souffrances. Estimant que la république française est largement inspirée par les valeurs évangéliques, Jean Paul II s’est insurgé contre la remise en cause du droit à la vie des personnes de la conception jusqu’à la mort.

Une allusion à l’IVG et à l’euthanasie qui reste le credo préféré du pape. La multiplication des actions anti I.V.G. coordonnées par le Vatican masque la volonté papale d’opposer au Maghreb et à l’Afrique une natalité européenne. Les préoccupations spirituelles du Saint Père ne concernent apparemment pas les africains puisqu’il autorise archevêque de Nairobi au Kenya a brûler des préservatifs, des brochures d’informations sur le SIDA et des livres d’éducation sexuelle comme symboles pornographiques dans un pays gravement touché par cette maladie. Pour contrôler ses ouailles en France, le Vatican a délégué dans notre pays en octobre 1995 son nouvel ambassadeur, le nonce apostolique Mario Tagliaferri en remplacement de Laurenzo Antonietti rappelé à Rome pour avoir fait preuve de mollesse dans l’affaire des évêques d’Evreux dont Mgr Gaillot.

Mgr Tagliaferri, véritable commissaire du pape, qui n’a jamais eu une vision très optimiste sur l’évolution des démocratie occidentales est le responsable de la canonisation des martyrs espagnols (franquistes) de la guerre civile. A quand la béatification de Pétain, Bousquet, Touvier et Cie... . ? Membre de l’Opus Deï comme tous les responsables du saint siège, le nonce apostolique qui est particulièrement conservateur entend mettre au pas les évêques conciliaires (fidèles au précepte d’ouverture du concile Vatican II) et préparer la venue du pape en septembre 1996 pour la célébration de Clovis. Les obscures tractations électorales d’une droite voulant récupérer les électeurs catholiques intégristes sensibles au discours du Front national conduisent des représentants de la république laïque à célébrer Clovis qui était jusqu’à présent uniquement un symbole pour les monarchistes.

On compte dans le gouvernement Chirac un certain nombre de membres ou de sympathisants de l’Opus Deï, Gaudin, Codacionni, De Veyrinas ainsi que le lumineux chrétien des Alpes, Hervé Gaymard, ministre de la santé, (dont la femme, directrice de cabinet de Colette Codaccionni est membre de l’association du professeur Lejeune, instigateur d’actions anti I. V. G. ) qui a eu la charitable idée d’imposer une loterie pour l’obtention des nouvelles thérapies anti SIDA, projet heureusement abandonné.

Un parti démocrate chrétien français renaît apparemment de ses cendres (Douste Blazy, Bayroux, ... ), tendance dont les membres ont brillé par l’absence de déclarations lorsque furent défoncées à la hache les portes de l’église St Bernard où étaient réfugiés des maliens condamnés à faire la grève de la faim pour la régularisation de leurs papiers, préférant intriguer pour annihiler l’abominable responsable de la décadence : l’esprit de 1968. Le pouvoir politique qui a voulu lancer un signal fort au tiers monde avec l’affaire des sans papiers est beaucoup plus indulgente envers les intégristes catholiques qui occupent l’église St Laurent du Chardonnet depuis plus de dix ans, fief de sympathisants du Front national. L’Opus Deï préfère mettre en avant le droit sacré à la propriété, incompatible avec le communisme, privilégiant la charité plutôt que la solidarité.

Robespierre qui est mort guillotiné par les thermidoriens en 1792 pour avoir voulu défendre le droit sacré à l’existence, doit se retourner dans sa fosse commune. Le petit père Combes, responsable de la loi de séparation de l’église et de l’état en 1905 doit en faire autant... Quoi qu’en disent les culs bénis et les bâtisseurs d’empire qui bafouent le plus beau symbole de la France à travers le monde, les soldats de l’an II, l’année 1996 est celle de la commémoration des 125 ans du martyr des victimes de la commune de Paris avant être celle de la célébration du païen Clovis, chef de guerre calculateur et adorateur de divinités aryennes... non seulement on nous peint des diables sur des murailles pour mieux nous effrayer, mais en plus on nous prend pour des cons... aux armes, citoyens...

O. TH.

Biographie :
-  Dans le secret des princes Alexandre De Marenches et Christine Ockrent
-  La piscine Roger Faligot et Pascal Krop
-  l’argent sale François D’Aubert
-  La pieuvre claire Sterling
-  Le secret des guerres ou la genèse de l’agression Albert Norden
-  les écuries de la Vème Thierry wolton
-  le juge Michel Alain Laville
-  seule la vérité blesse, l’honneur de déplaire André Giresse
-  rupture à l’italienne, église, Mafia, communisme Elio Comarin
-  notre homme à la maison blanche Samuel et Chuck Giancana...

Sources Confidentiel net

Posté par Adriana Evangelizt


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Vendredi 13 juillet 2007
- Par Adriana EVANGELIZT

On continue l'enseignement chrétien du Vatican, trafic d'armes, de drogue et de cocaïne...

 

 

Les réseaux du Vatican

 

2ème partie

1ère partie

 

 

 

Le krach de la banque Ambriosiano est l’une des affaires qui illustre le mieux la dégénérescence du pouvoir des plus hautes autorités catholiques. Nous avons vu que Sam Giancana et le syndicat utilisèrent l’église dans les années soixante pour convoyer des millions de dollars. Un magot qui arrivait à la Continental Illinois (ou Marcinkus fit un stage en 1959), une banque qui possédait des gros intérêts au sein de la Finibank, établissement bancaire suisse dont le Vatican était partiellement propriétaire et que contrôlait le financier Michelle Sindona, grand argentier de la Mafia américaine et sicilienne, dont la famille Gambino.

Une partie de l’argent était convertie en obligations puis transférée à la Finibank ou dans un autre établissement bancaire européen contrôlé par Sindona tandis que le reste des fonds était placé dans des banques d’Amérique centrale ou du sud, comme Panama, transitant ensuite par la banque du Vatican à Rome, puis à la Finibank en Suisse pour arriver dans les mains de Sindona ou d’un prêtre dont l’influence grandissait : Mgr Marcinkus. Michelle Sindona, ancien président des jeunesses catholiques siciliennes, fut recommandé au début de sa carrière au cardinal Battista Montini, alors secrétaire d’état au Vatican et plus tard connu sous le nom de Paul VI. Il fut aussi en contact avec l’incomparable spécialiste du marché noir, affilié à la Mafia américaine dans son exil doré en Italie, Vito Genovése. Il devint le banquier attitré du saint siège sous Paul VI avec le contrôle total de ses investissements à l’étranger pour le compte de la banque du Vatican, l’IOR, instituto per l’opere di religione, l’institut pour les oeuvres religieuses.

Contrôlant la bourse de Milan, il avait une telle capacité d’intervention dans les finances du pays que le premier ministre Guilio Andreotti l’appela un jour le sauveur de la lire. Le banquier que le magazine Times présentait en couverture en 1973 comme l’homme le plus important d’Italie après Mussolini et pour lequel l’Italie, les Etats unis et le Vatican avait claqué plus de deux milliards de dollars, afin de lui sauver la mise, était membre d’une loge maçonnique de type écossais au même titre que les protecteurs et Marcinkus lui même, Spellman, Kennedy, Connaly et Sheen.

La CIA désireuse d’améliorer sa situation financière aurait employé ses circuits de blanchissement de fonds, l’agence utilisant déjà l’IOR pour subventionner des partis et des mouvements politiques européens. En 1972, Paul VI bombarde Marcinkus président de l’IOR, une promotion qui dérangeait l’Opus Deï mais avec laquelle l’organisation catholique du composer une fois arrivée au pouvoir, en 1978, après l’élection de Jean Paul II. Marcinkus avait trop de dossiers, il savait trop de secrets, on ne pouvait pas le congédier sans risque.

L’Oeuvre de Dieu, née en Espagne avant la guerre civile avait soutenu Franco et proliférait dans les régimes les plus autoritaires d’Amérique latine, réussissant à s’imposer en plaçant des hommes clefs aux postes importants de la curie romaine. Au Vatican, les secrétaires d’état changent mais l’appareil reste. Le substitut du secrétaire d’état est le véritable personnage capital. Le cardinal Baggio, sorte de ministre de l’intérieur, le cardinal Samore qui dirige les archives secrètes sont membres de l’Opus Deï, ainsi que le nouveau substitut du secrétaire d’état, Mgr Martinez Somalo, l’un des chefs de l’organisation.

Le capital propre de l’IOR, sans compter les 800 milliards de lires qui correspondent aux dépôts des congrégations et des ordres religieux se chiffrait à 55 milliards de nos francs au début des années 80. L’IOR participait, à l’époque au capital des banques Ambriosiano, Bafisud, Cisalpine, banque pour le commerce continental (qui a financé le coup d’état du Général Pinochet), Rothschild, Hambro’s, Chase Manhattan, Morgan, Bakers trust et les sociétés General Motors, Shell, RCA, ITT... Plus de 25 tonnes d’or étaient déposés à Fort Knox aux Etats unis. Lorsque Jean Paul II accède au pontificat, il sait que Marcinkus et Roberto Calvi (président de la banque Ambrosien) ont fait parvenir en Pologne plus de quarante millions de dollars pour aider l’église et Solidarnosc. Il le sait d’autant mieux que c’était à sa demande, au travers de l’église polonaise américaine.

En 1980, c’est l’escalade. L’IOR contrôle 16 % des actions de l’Ambrosiano quand cette dernière lance une série d’emprunts par l’intermédiaire de ses sociétés écrans : Bellatrix, Manic, Enin, Belrosa, Marbella... Garantis par Ambrosiano, ces emprunts internationaux transitent par l’IOR et rapportent de confortables bénéfices placés sur des prêts à court terme. Au bout du compte, ces sommes étaient destinées à acheter des hommes politiques et des groupes de presse. Le groupe Rizzoli, le plus important d’Italie passe doucement entre les mains de Mgr Marcinkus, Calvi et Gelli de la loge P2.

On raconte que l’affaire Rizzoli commença chez monsieur Dominique Fratoni, au casino du Ruhl à Nice. Les deux associés de l’ami de Jacques Médecin, mort en 1992 à Lugano, que la justice de leur pays tient pour des mafiosi, ont simplement plumé le patriarche Angelo Rizzoli. Il aurait perdu au jeu une quinzaine de milliards d’ancien francs et l’IOR lui aurait avancé plusieurs milliards de lire en échange de 80 % de son journal, le Corriere della Serra. L’affaire de la banque Ambrosiano ou scandale de l’IOR mit la lumière sur la complicité entre le Vatican, représenté par l’IOR de Mgr Marcinkus et Cosa Nostra, représenté par Michelle Sindona, le banquier de Dieu et de la Mafia.

Un système fonctionnant sous la houlette du grand vénérable Licio Gelli, également maçon de rite écossais et grand maître de la loge maçonnique la plus fermée du Monde : la loge P2. Sindona fut le trait d’union entre l’honorable société, la démocratie chrétienne, le saint siège et la banque Ambrosien de Roberto Calvi. La longue collaboration qui s’était instaurée entre ces différents acteurs avais permis à la démocratie chrétienne de Guilio Andreotti de recevoir régulièrement des financements occultes, à Cosa Nostra de blanchir d’importantes sommes d’argent et au Vatican de percevoir des pourcentages non négligeables.

Une affaire qui allait se terminer par au moins trois morts violentes, dont celle de Roberto Calvi, retrouvé pendu sous le pont des Blackfiars à Londres et celle de Michelle Sindona, empoisonné à la strychnine dans une prison italienne peu avant sa comparution devant les juges. Aujourd’hui, l’hypothèse la plus plausible de l’assassinat du banquier Calvi est celle d’un meurtre décidé par la Mafia de Toto Riina pour le punir de ne pas avoir rendu à temps une importante somme que l’organisation lui aurait prêté, lâché par Marcinkus. De la même façon que l’Opus Deï lâchera en 1981, après des années de collaboration, la loge propaganda Du, la loge P2, sinistre organisation de Liccio Gelli qui voulait imposer une solide dictature à l’Italie et à laquelle appartenaient militaires de haut grade, financiers, ministres, ainsi que des dirigeants de presse...

Durant plus d’une dizaine d’années, tous les chefs des services secrets italiens seront membres de la P2, la loge devenant une gigantesque machine à collecter et à distribuer l’argent, les faveurs et les protections parmi les plus grandes institutions d’Italie. Le Saint Siège perdant le contrôle de ses alliés, (qui s’apprêtaient à faire une ouverture à gauche en finançant le parti socialiste italien, un acte intolérable pour le Vatican qui avait des fonds en jeu dans cette affaire) organisa une fuite contrôlée de dossiers confidentiels sur la P2.

Il apparaîtra vite que Propaganda Du entretenait des liens étroits avec la Mafia et surtout avec le terrorisme d’extrême droite, responsable des attentats meurtriers de Milan, du train Italicus et surtout de la gare de Bologne. Quelques uns des épisodes les plus sanglants d’un complot de déstabilisation organisé par des extrémistes fascistes manipulés par les services secrets italiens, la stratégie de la tension. Marcinkus, à défaut être inquiété, sera nommé par Jean Paul II vice président du gouvernement papal sous les ordres directs de Baggio, le cardinal qui a facilité le coup d’état de l’Opus Deï à l’intérieur du Vatican.

Protégeant Jean Paul II comme il le faisait pour son prédécesseur, il devint également évêque titulaire d’Orta, un diocèse tunisien historique qui n’existe plus qu’a l’état de symbole depuis Saint Augustin. Une commission de contrôle de l’IOR composée de quinze cardinaux trouva un déficit de quatre vingt milliards de lires, Marcinkus fut remplacé par un membre de l’Opus Deï, Mgr Renato Dardozzi. L’ancien président sera renvoyé aux Etats unis à l’initiative de Jean Paul II pour éviter de comparaître devant les tribunaux de la péninsule, malgré un mandat d’arrêt international qui fut levé ultérieurement. Cette affaire ne semble pas avoir servi de leçon au Vatican puisque l’IOR a de nouveau été compromise, au début de 1994, dans le procès Enimont.

Le Saint Siège a reconnu que le fameux institut, l’IOR, a servi de relais pour le transfert à l’étranger de 93 milliards de lires, un maxi pot de vin payé à tous les partis politiques italiens pour s’assurer la mainmise sur la chimie italienne. Un scandale qui démontre que l’IOR, chargé de gérer l’argent du Vatican, continue à servir en toute discrétion de banque parallèle. La justice italienne a aussi ouvert une enquête sur les pots de vin versés à l’occasion de la restauration de la fameuse cathédrale de Monreale, d’une valeur de plusieurs milliards de lires, qui avaient directement profités au principal clan de Cosa Nostra, celui de Corléone que dirigeait Toto Riina actuellement en prison. Le secrétaire de l’archevêque, Mario Campisi, fut accusé d’avoir rendu de nombreux services à Léoluca Bagarella, le beau frère de Riina. Le successeur du patron du premier trust mondial de l’héroïne avait ainsi l’habitude de téléphoner et donc de diriger les activités de Cosa Nostra de l’intérieur même de l’archevêché en utilisant le téléphone personnel de Mgr Salvatore Cassica, évêque de Monnedo, qui fut par ailleurs mis en examen pour corruption et trafic d’influence.

Dès lors, on ne s’étonnera pas du bien fondé des accusations de magistrats de Torre Anunziata (province de Naples) qui, grâce à des témoignages de repentis recoupés par des indices matérielles et des écoutes téléphoniques, mettent en cause en 1995 le cardinal Ricardo Maria Carles, archevêque de Barcelone, dans un trafic d’armes, de pierres précieuses et, surtout, de cocaïne qui profiterait à la Mafia italienne. L’intéressé a évidemment démenti, ainsi que le ministre de l’intérieur espagnol et le porte parole de l’Opus Deï.

Cette organisation catholique est pourtant responsable de la création en Colombie d’un centre informatique installé par le saint siège, jouissant du statut d’extraterritorialité et dont le rôle est de ficher les activités politiques des religieux sud américains. Un certain nombre d’ecclésiastiques de ce continent séduits par un marxisme populaire s’opposant aux dictatures militaires auraient ainsi pu être facilement liquidés par des escadrons de la mort. Toutes les enquêtes approfondies menées par des journalistes sud américains réfutant la désinformation occidentale accusent les militaires d’extrême droite être les réelles bénéficiaires du trafic de drogues et, comme en Colombie, ceux de la stratégie de la tension (narco terrorisme) mise sur le dos de Pablo Escobar au début des années 90. Assistés de la CIA qui a pu s’ingérer un peu plus dans les affaires nationales des pays d’Amérique latine, ils réussirent à pervertir, corrompre et manipuler les guérillas marxistes ou nationalistes contrôlant de vastes territoires (M19, FARC en Colombie, Sentier Lumineux au Pérou... ).

L’Opus Deï a soutenu les Contras du Nicaragua en lutte contre les Sandinistes isolés, soutenu par des jésuites. On sait, depuis l’affaire de l’"Iran gâte" sous le règne de Ronald Reagan, a quel point la Contras a été impliquée dans le trafic de cocaïne avec la bénédiction de la CIA, au nom de la lutte anticommuniste. Les investigations des magistrats italiens, comme celle du juge Palermo au début des années 80 sur le troc armes-drogues, ont donc toutes les chances de passer aux oubliettes de l’histoire ou sous séquestre pour cinquante ans pour cause de raison d’état.

Ce bref survol d’un demi siècle de relations sulfureuses entre le Vatican et l’état italien démontre quels périls menacent la République française des lors que l’église se mêle des affaires de la nation.

Sources Confidentiel net

Posté par Adriana Evangelizt

 

 


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Vendredi 13 juillet 2007
- Par Adriana EVANGELIZT

Puisque le monarque vaticanesque cautionne et approuve l'idée que seule l'Eglise Catholique Romaine possède la vérité du christianisme, nous allons commencer par poser quelques articles qui prouvent combien elle suit la Voie du Seigneur. Cela pourrait s'intituler mafia, taupes et barbouzeries aux Vatican. Il y a trois parties. Nous reviendons ensuite sur le Christianisme Vaticanique...

 

Les réseaux du Vatican

 

1ère partie

 

Tout homme qui réfléchit à l’évolution de l’univers ou sa propre destinée est engagée, devrait comprendre qu’il est pris dans une lutte gigantesque, planétaire, ou le vainqueur sera ou bien les maîtres du profit réglé par l’ordre ou le désordre établi, ou bien les chefs des esclaves révoltés pour arracher et rétablir par leur dignité d’hommes que le besoin contraint de travailler mais libre de fixer par leur libre consentement les justes conditions de leur travail. Ces propos que l’on attribuerait volontiers à un disciple de Marx ont été écrit en réalité en 1972 par une espèce d’ecclésiastique en voie de disparition. Auteur de la préface du Secret des guerres ou la genèse de l’agression, un ouvrage d’Albert Norden, historien communiste de l’ex R.D.A., l’abbé Jean Boulier, ancien professeur à la faculté catholique de droit de Paris, était un religieux catholique qui s’interrogeait sur une hypothétique filiation entre le message originel de l’Evangile et les doctrines d’émancipation populaire. Dépeignant sans complaisance les horreurs du rêve américain et le marché aux esclaves de l’Europe de la liberté, paraphrasant Jean Jaurès qui clamait que le capitalisme porte la guerre en nuées, il identifiait la culpabilité systématique du grand capital derrière tous les conflits d’un siècle hanté par les guerres et quelques uns des pires génocides de l’histoire de l’homme. Jean Boulier avait été formé à l’école des jésuites, un ordre partisan de la théologie de la libération que ses détracteurs accusaient de relayer la subversion marxiste au sein de l’église. Ses adversaires conservateurs ne reculèrent devant aucunes compromissions pour s’emparer du gouvernement de l’église, aussi malsaines fussent elles, reprenant l’avantage et terrassant la dissidence.

L’organisation internationale catholique responsable de ce retour de l’ordre moral s’appelle l’Opus Deï, devenu un instrument de contrôle des églises locales au service du pouvoir temporel du Vatican. Un destin qui n’est pas sans rappeler celui d’une autre secte qui régna par la terreur religieuse sur l’Espagne du XVIeme siècle, avant d’imposer son fanatisme dans l’église universelle : l’inquisition. L’abbé Jean Boulier écrivait, qui ne comprend le passé ne peut saisir le présent. Nous sommes tentés d’y ajouter les fameux mots de Voltaire, plus l’homme sera éclairé plus il sera libre, en espérant qu’un jour l’être humain se réveille et parvienne, définitivement, à écraser l’infâme.

Nous vivons une époque où un déluge d’informations ne génère paradoxalement qu’une ignorance et un obscurantisme croissant, soigneusement entretenus par des médias sous contrôle. De plus en plus de citoyens quand ils ne cultivent pas une indifférence satisfaite s’adonnent à un ésotérisme de pacotille, aux tables qui tournent et à la lecture de Voici. Le combat commencé il y a plus de deux siècles entre ceux qui ne reconnaissent que la propriété comme premier droit des hommes contre ceux qui y privilégie le droit à l’existence prend à l’aube du troisième millénaire une configuration inquiétante, le clergé retrouvant peu à peu auprès du grand capital le rôle de bras séculier qu’il avait du temps de la monarchie.

Une situation qui n’est pas le fruit d’une évolution logique et saine de nos société contemporaines, mais bel et bien une vaste campagne de désinformation, coups tordus et autres opérations spéciales orchestrés autant par le Vatican, l’Opus Deï, Communion et libération que par les services secrets occidentaux sous l’égide de la CIA, ainsi que leur double obscur : la Mafia (terme désignant autant le syndicat américain que Cosa Nostra sicilienne).

L’un des plus illustres parrains de Chicago, Sam Giancana, chef incontesté jusqu’en 1975 et auxiliaire de la CIA, qui fut tout de même reçu en audience privée par le pape Paul VI en 1968, révélait que les prêtres lui rappelaient le quartier comme il était autrefois. Dans le personnel du diocèse, il y a des gars de Chicago qui d’après Strich (cardinal de cette mégapole) vont arriver au sommet... jusqu’au Vatican. Strich est ambitieux. Et l’église est comme tous les autres trafics politiques. Il y a un racket derrière chaque autel quand c’est un type comme Strich qui mène la danse, ou comme il dit qui fait l’oeuvre de Dieu. Sam Giancana qui fut l’un des instigateurs de la débâcle de la baie des cochons et vraisemblablement celui du meurtre de John et Bobby Kennedy, ainsi que de Marylin Monroe (quoi qu’en dise la légende) utilisait des prêtres catholiques pour ses transferts de fonds internationaux dans une énorme affaire de blanchissement d’argent qui fournissait des liquidités au Vatican. L’un des gars de Chicago au sein du personnel du diocèse auquel le parrain faisait allusion n’était autre que Paul Marcinkus, originaire de Cicero dans la banlieue de la ville, ancien fief du légendaire al Capone.

En 1952, sur recommandation de Strich et du cardinal Spellman, Marcinkus obtient un poste au Vatican, suivant ses études à l’ENA du saint siège, l’académie pontificale. Il fera un stage à la Continental Illinois Bank en 1959, après avoir été nonce apostolique en Bolivie et au Canada, pour revenir à Rome un peu plus puissant. C’est l’époque où Castro, après avoir été aidé par les américains passe dans le camps soviétique. L’Amérique latine est à deux doigts de basculer dans la révolution, les curés de base évangélisant les loubards ou prenant le maquis, comme en Colombie, contre les impérialistes yankees. Le concile Vatican II parle d’ouverture ou d’oecuménisme.

Un vent de panique souffle sur Washington, la CIA assistée du SIFAR (contre espionnage militaire italien) posant des micros dans le bureau et les appartements du pape pour contrôler l’église romaine. C’est de cette manière que l’agence d’espionnage américaine parviendra à être informé de l’état de santé précaire du pape Jean XXIII, influant ainsi sur le choix du successeur élu par un conclave.

Protégé par quatre anticommunistes virulents, le cardinal Spellman, David Kennedy, le directeur de la continental Illinois bank qui deviendra secrétaire au trésor sous Nixon, John B. Connaly, gouverneur du Texas et futur ministre des finances du même Nixon, John Sheen, archevêque de Newport, ainsi que le secrétaire d’état du Vatican, Dell’acqua, Marcinkus se retrouvera chef de la sécurité du nouveau pape Paul VI. Il est nommé secrétaire général de la banque du Vatican le 6 janvier 1969.

Ses méthodes se révéleront d’emblée peu catholiques. Selon une équipe d’enquêteurs spécialistes de la Mafia américaine, Marcinkus a été mêlé à une falsification de titres et d’obligations des sociétés Pan American, Chrysler, American Telephon & Telegraph. On cite à ce propos le nom du ministre des finances de Nixon, Connaly. Une enquête interrompue à la demande du président américain qui dira : cette affaire est montée pour éliminer mes plus fidèles collaborateurs dans notre combat contre le communisme international. Marcinkus devenu secrétaire général de la banque du Vatican, c’était la première fois qu’un américain occupait un poste aussi élevé dans la hiérarchie. Au sommet de sa carrière, il allait être accusé de blanchissement d’argent dans le cadre du scandale de la banque Ambriosiano mêlant le Vatican, le syndicat américain, Cosa Nostra sicilienne aux services secrets et à une loge maçonnique dévoyée, la loge P2. Il fut aussi soupçonné d’avoir trempé dans la liquidation du pape Jean Paul Ier en 1978, après seulement vingt cinq jours de règne. Le cardinal Albino Luciani, Jean Paul Ier de son nom de scène, sera découvert mort dans son lit par une bonne soeur le matin du 28 septembre 1978. Affolée, elle appelle le chef du service de sécurité qui reste enfermé dans la chambre, seul, pendant une demi heure. Lorsqu’il en ressort pour prévenir un médecin et le secrétaire d’état, il n’y a plus un papier sur le bureau du défunt pape. Malgré cette mort suspecte, le cardinal Luciani ne souffrant pas de maladie, il ne sera ordonné aucune autopsie.

Les liaisons entre la CIA et le Saint Siège remontent à l’appel de Pie XII à la guerre sainte contre le communisme. Personne, disait le pape, ne peut être un bon catholique et en même temps un vrai socialiste . En aucun cas, le socialisme ne peut se concilier avec la confession du catholicisme. Les américains s’engagèrent à encourager cette nouvelle croisade. Un accord, dit plan X fut même signé entre le Saint Siège et le Département d’Etat.

Désignée depuis le début de la guerre froide sous le terme générique d’église du silence, diverses opérations des services secrets occidentaux furent ainsi menées sous couvert de l’église catholique. Incluant un gigantesque complot européen anticommuniste orchestré par la CIA (associée à la Mafia et à l’extrême droite) de l’immédiat après guerre aux années contemporaines qui sera révélé par Guilio Andreotti, en 1991 : le Gladio ou Glaive et les réseaux Stay behind. Aucun responsable français n’a officiellement confirmé l’existence de ces réseaux qui étaient encore très récemment implantés dans toute l’Europe. Crées par Henri Ribière, le patron socialiste du SDECE (service d’espionnage français), en liaison avec les américains au début de la guerre froide, on y trouera autant Jacques Foccart que François De Grossouvre (alias monsieur Leduc ) qui dirigera ce groupe à l’échelle nationale après avoir été chef de section pour le Lyonnais. Plus grave, le SDECE embauchera les services d’anciens responsables de la collaboration tels René Bousquet (qui fournira le fichier anticommuniste de l’occupation) ainsi que Paul Touvier qui malgré ses crimes sera protégé par une partie de la hiérarchie catholique.

Au mépris de la vérité et du sens de l’histoire, les gouvernants français qui se sont succédés ont préféré, à ce sujet, faire baigner leur peuple en pleine ignorance et confusion bêtifiante. On comprend mieux, dès lors, pourquoi ils ont pu bénéficier d’une telle impunité jusqu’à leurs morts. On a appris tout récemment que le Gladio, réactivé depuis environ un an en Europe, se consacrerait au renseignement et à la lutte contre la menace terroriste découlant de l’immigration.

Les rapports entre les différents pouvoirs temporels en Italie depuis la fin de la seconde guerre mondiale, pour qui veut comprendre l’évolution et les causes du retour de l’ordre moral, sont à cet égard significatifs. Le Vatican s’est toujours opposé au pouvoir républicain, imposant une présence quasi hégémonique à Rome depuis près de dix sept siècles. En 1870, bien que le nouveau parlement italien assure au pape un traitement annuel et l’extratèrritorialité de ses palais, ce dernier refusait de reconnaître le nouvel état, allant jusqu’à publier un document interdisant aux catholiques de participer aux élections, qu’ils soient candidats ou électeurs. Il faudra attendre 1912 pour que les catholiques italiens soient autorisés sous certaines conditions à participer à la vie politique. Benito Mussolini constitua son premier gouvernement en 1922 grâce à l’appui de ministres du parti populaire créé en 1919, le parti catholique, ainsi que sur intervention directe du pape. Pie XI puis Pie XII comprenant que le fascisme était le meilleur rempart contre le mouvement communiste international, particulièrement bien implanté en Italie, conduiront à la signature des accords de Latran qui mit un terme à la dispute état-église.

Le fascisme vaincu, les communistes furent les premiers à se doter après guerre d’une structure et d’un réseau national qui allaient leur permettre être partout et de prendre en main un pays en grande partie détruit. La base de la première république était l’antifascisme. Le pape s’apercevant que le vide laissé par le fascisme était une chance unique incita les catholiques à créer la démocratie chrétienne, victorieuse de l’union de la gauche en 1948.

Une longue ère de stagnation anticommuniste s’ensuivit, les évêques et les curés dispersés dans toute la péninsule parvenant à verrouiller la société italienne jusque dans les plus petits détails. C’est l’âge d’or de l’église catholique italienne. Les prêtres sont soutenus financièrement par le budget de l’état italien, tandis que le Vatican ne paie pas d’impôts sur ses biens innombrables qu’il possède en dehors des murs. Ses liens privilégiés avec la démocratie chrétienne lui permettent d’intervenir même auprès des préfets de la république afin qu’ils interdisent les maillots de bain trop déshabillés sur les plages italiennes. Tout le monde se sent espionné par le Vatican lorsque l’on découvre que le SIFAR (contre espionnage militaire de la république italienne) surveille même des leaders démocrates chrétiens dans le but de ficher leurs éventuelles escapades extra conjugales. Une opération orchestrée par le cardinal Siri, un ultra de la préservation de la foi catholique et de la guerre froide. La confusion est presque totale entre le pouvoir religieux et le pouvoir temporel.

Elle mènera à l’apparition d’une contestation timide lorsque les jeunes catholiques s’aperçoivent que la réalité de la présence de l’église a peu de chose en commun avec le message de l’évangile. Des prêtres ouvriers aux différents groupe d’opposition intérieure qualifiés de catho-communistes, la contestation n’épargnera pas la hiérarchie, conduisant les plus extrémistes de ces catholiques à prendre part à la création des premiers groupes contestataires étudiants puis à la formation de groupes armés, notamment des Brigades rouges à Milan, en 1970.

De plus, l’Italie sur le plan religieux est coupée en deux. Dans le nord, la dimension idéologique reste importante et la démocratie chrétienne, ainsi que les différentes associations catholiques y sont bien implantées, assurant à leurs membres une appartenance à un milieu catholique qui prend en charge tous les aspects de la vie. Cette vision totalitaire, théocratique de la société qui offre une sécurité matérielle, psychologique, et intellectuelle assure à l’église de beaux jours.

Dans le sud, en revanche, la présence de l’église est presque de type féodal. L’église catholique, comme les autres pouvoirs, est restée clientéliste, conditionnée par l’esprit de clocher et le désir d’entretenir une religiosité traditionnelle. Le morcellement du pouvoir religieux de l’église favorisa les infiltrations de la Mafia, toujours prête à se mettre sous la protection des puissants, peu importe que leur pouvoir soit politique ou religieux, social ou économique. Le silence complice de la plupart des responsables religieux du nord comme du sud face à la corruption généralisée au sein même de la démocratie chrétienne ; le parti catholique, explique pourquoi de nombreux fidèles habitués à confondre appartenance politique et obédience religieuse ont finalement rejeté l’une et l’autre.

A suivre...

Sources Confidentiel net

Posté par Adriana Evangelizt


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Vendredi 13 juillet 2007
- Par Adriana EVANGELIZT

Incident au Vatican :

un homme tente de sauter dans la voiture du pape

Un homme a été maîtrisé mercredi par le service d'ordre du Vatican alors qu'il tentait de sauter sur la voiture à bord de laquelle le pape Benoît XVI effectuait le tour de la place Saint-Pierre au début de son audience générale, ont constaté les journalistes.

L'homme âgé d'une trentaine d'années, plutôt corpulent, vêtu comme un estivant en short, T-shirt et casquette, a franchi la barrière de sécurité délimitant à travers la foule un parcours sinueux pour la voiture pontificale sur la place St-Pierre.

Il a ensuite tenté de sauter à l'arrière de la voiture découverte transportant le pape mais a été maîtrisé par le service d'ordre de la Garde suisse pontificale.

Le souverain pontife, debout comme à son habitude à bord de la voiture blanche qui le menait jusqu'au parvis de la basilique St-Pierre, a semblé ne pas remarquer la scène, continuant à saluer les pèlerins massés sur la place.

L'homme a été emmené par la Gendarmerie vaticane puis placé d'office dans un hôpital psychiatrique après avoir été interrogé par le juge du Vatican et avoir subi un examen médical, selon le porte-parole du Vatican.

L'homme, âgé de 27 ans et de nationalité allemande comme le pape, "ne voulait pas attenter à la vie" du souverain pontife, "mais attirer l'attention sur lui-même", a déclaré le père Federico Lombardi, directeur du service de presse du Vatican.

Il a été interrogé par le juge unique du tribunal de l'Etat du Vatican, Gianluigi Marrone, puis examiné par le service médical, qui ont décidé son placement d'office "dans une structure spécialisée protégée", a précisé le père Lombardi.

Il s'agit du premier incident de ce genre depuis le début du pontificat de Benoît XVI le 19 avril 2005.

Bien qu'apparemment anodin, il rappelle les circonstances du grave attentat dont a été victime son prédécesseur Jean Paul II le 13 mai 1981.

Ce jour-là, le pape polonais se trouvait également à bord d'une voiture découverte place Saint-Pierre pour son audience générale quand le terroriste turc Ali Agca, de la foule, avait tiré en sa direction, le blessant grièvement.

Le 12 mai 2006, le Vatican a fait apposer une plaque de marbre commémorant cet évènement dramatique sur le côté droit de la place, d'où sont partis les coups de feu.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt


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Mercredi 6 juin 2007
- Par Adriana EVANGELIZT

Les millions du Vatican en banque pendant que des milliards de pauvres gens crèvent de faim. Voilà comment est pratiqué l'Enseignement de Ieschoua. Ah ils n'ont pas honte !

Banco Ambrosiano

Roberto Calvi

Des médecins légistes ont conclu que Roberto Calvi, retrouvé pendu sous un pont de Londres en 1982, ne s'était pas suicidé. Il avait pris la fuite, alors qu'il était au cour d'un scandale, impliquant la mafia, la loge P2 et le Saint-Siège.

Roberto Calvi, le banquier du Vatican retrouvé pendu sous un pont à Londres en 1982, a été assassiné et le meurtre a été maquillé en suicide, selon les conclusions d'une expertise médico-légale citées vendredi par les medias italiens. Vingt ans après, ce rebondissement dans une affaire mystérieuse où sont mêlés la mafia, la loge maçonnique P2 et le Vatican provoque beaucoup de remous en Italie. Selon une équipe de trois médecins légistes mandatés par le parquet de Rome, Roberto Calvi a été assassiné sur un chantier proche du pont des Blakfriars, sous lequel son corps a été ensuite pendu.

Le parquet de Rome s'est refusé à confirmer cette information, car les conclusions des experts n'ont pas encore été officiellement remises aux magistrats, a annoncé le procureur romain Salvatore Vecchione, en déplorant implicitement les fuites dans la presse. L'avocat de l'industriel Flavio Carboni, ancien bras droit de Roberto Calvi présenté comme le commanditaire du meurtre, a dénoncé la violation de la confidentialité de cette expertise, réclamé son invalidité et la récusation du professeur Bernd Brinckmann, de l'Université de Munster, qui a présidé l'équipe médicale.

723 millions de dollars manquants

Roberto Calvi, dirigeant du Banco Ambrosiano et affilié à la loge P2, avait pris la fuite après avoir laissé un trou de plus de 723 millions de dollars dans les caisses de son établissement qui gérait notamment des fonds du Vatican, provoquant une banqueroute retentissante. Sa mort n'a jamais vraiment été élucidée. La justice britannique avait conclu au suicide, mais en 1992, une enquête a été ouverte en Italie après que la famille du banquier eut recueilli des indices tendant à prouver qu'il avait été assassiné par la mafia. Outre Flavio Carboni, deux membres de la mafia, Francesco Di Carlo et Pipo Calo, sont également poursuivis. Mais aucun procès n'a pour l'instant été ouvert, l'enquête devant démontrer l'homicide.

Les conclusions de l'expertise médicale apportent un nouvel élément à cette thèse. L'exhumation du corps du banquier, enterré à Côme, avait été réalisée en décembre 1998 et une nouvelle expertise médico-légale réclamée par le parquet de Rome. Les légistes ont souligné l'absence des lésions que la corde aurait du causer au cou du banquier, qui pesait 90 kg. Les mains de Roberto Calvi ne portaient en outre aucune trace de la poussière qu'auraient dû laisser les briques trouvées dans ses poches, ni de l'oxyde de fer de la poutre du pont sur laquelle il est censé avoir attaché la corde pour se pendre.

La mafia mandatée par un tiers

Le fils de Roberto Calvi, Carlo, est convaincu que son père a été assassiné par la mafia, mais pour le compte d'un tiers. "Derrière la mafia, il y a quelqu'un", a-t-il affirmé dans un entretien publié vendredi par le quotidien La Repubblica. "Il faut chercher les mandataires politiques. Le cadre se précise sur les exécuteurs mafieux, mais il est encore imprécis sur les politiques", a-t-il expliqué. Pour Carlo Calvi, l'enquête sur la banqueroute du Banco Ambrosiano ne s'est "absolument pas intéressée à l'aspect du recyclage de l'argent sale". L'une des hypothèses suivie par les magistrats italiens en charge de l'enquête est en effet son exécution, parce qu'il avait détourné une importante somme d'argent sale qui lui avait été confiée pour la blanchir.


Sources
Inreallife

Posté par Adriana Evangelizt


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Samedi 2 juin 2007
- Par Adriana EVANGELIZT

Cet article date du temps de Jean-Paul II qui a protégé Marcinkus jusqu'au bout et même fait béatifier le directeur de la banque Ambrosiano... on suppose qu'il a béatifié un truand au nom de Ieschaoua ? La banque Ambrosiano en suivant...

La loge P2

2ème partie

Liccio Gelli

Le 10 septembre 1998 a été arrêté à Cannes Licio Gelli, "Maître Vénérable" de la loge P2. L'homme du pouvoir occulte de quarante ans d'actions de services secrets, histoires de financements illicites, tentatives de coups d'Etats, rapports avec la mafia, implications d'hommes politiques et de pouvoir avait disparu le 22 avril. Jour où la Cour de cassation a confirmé sa peine à 8 ans et demi de réclusion pour l'affaire de la banqueroute frauduleuse du Banco Ambrosiano. La pricipale banque privée italienne aux capitaux du Vatican. Curieusement, le Maître Vénérable était jusque là simplement soumis à se presenter une fois par semaine (sic!) au commissariat d'Arezzo, ville de Toscane où il possède sa "Villa Wanda"....


Sa vie

Né à Pistoia, Toscane, en 1919, il a été volontaire avec les "chemises noires" en Espagne dans les troupes de Franco. Rentré en Italie, il a été fasciste, puis enrôlé par les Américains dans les services qui auront donné naissance à la CIA et à l'organisation "Gladio". Parti en Argentine, il entretient des relations avec Peron. Au même temps il neglige pas ses amitiés dans des cercles d'extrême droite.

Rentré en Italie, il s'inscrit en 1963 à la Maçonnerie, et entre en 1966 dans une loge "couverte" du Grand Orient d'Italie, existante depuis le siècle dernier, "Propagande 2", la P2. Il en devient Grand Maître en 1975. A partir de là il organise les activités de cette loge dans un sens global de liaison avec les services secrets italiens et américains (Gladio), tentatives de coups d'Etats en Italie, terrorisme fasciste, (il a été enquiété et condamné au procès pour l'attentat de la gare de Bologne), milieux affairistes (Roberto Calvi et le Banco Ambrosiano), la mafia pour échanges de services.

Le 17 mars 1981, suite aux enquêtes sur le cas Sindona, est perquisitionnée sa villa, où on trouve des documents qui portent à la découverte d'une liste de 926 noms d'hommes politiques, journalistes et directeurs de journaux, magistrats, officiers de l'armée, des services de renseignements et des forces de police, banquiers et hommes d'affaires inscrits à la P2. Le point clé de son programme politique est le "Plan de Renaissance Démocratique" pour "refonder" l'Etat.

Il a toujours gardé ses contacts en Amérique Latine. Il aurait beaucoup d'amis en Uruguay, Paraguay, Argentine, Brésil...

Gelli était très "lié" au banquier Roberto Calvi, trouvé "suicidé" sous le pont des Blackfriars à Londres. Il était le président du Banco Ambrosiano, la banque catholique sous contrôle du Vatican dont le fondateur Giuseppe Tovini vient d'etre canonisé par le pape.

A part cette condamnation pour banqueroute frauduleuse, il a été condamné à 10 ans pour "calomnie" au procès pour l'attentat à la gare de Bologne de 1981, mais étrangement il était toujours libre... Il a été aquitté pour d'autres charges: conspiration contre l'Etat, exportation de documents réservés, etc...

En fuite depuis le mois d'avril, il a été arrêté à Cannes.

Le "Maître vénérable" s'obstine à se présenter comme un écrivain et un poète, comme il aurait déclaré au Procureur de Grasse et comme peut le témoigner sa "home page".

Selon un syndicat de policiers italien

Le SIULP, syndicat italien unitaire des travailleurs de police, s'inquiétait, le 14 mai 1998, après la fuite du Grand Maître, d'"une insuffisante action de prévention de la part des responsables de l'ordre et de la securité publique qui auraient pu et du disposer de mesures de prévention adaptées", et que des personnalités P2 étaient bien présentes à l'intérieur de la Police. En fait, il relate que l'"Association des Fonctionnaires de la Police d'Etat", à laquelle la Police encourage à adhérer, a été fondée et dirigée dans les années 80 par un inscrit à la P2, Aldo Arcuri, préfet de police de Benevento, Salerno et Bari, ou encore que récemment un autre inscrit à la P2, le Dr. Elio Cioppa, a été transféré de Sardègne au secrétariat du Chef de la police italienne.

Polémique entre France et Italie sur l'arrestation

Pendant qu'on se demandait s'il était en Uruguay ou en Argentine, "sa deuxième patrie", ou encore en Roumanie, il se promenait tranquillement sur la côte d'Azur, entre Cannes, où il habitait une résidence sur la Croisette, et Monaco, où résidaient actuellement ses enfants... Et, où il aurait fondé en 1977 une structure secrète internationale, le "Comité executif maçonique", qui lui aurait porté assistance.

L'ombre d'une polémique entre France et Italie plane sur les conditions de son arrestation: selon Rome, la police italienne a participé activement à son interpellation, avec la présence d'un fonctionnaire à Cannes, fait que dément Jean Michel Durand, procureur de la République de Grasse, selon lequel la police italienne n'était pas présente au moment de l'arrestation. Une note de la police italienne a expliqué en suite qu'un fonctionnaire Criminalpol aurait contribué à organiser la filature à Monaco qui a permis en suite à la police française d'effectuer l'arrestation.

La question demeure: la police italienne voulait-elle vraiment l'arreter?

P2

La Loge P2 était une loge secrète fondée par Licio Gelli à l'intérieur de la Maçonnerie italienne. Dans la P2 on pouvait rencontrer des ministres, dirigeants de partis politiques, dirigeants des services secrets, affairistes, journalistes, officiers de l'armée et des forces de police...

Cette loge fut dissoute le 9 décembre 1981, et la commission parlementaire d'inquête relate en 1984 la liaison de Gelli avec les services secrets depuis 1950 et son engagement dans les événements sanglants des complots noirs dans le pays. La Commission a défini cette loge un "organisme subversif" qui voulait changer les caractéristiques de l'Etat.

Après la découverte de la liste des appartenants, le gouvernement fut obligé de se démettre.

Selon certains mafieux repentis, la mafia aurait commis certains homicides pour le compte de milieux politiques à travers la P2.

Selon le Grand Orient d'Italie, très prudent,

"depuis les temps de Garibaldi a toujours existé une loge "couverte", composée de personnalités qui "préféraient ne pas dévoiler leur appartenance à la Maçonnerie". A partir de 1960, telle loge, Propagande 2 (P2), dirigée par un maçon toscain, Licio Gelli, a subi une dégéneration de type essentiellement affairiste. Un grand scandale en est né, à cause de la notoriété de ses adhérents. On passa ensuite à des accusations de "golpisme" (vouloir commettre des coups d'Etat) qui ont été reconnues sans fondement par la Cour d'Assises de Rome le 16 avril 1994, qui a aquitté Gelli de l'accusation de conspiration politique. Ce cas a laissé de telles cicatrices dans le Grand Orient d'Italie qu'aujourd'hui les loges "couvertes" sont interdites dans son sein."

Une commission d'enquête parlementaire

Tina Anselmi, ex-démocrate-chrétienne (le parti du pouvoir de ces années-là), qui a néanmoins présidé la commission d'enquête sur la P2, déclare le 14 septembre 1998 au Corriere della Sera: "Le fils de Gelli, après la fuite, a dit deux choses. "Mon père s'est enfui après avoir réfléchi sur la fin de Calvi et Sindona" et: "les membres de la P2 étaient bien plus que ceux listés par la fameuse liste". Donc, il reste peut-être un millier de personnes qui se sentent soumis à un possible chantage(...)".

Le Plan de renaissance démocratique de Gelli

est un plan soi-disant pour "revitaliser" le système à travers la "sollicitation" des organes de l'Etat, la magistrature, les partis, la presse, les syndicats...

En fait, il vise à "refonder" l'Etat italien dans une direction autoritaire à travers l'infiltration secrète, en passant par les individus, soit par conviction, soit par des forts moyens financiers, des organes cités.

Pour poursuivre ses buts, il se propose entre autre:

- de sélectionner les hommes politiques: par exemple, Mancini, Mariani et Craxi pour le Parti Socialiste; Visentini et Bandiera pour le Parti Républicain; Orlandi et Amidei pour les Socio-démocrates; Andreotti, Piccoli, Forlani, Gullotti et Bisaglia pour la Démocratie Chrétienne; Cottone et Quilleri pour les Libéraux; (eventuellement) Covelli pour la Droite Nationale.

- d'infiltrer la presse, individuellement par 2 ou 3 journalistes par quotidien ou périodique, de façon que l'un ne connaisse pas l'engagement de l'autre.

- d'acquerir des hebdomadaires.

- de faire dissoudre la RAI et de créer plusieurs chaînes câblées.

- de faire éclater les syndacats majoritaires, et appuyer la fusion de leurs restes avec les syndacats autonomes.

- finalement, d'effectuer quelques "retouches" à la Constitution...

Selon Tina Anselmi, présidente de la commission parlementaire d'enquête sur la P2, dans une interview de 1992 au quotidien "Il Giorno", "Ce qui a caractérisé la P2 c'est qu'elle ne visait pas à un coup d'Etat, mais qu'elle se glissait avec ses hommes... dans les parties vitales de l'Etat. Les sommets militaires, politiques, les journalistes étaient chargés de seconder et orienter la réalisation des buts prévus."

... ça ne l'a pas empêché d'appuyer les coups d'Etat des autres...

Gladio

Déjà depuis 1947 les Etats-Unis commencèrent à construire en Italie une structure clandestine qui serait devenue active dans le cas d'une "insurrection" ou d'une victoire électorale communiste.

Elargie presque à l'Europe entière, cette structure, sous commandement américain et anglais, devint particulièrement puissante en Italie, où elle devint le plan "Gladio" (glaive) en 1956, avec une base d'entraînement, nombreuses caches d'armes, et près d'un millier de cadres prêts à effectuer d'ultérieurs recrutements et des opérations de guerrilla. La structure était connue uniquement par certaines hautes personnalités politiques et des services secrets italiens, ces mêmes services étant contrôlés et financés par la CIA.

On attribue à Gladio une participation importante dans les campagnes de terrorisme noir des années 60 jusqu'à 80 et dans les tentatives de coup d'Etat, notamment celui de Valerio Borghese en décembre 1970.

Dans les années 70, Gelli aurait été présenté par le responsable de la CIA à Rome, Ted Shackleton, au général Alexandre Haigh, devenu commandant en chef de l'OTAN de 74 à 79.

Grace à son plan de "Renaissance démocratique", la loge P2 était considérée comme une structure capable de prendre en main le gouvernement de l'Italie dans une hypotèse d'extrême droite.

Attentat meurtrier de Bologne

Dans les actes de la Cour de cassation, audience du 23/11/95, pour l'attentat de la gare de Bologne:

"Suite aux enquêtes sur l'attentat à la gare de Bologne le 2 août 1980, quand l'explosion d'une bombe a provoqué la mort de 85 personnes et plus de 150 blessés, les enquêteurs ont retenu que l'événement devait s'inscrire dans une complexe stratégie terroriste, mûrie dans les milieux de la droite subversive.

(...) Après la dissolution d'"Ordre Nouveau", en 1973, et "Avangarde Nationale", en 1976 (...), est née une nouvelle, complexe structure organisative (...) qui avait pour but une stratégie terroriste plus radicale: la lutte contre l'Etat (...) qui agissait à travers le besoin de diffuser la terreur parmi les masses (...) pour créer un climat d'acceptation d'un gouvernement plus autoritaire, non plus sensible aux aspirations démocratiques.

Dans les actes de la Cour de cassation, audience du 23/11/95, pour l'attentat de la gare de Bologne:

"(...) l'existence d'une vaste association subversive composée, d'une part par des éléments provenant des mouvements néo-fascistes dissous, tels Paolo Signorelli, Massimiliano Fachini, Stefano Delle Chiaie, Adriano Tilgher, Maurizio Giorgi, Marco Ballan, et d'autre part par Licio Gelli, le chef de la loge P2, Francesco Pazienza, le collaborateur du directeur général du service de renseignement militaire SISMI, et deux autres officiers du service, le général Pietro Musumeci et le colonel Giuseppe Belmonte. On leur attribuait (...) d'un côté de vouloir subvertir les équilibres politiques constitutionnels, pour consolider les forces hostiles à la démocratie, et de l'autre (...) de favoriser les auteurs d'entreprises terroristes qui pouvaient s'inscrire dans leurs plans."

Ces quatre derniers ont été accusés, et finalement condamnés, pour "calomnie" (sic!), pour avoir détourné les enquêtes, jusqu'à "faire retrouver" dans un train, en janvier 1981, le même explosif que celui de l'attentat, avec des armes et des billets d'avion au nom de citoyens étrangers.

Le banquier Calvi et l'argent du Vatican

Le crack du Banco Ambrosiano s'élève selon certains experts à plus de 1.200 millions de dollars de 1981/82.

Les pertes de cette banque catholique se sont accumulées grâce aux maneuvres de son président, Roberto Calvi, appartenant à la P2, et de l'archevêque américain Marcinkus, président de l'IOR (Institut pour les oeuvres de réligion, la banque du Vatican), très emmelé avec l'Ambrosiano.

Marcinkus, accusé lourdement, fut défendu jusqu'au bout par Jean-Paul II, qui le fit protéger par l'immunité diplomatique vaticane.

A noter qu'avec une opportunité miraculeuse le pape Jean-Paul II a béatifié le 20 septembre 1998 Giuseppe Tovini (1841-1897), le fondateur du Banco Ambrosiano.

Quant à Calvi, il fut trouvé "suicidé" à Londres, en juillet 1982, sous le pont des Blackfriars. Selon le tueur repenti Di Carlo, qui a confessé de l'avoir tué, c'est la mafia qui a commandité le crime, parce qu'elle aurait perdu beaucoup d'argent dans le crack de la banque.

Sindona

Entre la fin de 1978 et 1979 Andreotti rencontre aux Etats-Unis Michele Sindona, malgré que ce dernier soit déjà en fuite pour la magistrature italienne.

Toujours entre 1978 et 1979 Andreotti rencontre dix fois le défenseur de Michele Sindona, l'avocat Rodolfo Guzzi:

le 25 juillet 1978, le 1er septembre 1978, le 5 octobre 1978, le 15 décembre 1978, le 8 janvier 1979, le 23 février 1979, le 22 mars 1979, le 26 juin 1979, le 5 septembre 1979 et le 21 mai 1980.

Michele Sindona, homme d'affaires sicilien lié à la mafia et appartenant à la P2, était un des principaux exportateurs de capitaux du Vatican à travers sa banque de Genève. Il a été assassiné avec un café empoisonné dans la prison de haute sécurité de Voghera. Il était en train de purger une peine de prison à vie pour l'homicide Ambrosoli, le commissaire liquidateur du Banco Ambrosiano après le crack.

Pazienza

(Interrogatoire de Francesco Pazienza du 21/11/96, au procès Andreotti)

Il déclare que Bruno Tassandin, considéré comme l'homme de liaison de Gelli et la P2 avec le monde de la presse, possédait en 1981 10,5% des actions Rizzoli-Corriere della Sera; le poids pour faire la majorité dans l'actionnariat du groupe.

Francesco Pazienza, diplomé en médecine en 1972, a été présenté au général Santovito, le directeur du SISMI de l'époque, en 1980, quand en travaillant à Paris pour différentes sociétés, il a connu les responsables d'une société italienne, Bonifica SPA, dont les dirigeants étaient le frère et le neveu du général.

En mars 1981 il devient conseiller personnel de Roberto Calvi.

Il a été condamné à une peine de prison de 10 ans pour "calomnie" liée à l'attentat de Bologne.

Peron

Des documents de relations financières entre Gelli et des personnalités d'Uruguay ont été trouvés debut juillet 1998 dans les propriétés du "Maître Vénérable", parmi un grand nombre de dossiers.

D'autre part, une "archive de la P2" fut trouvé à Montevideo, Uruguay, en 1981. En Argentine, il a entretenu des rapports proches avec Peron, par lequel il a même été décoré. Il aurait plus tard fondé une "filiale" de la P2, enrôlant entre autres l'amiral Emilio Massera et le Général Suarez Mason.

Ceausescu

Gelli a été plusieurs fois en Roumanie en 1996, où il aurait soigné ses contacts avec Moscou et d'autres pays d'Europe de l'est.

Dans le passé, il aurait été ami de Ceausescu.

Villa Wanda

La villa de Gelli, Villa Wanda, déjà fouillée plusieurs fois (le 11 mai on aurait trouvé dans un coffre des livrets d'épargne au nom de Gabriela Vasile), aurait révélé le 11 septembre environ 170 kg d'or cachés dans les pots de fleurs, provenants peût-être de Suisse, peut-être des pays de l'est, probablement l'ex-Yougoslavie...

Dans les précédentes perquisitions de la villa, de son appartement à Arezzo et sur un compte à Genève on aurait trouvé en total plus de 12 milliards de lires (ca. 36 millions de Francs), en plus de nombreux documents notamment sur le Banco Ambrosiano et à propos de ses cessions de ses avoirs et dettes aux membres de sa famille et à sa compagne roumaine Gabriela Vasile.

La villa a été perquisitionnée le 23 septembre 1998, pour la 37e fois! Selon certains documents déjà en main des inquêteurs, elle contiendrait encore bien des richesses cachées.

Sources Inreallife

Posté par Adriana Evangelizt


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Samedi 2 juin 2007
- Par Adriana EVANGELIZT

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