Dans le monde éclairé, cela s'appelle du vol
Pour étayer notre précédent commentaire sur la falsification de l'Histoire en Terre de Canaan dont un article fort pertinent de l'Israélien Benny Ziffer qui, comme nous, ne dort pas quant aux prétendues découvertes bibliques qui n'ont de bibliques que le nom...
Dans le monde éclairé, cela s'appelle du vol
Par Benny Ziffer
La découverte du tombeau d'Hérode, ou pour être plus précis de quelques fragments de pierres décorées par un professeur d'archéologie qui en a conclu qu'il s'agissait des restes du sarcophage d'Hérode, a préoccupé les journaux d'informations télévisés depuis mardi en Israel.
Les seuls qui aient montré un certain degré de sobriété parmi l'euphorie générale étaient Gadi et Yonit sur Channel 2 news, qui ont légitimement mentionné la présence d'une force militaire dans la région d'Herodion.
Dans l'ardeur générale du London et Kirschenbaum et de leurs collègues présentateurs à démontrer leur maîtrise de l'histoire de l'époque du Second Temple, et à faire revivre les débats de l'époque de leurs mouvement de jeunes pour savoir si Hérode était bon ou mauvais pour les juifs, un détail important a été oublié, ou presque oublié : que la mise à jour de ce tombeau d'Hérode a été effectuée dans les Territoires Occupés, là où Israel n'a aucun droit moral de creuser et certainement pas de récupérer des objets archéologiques.
Dans le monde éclairé, ce que fait Israel, cela s'appelle du vol.
Selon la loi israélienne, naturellement, le vol est organisé et soutenu par des responsables de l'Etat portant le titre de sous-officier d'Etat-Major pour l'archéologie.
Au-dessous d'eux ou à côté d'eux dans la hiérarchie il y a d'autres personnes, tel que le directeur de la Gush Etzion Field School.
Tous ces idéalistes ont exprimé leur joie ce jour-là, devant les caméras de télévision, suite à la découverte passionnante à Herodion, parce que c'est un autre pas dans la mainmise par le peuple juif éternel sur sa terre éternelle pour le 40ème de la libération de la terre, etc. etc
Les caméras n'ont pas caché le fait que la découverte du sarcophage et des bâtiments environnants avait été effectuée sur le territoire d'un village palestinien habité.
Mais quand le professeur Ehud Netzer, l'archéologiste qui a cherché et trouvé, est apparu mardi soir dans le magazine d'informations "London et Kirschenbaum", (Israel Channel 10, à 19h), ou aux informations de Channel 1 (à 21h), aucun des interviewers n'a pensé à l'interroger sur la légitimité des fouilles et sur l'énorme fossé entre des membres du corps enseignant universitaire et une contrainte physique.
Les seuls qui aient montré un certain degré de sobriété parmi l'euphorie générale étaient (pour changer) Gadi et Yonit sur Channel 2 news, qui ont légitimement mentionné la présence d'une force militaire dans la région d'Herodion.
Ils pouvaient même voir que les soldats armés qui se promenaient dans le village palestinien n'étaient pas là par curiosité scientifique.
Il pourrait s'avérer que la tendance idéologique coule presque naturellement de l'immoralité des fouilles dans un territoire occupé.
La hâte à déclarer qu'il s'agissait de la tombe d'Hérode rappelle les diverses vaines tentatives des archéologues locaux à tromper le monde avec des découvertes sensationnelles qui ont peu de liens avec la réalité et qui se dissipent comme des bulles de savon :
A commencer par l'inscription douteuse de Josiah, qui s'est avérée être une contrefaçon ;
en continuant avec l'ossuaire frauduleux de Jean, réputé être le frère de Jésus ;
le tombeau de la famille de Jésus, qui a récemment causé une sensation injustifiée ;
pour ne pas mentionner la caverne découverte dans les collines de Judée il y a deux ans, basée sur quelques gravures indistinctes sur ses murs qui a été attribuée à Jean-Baptiste avec les mêmes certitude et insistance que maintenant le même professeur de Jérusalem attribue à Hérode quatre pierres cassées.
Il est important de préciser le rituel admis, ou quasi-rituel, qui se produit à la télévision quand il faut couvrir des informations archéologiques.
Ils sont informés d'une découverte sensationnelle, et ils transmettent dûment cette information au public, toujours par une annonce festive du présentateur des informations au sujet de quelque chose qui a été découvert "2.000 ans plus tard".
Dans le cas du tombeau d'Hérode, la majesté de la royauté a été ajoutée au déroulement de l'évènement, ainsi qu'une envie pour les jours de splendeur qui régnaient à l'époque Hérodienne.
Et chacun était heureux et fier de contribuer aux informations sur le grand roi, qui "comme nous le savons" a assassiné son épouse et ses enfants, et adorait sa mère, comme pour dire : "Regardez, nous avons notre propre Roi Henry VIII."
La communauté scientifique avait l'habitude de se moquer des archéologues roumains, qui, pendant la dictature de Ceausescu étaient forcés de décrire chaque découverte qui tombait entre leurs mains comme Roumaines-Daciennes, afin de servir l'idéologie nationale qui définissait les Roumains comme des descendants directs des Daciens, qui avaient lutté vaillamment contre l'empereur Trajan.
L'archéologie a été déformée de façon différente dans d'autres pays non libres, mais elle était presque toujours déformée.
Ici en Israel il n'y a apparemment pas de dictature, mais il y a beaucoup de motivations pour saisir tout feu de paille et le déformer. Mardi, ce feu de paille était les restes du tombeau du Roi inventé, Herode.
A quel point est-ce différent de ces mêmes vaines croyances dans la tombe de ce tanna inconnu (sage Mishnaique) et de cet amora anonyme (sage Talmudique), quand il est clair pour toute personne intelligente que ce ne sont apparemment rien de plus que les tombes de cheiks qui ont été judaisées par des fonctionnaires du Ministère des Affaires Religieuses ?
Source : http://www.haaretz.com
Le tombeau d’Hérode
La découverte en Cisjordanie du tombeau d’Hérode par des archéologues israéliens sera exploitée politiquement. Il y a longtemps que l’archéologie n’est plus neutre surtout dans cette région du monde.
SI la découverte est authentifiée et acceptée par les archéologues palestiniens, elle servira d’argument aux partisans du grand Israël et autres juifs religieux pour légitimer les colonies en Cisjordanie occupée.
Il faut cependant se méfier des symboles. La tombe est vide et bridée car elle a été profanée par des juifs révoltés contre Rome. Le roi Hérode le grand en effet fait partie d’une dynastie au service de Rome. Il a été au début le « gauleiter » romain de la Galilée avant de devenir roi grâce aux armées romaines.
Il a certes reconstruit le temple et respecté la religion juive, mais il était lui-même païen et admirateur de la religion polythéiste grecque. Ce grand bâtisseur à qui l’on attribue Massada a construit des temples pour les dieux grecs.
Il a d’ailleurs brisé pour Rome la noblesse juive des pharisiens qui le considérait comme un « collabo ».
Le « roi des juifs » nommé par le sénat d’Auguste et admirateur de l’empire romain considérait son propre peuple comme en retard par rapport au centre du monde civilisé et tolérait seulement un monothéisme auquel il ne croyait pas.
Comme symbole du grand Israël biblique, il y a sans doute mieux que le tombeau d’Hérode.
Sources Le Portail du Maroc