Meir Dagan, l’ex patron du Mossad, en Cassandre

Publié le par Adriana EVANGELIZT

"Je ne veux pas que pèse SUR MA CONSCIENCE une guerre comme en 1973." Quand on lit cette phrase de Meir Dagan, ex boss du Mossad, cela peut effectivement surprendre. Surtout lorsque l'on sait tous les crimes qu'il a perpétré et fait perpétrer. Et malgré toutes ces ignominies, il aurait une Conscience ? Dommage qu'elle ne l'ait pas travaillé avant.  Sans doute, serez-vous surpris d'apprendre que Dagan -de son vrain nom Meir Huberman- est végétarien et artiste-peintre amateur ? Ce qui est fort contradictoire avec son ancien métier. Être végétarien quand on fait couler le sang est, en effet, assez étrange.  L'autre chose non moins étrange est la photo qui trônait dans son bureau. Celle de son grand-père maternel agenouillé, attendant la mort de la main des SS en Pologne. Elle aurait été prise par des nazis. Nous nous sommes souvent demandé comment il avait pu obtenir ces photos. Car il y en avait deux. Qui lui a donné ? Et pourquoi ?

 

 

 

Il est très important de se poser ces questions car d'un point de vue psychologique, ces photos ne lui ont pas été données par hasard. Elles entretenaient en lui, la haine nécessaire pour faire le sale boulot qui lui était demandé. "Souviens-toi de ce qu'ils ont fait à ton grand-père qui était de NOTRE PEUPLE !" C'est ainsi que fonctionne l'endoctrinement des idéologies dangereuses. Les manipulateurs connaissent parfaitement la machine humaine et comment, justement, la déshumaniser. Ils savent d'ailleurs que ces techniques conviendront à certains individus mais pas à d'autres. Ils choisissent de préférence des individus faciles à formater.

 

Mais voilà que débarrassé -et plus exactement éjecté- de son rôle de justicier pour le Mossad, organe de l'Ordre Noir, Dagan retrouve sa Conscience. Mieux vaut tard que jamais, dit l'adage. On ne peut qu'être surpris par ce revirement subit mais il faut se rappeler que le lendemain de son départ du Mossad, il assenait que l'Iran n'aurait pas le nucléaire avant 2015. Et depuis, il ne cesse de critiquer les dirigeants sionistes et leur politique qu'il juge suicidaire. Netanyahou et Barak sont particulièrement dans sa ligne de mire. Et l'on peut se demander s'il n'agit pas ainsi dans le seul but de se venger de celui qui n'a pas "renouvelé son contrat au Mossad", c'est-à-dire Netanyahou. Et comment se venge-t-il ? En disant tout simplement la Vérité qu'il connaît et qu'il dissimulait auparavant lorsqu'il était en fonction. Que cela soit sur la création d'un Etat Palestinien, sur le danger d'une attaque de l'Iran par les israéliens, et d'autres sujets qui agacent particulièrement la bronca sioniste pour qui le mot PAIX n'est pas dans le dictionnaire... voyez la video...

  

 

 

 

Réalistement, il est clair et net que Dagan sait beaucoup de choses et qu'il pourrait parler. Inutile donc de dire qu'il doit être très surveillé par le "système sioniste" que son attitude dérange au plus haut point. Ils sont même en train de cogiter une "loi Dagan" pour "protéger la sécurité nationale de l'Etat d'Israël." Ce texte devrait "limiter la capacité des fonctionnaires de commenter publiquement les questions relatives à leur ancien travail après leur retraite". C'est vous dire combien l'homme représente un danger pour le "système sioniste".  Connaissant leur façon de procéder, il n'y a pas trente-six solutions pour se débarrasser d'un gêneur. Ils doivent déjà être sur le pied de guerre, affairés à trouver quelques "casseroles" pour décrédibiliser le bonhomme, comme ils l'ont fait avec Olmert...

 

 

Et s'ils ne trouvent rien, ils emploieront des méthodes plus radicales à son encontre pour qu'il se taise définitivement. Dans les jours qui viennent, s'il continue dans ce sens, et à notre avis, il ne va pas s'arrêter, Dagan va comprendre ce qu'est réellement la "démocratie sioniste" quand on s'éloigne du sentier de l'Ideologie, dont apparemment, il ignore tout. Tant qu'il n'était qu'un fonctionnaire servile et soumis, ils se sont servis de lui. Tout allait très bien.  Mais en virant de cap, ce qu'ils voient comme une "trahison", il se prépare à de lourdes représailles. C'est ainsi que cela marche...

Meir Dagan, l’ex patron du Mossad,

 

en Cassandre

 

 

par Charles Enderlin

 

 

 

A la tête du Mossad, Meir Dagan a gardé le silence pendant plus de huit ans. Il restait muet lorsqu’un journaliste lui parlait de telle ou telle opération. L’assassinat à Damas d’Imad Moughnieh, le chef des opérations du Hezbollah ? De Mahmoud Al Mabhouh du Hamas à Abou Dhabi ? La découverte et le bombardement d’un site nucléaire en Syrie ? L’infiltration d’un virus informatique dans le programme nucléaire iranien ? No comment ! Dagan haussait à peine les sourcils. Quelques rares détails ont filtré sur sa manière de diriger l’agence de renseignement israélienne. Dans son bureau, une photo attirait régulièrement le regard des visiteurs. Celle du rabbin Ber Erlich Sloshny, le grand père maternel de Meir Dagan. Agenouillé, enveloppé dans son châle de prière il attend la mort de la main des SS dans la ville de Lukov en Pologne. Son petit fils la montrait, parait-il, à certains agents avant leur départ en mission.

 

Et voilà, qu’à la retraite, il ne cesse de s’exprimer en public. D’abord pour lancer une mise en garde : « Les projets de frappe militaire contre l’Iran sont une stupidité, ce serait une dangereuse aventure. » Et de révéler, selon le quotidien Yediot Aharonot, qu’il avait réussi à empêcher une telle aventure avec l’aide du chef du Shin Beth Youval Diskin et du général Gaby Ashkenazi, le chef d’état major. Tous deux ont depuis quitté leurs fonctions. Selon Meir Dagan, une frappe contre l’Iran déclencherait une guerre régionale impliquant la Syrie et le Hezbollah libanais. Aujourd’hui a-t-il dit « je crains que plus personne ne puisse stopper Netanyahu et Ehud Barak (le ministre de la Défense) […] Je ne veux pas que pèse sur ma conscience une guerre comme en 1973.. »

 

Octobre 1973, c’était le grand traumatisme de la guerre déclenchée par les Syriens et les Egyptiens sur le plateau du Golan et le long du canal de Suez. Plus de 2500 morts et des dizaines de milliers de blessés israéliens. Une surprise stratégique. Les renseignements militaires, l’establishment politique du pays, la presse n’avaient pas vu les signes annonciateurs d’un des conflits les plus sanglants de l’histoire d’Israël. Les propositions d’un règlement intérimaire avancées par le président égyptien Anouar el Sadate et auxquelles le gouvernement israélien avait répondu par une fin de non recevoir. Aveugle, Israël serait aujourd’hui dans une situation identique à celle qui a précédé la guerre de Kippour.

 

Meir Dagan n’a pas toujours été une Cassandre. Commandant d’une unité spéciale chargée de lutter contre les réseaux palestiniens à Gaza dans les années cinquante avant de devenir général dans les années quatre vingt. Ariel Sharon, son chef et mentor disait de lui, avec tendresse, que sa spécialité était de séparer la tête du corps d’un arabe. Les deux hommes sont restés très proches. En 2001, durant la campagne électorale, qui a vu la victoire électorale de Sharon, Dagan avait préparé un plan destiné à écraser l’intifada palestinienne comportant notamment le démantèlement de l’Autorité autonome. Aujourd’hui, visiblement inquiet face à l’échéance de septembre, l’éventualité de la reconnaissance de la Palestine par l’Onu, il souligne la nécessité d’une initiative de paix israélienne. « Si nous n’offrons rien, si nous ne prenons pas l’initiative, nous serons dans une situation difficile… » Et de se déclarer en faveur de l’initiative arabe de 2002, qui propose une normalisation diplomatique avec le monde arabe en échange d’un Etat palestinien sur les lignes de 1967 et d’une « solution juste » pour les réfugiés…

 

Toutes choses très peu appréciées dans l’entourage de messieurs Netanyahu et Barak. Le chef du gouvernement et son ministre de la défense préfère garder le silence et leurs proches réagir. Des ministres assurent que Dagan est irresponsable, met en danger la capacité de dissuasion du pays. Le Président de la Knesset va plus loin et qualifie l’ancien patron de menace pour la sécurité de l’état. Les sites de l’extrême droite sont franchement insultants. Sur le web francophone d’Arutz 7, la radio des colons, le général Dagan se fait qualifier « d’imbécile qui ne comprend rien à la mentalité arabe. » On aura tout vu !. La gauche, bien entendu pavoise. Elle avait bien besoin d’une telle adhésion à ses thèses.

 

Et dans ce contexte, le ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, est venu présenter aux Israéliens et aux Palestiniens un plan destiné à relancer la négociation avant le mois de septembre. Il s’agit d’organiser durant le mois de juillet une conférence de paix à Paris où seraient négociée la question des frontières « sur la base de la ligne de 1967, avec des échanges de territoires négociés ». Les parties auraient ensuite un an pour discuter des questions les plus épineuses : Jérusalem Est et les réfugiés palestiniens. La diplomatie française tente d’obtenir l’accord formel – et le soutien – des Etats-Unis et des autres membres du quartet pour cette initiative. Pour l’instant, personne n’a dit non.

 

Sources Blog Charles Enderlin

 

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LES HOMMES DE LA BÊTE

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