Bahia Bakari, la rescapée de l'A310 de Yemenia, accueillie en France par son père
Voilà une petite fille dont le destin sera sans doute hors du commun. Sur cette terre, il n'existe pas de miracles surnaturels, au sens où l'entendent les croyants. Mais il y a des signes. Et cette petite miraculée doit posséder un FILS DE L'HOMME hors du commun. Le Dieu qui est en elle a fait ce miracle. Il l'a protégée puis il lui a donné la force de tenir le coup. On ne peut qu'être admiratif... et lui souhaiter le meilleur dans sa vie à venir.
Bahia Bakari, la rescapée de l'A310 de Yemenia,
accueillie en France par son père
Unique rescapée du crash de l'Airbus A310 de la compagnie Yemenia mardi au large des côtes comoriennes, la jeune Bahia Bakari, qui a perdu sa mère dans la catastrophe, est arrivée jeudi en France où elle a retrouvé son père.
A son arrivée au Bourget dans l'avion du secrétaire d'Etat français à la coopération, Alain Joyandet, l'adolescente qui est âgée de 12 ans, a été accueillie par son père, Kassim Bakari, submergé par l'émotion, entouré de membres de sa famille.
"J'ai parlé avec elle, elle va bien", a assuré à la presse M. Bakari d'une voix à peine audible.
L'adolescente, le visage tuméfié, a fait le voyage sous perfusion à l'arrière de l'avion sous la surveillance d'une équipe médicale, selon un photographe de l'AFP. "Quand elle est montée dans l'avion, on a senti qu'elle se sentait en sécurité. Elle n'a pas eu peur", a assuré le secrétaire d'Etat.
Souffrant d'une fracture de la clavicule et de brûlures au genou, Bahia a été transportée sur un brancard. Une ambulance du Samu l'attendait à sa descente d'avion pour la transporter à un hôpital parisien.
Durant le voyage, l'adolescente a évoqué l'accident. Elle a raconté que "des consignes ont été données, elle a senti comme de l'électricité puis un grand bruit et elle s'est retrouvée à l'eau", a rapporté Alain Joyandet.
Le père n'a pas souhaité la questionner sur le crash, "c'est trop tôt". Kassim Bakari qui a perdu sa femme dans l'accident est "partagé entre le soulagement et le chagrin". "Je vois ma fille, je suis heureux, mais il y a aussi sa mère", a-t-il confié. Bahia n'a appris qu'hier matin la disparition de celle-ci.
"Elle a vraiment besoin de se reposer. On la laisse avec sa famille se reconstruire", a déclaré M. Joyandet pour qui le sauvetage de Bahia est "un miracle".
"Cela montre que quand on se bat, presque rien n'est impossible", a-t-il lancé en rappelant que l'adolescente avait passé près "de douze heures dans l'eau" agrippée à un débris de l'appareil après le crash. "Elle a été récupérée avec beaucoup de difficultés (...) C'est une aventure extraordinaire", a-t-il ajouté.
Durant le voyage, l'adolescente "a eu faim. Elle a mangé quelques bouchées de lasagnes et un peu de papaye", selon le secrétaire d'Etat qui, dans un large sourire, a ajouté que la jeune fille lui avait adressé un "merci monsieur le Premier ministre". "Je ne sais pas si elle blaguait", a-t-il ajouté dans un sourire.
Avant de quitter l'aéroport du Bourget, Kassim Bakari a exprimé ses "condoléances à toutes les victimes de ce crash". Se disant "très, très reconnaissant" envers les sauveteurs qui ont récupéré sa fille vivante, il a affirmé: "cela restera beaucoup dans (sa) mémoire".
Vraisemblablement unique survivante des 153 personnes à bord de l'Airbus de la compagnie nationale yéménite, l'adolescente, qui vit à Corbeil-Essonnes, avait embarqué avec sa mère à Marseille, où une importante communauté comorienne est implantée, pour ses vacances d'été.
Bahia fêtera ses treize ans le mois prochain.
Sources AFP