La loge P2

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Premier article de 3 mais les deux autres sont plus intéressants car il y est question du Vatican...

 La loge P2

1ère partie

 

Introduction



La Loge P2 était une loge secrète fondée par Licio Gelli à l'intérieur de la Maçonnerie italienne. Dans la P2 on pouvait rencontrer des ministres, dirigeants de partis politiques, dirigeants des services secrets, affairistes, journalistes, officiers de l'armée et des forces de police... Cette loge fut dissoute le 9 décembre 1981, et la commission parlementaire d'inquête relate en 1984 la liaison de Gelli avec les services secrets depuis 1950 et son engagement dans les événements sanglants des complots noirs dans le pays. La Commission a défini cette loge un "organisme subversif" qui voulait changer les caractéristiques de l'Etat. Après la découverte de la liste des appartenants, le gouvernement fut obligé de se démettre. Selon certains mafieux repentis, la mafia aurait commis certains homicides pour le compte de milieux politiques à travers la P2. 

Déjà depuis 1947
les Etats-Unis commencèrent à construire en Italie une structure clandestine qui serait devenue active dans le cas d'une "insurrection" ou d'une victoire électorale communiste.

Elargie presque à l'Europe entière, cette structure, sous commandement américain et anglais, devint particulièrement puissante en Italie, où elle devint le plan "Gladio" (glaive) en 1956, avec une base d'entraînement, nombreuses caches d'armes, et près d'un millier de cadres prêts à effectuer d'ultérieurs recrutements et des opérations de guerrilla. La structure était connue uniquement par certaines hautes personnalités politiques et des services secrets italiens, ces mêmes services étant contrôlés et financés par la CIA.

On attribue à Gladio une participation importante dans les campagnes de terrorisme noir des années 60 jusqu'à 80 et dans les tentatives de coup d'Etat, notamment celui de Valerio Borghese en décembre 1970.

Dans les années 70, Gelli aurait été présenté
par le responsable de la   CIA à Rome, Ted Shackleton, au général Alexandre Haigh, devenu commandant en chef de l'OTAN de 74 à 79.

Grace à son plan de "Renaissance démocratique", la loge P2 était considérée comme une structure capable de prendre en main le gouvernement de l'Italie
dans une hypotèse d'extrême droite.


Entre la fin de 1978 et 1979 Andreotti rencontre aux Etats-Unis Michele Sindona, malgré que ce dernier soit déjà en fuite pour la magistrature italienne.

Toujours entre 1978 et 1979 Andreotti rencontre dix fois le défenseur de Michele Sindona, l'avocat Rodolfo Guzzi :
le 25 juillet 1978, le 1er septembre 1978, le 5 octobre 1978, le 15 décembre 1978, le 8 janvier 1979, le 23 février 1979, le 22 mars 1979, le 26 juin 1979, le 5 septembre 1979 et le 21 mai 1980.

Michele Sindona, homme d'affaires sicilien
lié à la mafia et appartenant à la P2, était un des principaux exportateurs de capitaux du Vatican à travers sa banque de Genève. Il a été assassiné avec un café empoisonné dans la prison de haute sécurité de Voghera. Il était en train de purger une peine de prison à vie pour l'homicide Ambrosoli, le commissaire liquidateur du Banco Ambrosiano après le crack.

Dans les actes de la Cour de cassation, audience du 23/11/95, pour l'attentat de la gare de Bologne:

"Suite aux enquêtes sur l'attentat à la gare de Bologne le 2 août 1980, quand l'explosion d'une bombe a provoqué la mort de 85 personnes et plus de 150 blessés, les enquêteurs ont retenu que l'événement devait s'inscrire dans une complexe stratégie terroriste, mûrie dans les milieux de la droite subversive.

(...) Après la dissolution d'"Ordre Nouveau", en 1973, et "Avangarde Nationale", en 1976 (...), est née une nouvelle, complexe structure organisative (...) qui avait pour but une stratégie terroriste plus radicale: la lutte contre l'Etat (...) qui agissait à travers le besoin de diffuser la terreur parmi les masses (...) pour créer un climat d'acceptation d'un gouvernement plus autoritaire, non plus sensible aux aspirations démocratiques."


Le Plan de renaissance démocratique de Gelli

est un plan soi-disant pour "revitaliser" le système à travers la "sollicitation" des organes de l'Etat, la magistrature, les partis, la presse, les syndicats...

En fait, il vise à
"refonder" l'Etat italien dans une direction autoritaire à travers l'infiltration secrète, en passant par les individus, soit par conviction, soit par des forts moyens financiers, des organes cités.

Pour poursuivre ses buts, il se propose entre autre:

- de sélectionner les hommes politiques: par exemple, Mancini, Mariani et Craxi pour le Parti Socialiste; Visentini et Bandiera pour le Parti Républicain; Orlandi et Amidei pour les Socio-démocrates; Andreotti, Piccoli, Forlani, Gullotti et Bisaglia pour la Démocratie Chrétienne; Cottone et Quilleri pour les Libéraux; (eventuellement) Covelli pour la Droite Nationale.

-
d'infiltrer la presse, individuellement par 2 ou 3 journalistes par quotidien ou périodique, de façon que l'un ne connaisse pas l'engagement de l'autre.

- d'acquerir des hebdomadaires.

- de faire dissoudre la RAI et de créer plusieurs chaînes câblées.

- de faire éclater les syndacats majoritaires, et appuyer la fusion de leurs restes avec les syndacats autonomes.

- finalement, d'effectuer quelques "retouches" à la Constitution...

Selon Tina Anselmi, présidente de la commission parlementaire d'enquête sur la P2, dans une interview de 1992 au quotidien "Il Giorno", "Ce qui a caractérisé la P2 c'est qu'elle ne visait pas à un coup d'Etat, mais
qu'elle se glissait avec ses hommes... dans les parties vitales de l'Etat. Les sommets militaires, politiques, les journalistes étaient chargés de seconder et orienter la réalisation des buts prévus."

... ça ne l'a pas empêché d'appuyer les coups d'Etat des autres... 

A suivre...



Sources
 Inreallife


Posté par Adriana Evangelizt







 

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